La Sainte Russlavie

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Excellences, Altesses, messieurs et mesdames.



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 Débat public à Murasibirsk

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Stepan Mai-Maievski



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MessageSujet: Débat public à Murasibirsk   Lun 10 Aoû 2009 - 21:26

Université Impériale de Murasibirsk, Salle St-Sauveur.

La foule bruissante et policée des journalistes et des intellectuels (ou du moins, de ceux qui se prétendent tels) finit de s'installer dans le vaste auditoire.

Sur l'estrade, on a installé deux pupitres, encore vides.

Stepan Iossifovitch Mai-Maievski finit par faire son entrée dans l'auditoire, suivi d'une dizaine d'assistants et autres larbins de cette espèce commune à tous les partis; celle des jeunes ambitieux et serviles que l'on exploite sans pitié en leur faisant miroiter une hypothétique ascension politique.

Le Commissaire aux Affaires Etrangères salue quelques journalistes, s'entretient avec un junker de sa connaissance, évite soigneusement quelques vieux professeurs qui sans doute se souviennent de son passage éphémère et peu glorieux sur les bancs de l'Université Impériale, puis enfin prend place sur l'estrade.

En attendant l'arrivée de son adversaire, Stepan Iossifovitch grille une cigarette et consulte quelques notes, totalement indifférent à la foule impatiente.

_________________
Stepan Iossifovitch Mai-Maievski
Ministre des Affaires Etrangères (Janvier à Novembre 1908)
Premier Ministre de la Sainte Russlavie (Juin à Septembre 1908)
Commissaire aux Affaires Extérieures (Mars à Décembre 1909)
Mort le 31 janvier 1910.
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Viktor Medjelev



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Lun 10 Aoû 2009 - 21:38

Viktor Medjelev fit une entrée remarquablement calculé pour séduire les jeunes intelectuels prétendant représenter le peuple qui composaient l'auditoire.

Escorté uniquement par Antine Brenev, son fidèle assistant, il entre dans la salle par la même petite porte qu'avaient emprunté les spectateurs un peu plus tôt. Vêtu avec classe mais très sobrement pour ne pas étaler sa richesse, Viktor salut la foule et arbore un sourire éclatant. À plusieurs reprises, il s'arrête pour serrer la main des gens présents dans l'auditoire et échanger des banalités. Lorsqu'il atteint finalement l'estrade, il chuchote quelques mots à Antine puis, sous les yeux ébahis de la foule, il chiffone les quelques notes qu'il avait apporté et les confie à son assistant. Puis, il gratifie Stephan d'un sourire polie et va saluer les vieux professeurs qu'il avait fréquenté il y a fort longtemps sur les bancs d'école.

Finalement, Viktor se place derrière son pupitre et sifflote distraitement. Reste qu'en son fort intérieur, Viktor peste de devoir paraitre si frivole et simple pour séduire l'électorat.
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Stepan Mai-Maievski



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Lun 10 Aoû 2009 - 21:47

Le modérateur est Porfiri Trofimovitch Smerdiakov, le doyen de la faculté de Droit, un petit homme plutôt insignifiant mais dont on peut escompter une certaine impartialité.
Il se hausse sur ses talons compensés pour arriver à la hauteur des deux hommes politiques, et de sa voix nasillarde réclame le silence, ce qu'il obtient non sans difficulté.

Il introduit rapidement le débat:


- Point n'est besoin de présenter les deux hommes qui nous ont fait l'honneur de venir s'exprimer en nos murs. Monsieur Mai-Maievski a montré ses remarquables capacités au service de la Russlavie depuis la chute du tyran Nicolas le Sanglant...

Sourire infatué de Mai-Maievski.

-... Quant à l'honorable Mr. Medjelev, il est connu pour son implication sociale à Novolensk, et il a joué un rôle crucial et admirable lors de la Révolution, comme chacun sait.

Nos deux invités se sont engagés à discuter franchement de leurs programmes et de leurs oppositions respectives.

Honneur au dernier arrivé: je suggère donc à Mr.Medjelev d'initier le débat: Que pouvez vous nous dire, en termes généraux, sur vos objectifs dans cette campagne ? Et, plus précisément, quelle forme revetira la République, selon le PMLR ?

_________________
Stepan Iossifovitch Mai-Maievski
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Viktor Medjelev



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Lun 10 Aoû 2009 - 22:18

Viktor sourit aimablement à Smerdiakov en le remerciant de lui laisser l'honneur de prendre la parole le premier. Reste qu'il se maudit d'être arrivé le dernier, donant l'avantage incontestable de pouvoir réfuter tout en construisant à son adversaire.

Bien, je commencerai donc par résumer les points principaux du programme du PMLR bien que cet exercice sera sans doute plus utile à mon adversaire venu son tour de parler. En effet, le PMLR a publié un programme complet et réaliste il y a de cela plus d'un mois. C'est donc dire qu'il est maintenant connu par bon nombre de Russlaves. On ne peut pas en dire autant des quelques phrases imprécises qu'ont jeter sur papier des conservateurs pressés hier soir et qu'on nous demande maintenant d'appeller programme.

Mais soit, parlons de notre programme. Et bien, comme à son habitude, le PMLR a rédiger un programme global qui considère le dévellopement économique et la sécurité de notre pays mais aussi la qualité de vie des gens qui l'habitent. Il s'agit aussi d'un programme inclusif et tolérant qui s'adresse autant aux russlaves de souche qu'aux immigrés de même qu'aux gens de toute classe sociale. Ainsi, nous prévoyons de dôter notre pays d'un code du travail sérieux, incluant un salaire minimum, et d'un fond pour soutenir les entreprises de chez nous. Nous souhaitons aussi dévelloper les services publics Russlaves pour que tous et chacun ait accès à l'éducation, à la justice et à la santé. Mais, je ne souhaite pas m'étendre sur cette question. En effet, sur ces points, notre programme s'inscrit dans la continuité idéalogique du PMLR, parti dont le nom est associé depuis fort longtemps à la défense des droits des Russlaves.

Parlons donc, puisque c'est le sujet de ces élections, de ma vision de la République. D'abord, j'aimerais préciser que ce n'est pas de ma vision de la République dont il est question. Stephan vous parlera de sa vision de la République. Moi, je vous parlerai de la vision qu'à mon parti de la République, la vision qu'ont adoptés il y a déja un mois les milliers de Russlaves qui se battent avec moi au PMLR.

Cette vision donc, est celle d'une République de tous les Russlaves. Nous croyons, en effet, que la République doit être basé sur deux préceptes. D'abord, tous les citoyens doivent être égaux en droits et en devoir peu importe leur nationalité et leur classe sociale. Ensuite, la République doit appartenir entièrement aux Russlaves. Cela signifie que le pouvoir politique doit être controlé par le peuple russlave et que tous les autres pouvoirs, incluant les pouvoirs militaires, religieux et financiers, doivent être subordonés au pouvoir politique. De cette vision, découle l'engagement du parti à promouvoir une République démocratique, juste et égalitaire. C'est cette vision qui motive le parti depuis sa création et c'est cette vision que nous avons toujours soutenue. Néanmoins, le PMLR a décider, il y a de cela deux mois, de promouvoir l'avénement de la République des lendamains qui chantent par la voie démocratique plutôt que par la voix des armes.

Mais je suis fort curieux, je suis fort curieux camarades, de voir comment Stephan nous expliquera sa vision de la République. Car vous vous rappelez sans doute que le PCD, il y a de cela peu défendait le tsar. Vous vous rappelez sans doute que le PCD n'est Républicain que depuis le moment ou la victoire des Républicains a paru inévitable. Sans doute ce parti a-il eu peur de s'effondrer et a trouvé son salut dans l'hypocrise et le mensonge.

Le PMLR, lui, est un vrai parti républicain de la première heure. Preuve en est, Leonid Godinik, architecte et père de l'idéal républiquain russlave si il en est un, fera campagne à nos côté contre les bourgeois du PCD lesquels, ne vous méprenez pas, défendent l'héritage tsariste.


Dernière édition par Viktor Medjelev le Mar 11 Aoû 2009 - 5:55, édité 1 fois
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Stepan Mai-Maievski



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Lun 10 Aoû 2009 - 22:42

Stepan avait écouté l'exposé de son adversaire avec une moue amusée, souriant aux allégations de Medjelev comme à d'aimables sottises.
Il prit la parole:


- Merci, Viktor, de me poser cette question, qui traduit vôtre relative méconnaissance de la Russlavie et de son histoire.

Les citoyens, qui me connaissent et qui connaissent le PCD, pourraient vous expliquer, Viktor, que le PCD est le fer de lance de la démocratie dans ce pays.
Aux côtés d'Anton Godinnik, nous avons incarné une opposition acharnée à l'autocratie de Nicolas Ier sous l'ancien régime.
Après la chute de l'autocrate, en Mars 1907, le PCD a véritablement sauvé le pays en forçant la conclusion de la paix entre des factions apparement inconciliables.
Nous avons obtenu des tsaristes qu'ils baissent les armes, nous avons convaincu le terroriste Salekine, du PMLR, et le séparatiste Léonid Godinnik de cesser les hostilités et de se réunir à nous pour mettre en place la démocratie de Novembre.

Oh, je veux bien croire que ce ne fut pas parfait ! Nous fîmes une erreur, celle de maintenir la monarchie, avec des pouvoirs réduits, à la tête de l'Etat. C'était une erreur, que le PCD regrette.

Il n'empêche que sous notre conduite, la Russlavie faisait enfin connaissance avec la démocratie et la liberté, et ça, nulle réécriture partiale de l'Histoire ne pourra le changer.

La République que je veux, et que j'ai l'intention d'établir, sera celle de la liberté et de la sécurité, celle d'une Russlavie enfin aux mains de son peuple. Une République prospère et fière d'elle-même, la République des Russlaves, de tous les Russlaves, et non des seuls Soviets.

J'en arrive à un point que j'aimerais particulièrement évoquer.
Le PCD s'est toujours placé du côté de la démocratie; il s'est toujours battu pour la liberté, mais dans la légalité, car nous avons connu les affres de la guerre civile, et nous ne voulons plus jamais voir ça.

Mais qu'en est-il de vous, cher Viktor ?

Depuis quelques jours, vous avez entrepris une vaste campagne de propagande sous le thème "le PMLR se bat avec des bulletins de vote". Vous avez même promis de licencier la Milice rouge.

D'où ma question: pour qui prenez vous les gens ? Vous devez manifestement avoir une piètre estime de nos compatriotes pour tenter de leur faire croire que le PMLR a renoncé à la violence et au terrorisme, tant on sait que ces moyens d'action sont conssubstantiels à vôtre parti.

J'en veux pour preuve de l'hypocrisie de votre démarche; le petit film que, à grands renforts de moyens (chacun sait d'où provient le financement du PMLR), vous diffusez dans le pays:

On y voit de beaux slogans, annonçant la lutte pacifique et légaliste du PMLR, entrecoupés d'images de miliciens armés se ruant à l'assaut.
Qu'est ce que cela signifie, Viktor ?
Vers quoi se ruent ces miliciens, si ce n'est vers la légalité et la démocratie ?

Quels desseins criminels méditez-vous en appellant ainsi le peuple à s'armer contre notre jeune et balbutiante République ?

_________________
Stepan Iossifovitch Mai-Maievski
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Caïov Octavianov Czar



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Lun 10 Aoû 2009 - 23:48

Présents parmi les spectateurs de ce débat on ne peut plus démocratique, le jeune Caïov Octavianov apprenait et regardait ces deux lions de la politique russlave s'entredéchirer... ces deux montres politiques de la nouvelle république étaient des références en la matière. le moment était donc venu pour le jeune homme, tout nouveau en politique, de regarder, d'observer... et d'apprendre.
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Leonid Godinnik



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Mar 11 Aoû 2009 - 0:31

Fedor Lupachensky, de la section locale du PR, était aussi très attentif au débat. Les deux rhéteurs de qualités allaient-ils pouvoir s'affronter dignement et -surtout- faire avancer le débat plus loin que les intérêts et fiertés purement individuelles et égocentrées?

Cela semblait bien parti en tout cas. Cette annonce de la liste commune PR-PMLR dont il ne savait rien lui fit un double effet: il fut satisfait de la création d'un net bloque progressiste de gauche, mais en même temps il ne pu se retenir de penser à tous les raccourcis que leurs ennemis pourraient faire... Le PMLR n'était-il pas trop extrême? Godinnik savait-il bien ce qu'il faisait?
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Viktor Medjelev



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Mar 11 Aoû 2009 - 6:53

Viktor était resté de marbre pendant l'allocution de son adversaire. Mais cela ne l'avait pas empêcher d'analyser ses propos et d'élaborer sa réplique. Ainsi, quand Stephan eu finit, il se leva sans la moindre hésitation et se mit à applaudir mollement en disant

Bravo... Bravo mon cher Stephan. Non, ne riez pas : je suis sérieux. C'était sincèrement une belle réthorique. Bien bâtit, élégante... si nous avions été dans une classe de droit ou dans un de ses salons que fréquentent les âmes bien-pensantes de votre genre, on vous aurais sans doutes concéder la victoire.

Mais, voyez-vous, il ne s'agit pas d'un jeu et il ne s'agit pas d'un simple débat. Non, pauvre Stephan, il s'agit d'un peuple qui marche vers son avenir et qui prend le contrôle de son destin. Et, aujourd'hui, ce peuple n'attend pas de vous que vous étaliez vos compétances d'orateur. Non, le peuple attend de vous une vision, des idées. Et sur ce point, laissez-moi vous dire que vous m'avez déçu, que vous nous avez tous déçu. Avez-vous seulement fait mention de votre programme depuis le début du débat ? La réponse est non. Vous vous êtes lancé dans une litanie sirupeuse sur le passé glorieux de votre parti qui n'aurais commis que la ''petite erreur'' de soutenir le maintien de la monarchie. Et bien, les Russlaves ne se soucient guère des exploits de feu votre père comme je suis persuadé qu'ils ne se soucient guère de la campagne de financement du PMLR. Non, les Russlaves veulent fonder une République et ils attendent de nous une vision de celle-ci.

Vous ne leur avez toujours pas donné cette vision. Alors je vous en conjure, arrêtez cette démagogie complaisante et répondez à la question, pourtant simple, de Monsieur Smerdiakov. Quelle est votre vision de la République ? Car, force est de constater que vous êtes peu bavard sur votre programme. Le connaissez-vous seulement? En tout cas, vous ne semblez pas vouloir en faire part aux Russlaves. Auriez-vous honte de celui-ci ? Il est vrai qu'il est plutôt flou sur votre vision de la République...

Mais je comprend que vous restiez vague sur le sujet: vous savez que de discuter de votre vision de la République vous ferait perdre des votes... et perde des votes n'ait jamais bon pour l'ego d'un bourgeois encravaché. Reste que les Russlaves ont le droit de savoir, ils ont le droit de voter en connaissance de cause. Je leur parlerai donc, Stephan Iossif Mai-Maievski, de votre vision de la République.

Et bien, lorsque le maréchal Rommanovski a fait son coup d'état, vous vous êtes hâté de le soutenir. Est-ce que cela fait de vous un républicain ? Disons que vous vouliez rester avec le pouvoir. Mais parlons de cette République du maréchal. Oui, il s'agit bien de la République d'un maréchal, gouverné par un millitaire et créé de force par l'armée. Est-ce là la République de tous les Russlaves ? Non, il s'agit d'une République créé par la force et enfoncé dans le gosier des Russlaves par la force. Et c'est cette république, Stephan, que vous avez choisis de soutenir. Et après ça, ça vient nous accuser de soutenir la violence...

Oui, il y a bien trois Républiques en Russlavie pour l'heure. Choisir laquelle de ceux-ci servira de modèle à la future République de Russlavie, voilà l'enjeu de ses élections. Nous avons donc, d'un côté, cette République dont vous n'osez pas nous parler, la vision que vous défendez. Une république créé par un millitaire et soutenu par des bourgeois endimanchés. Une République qui souhaite conserver les privilèges de la cosaquerie et qui souhaitait exiler le tsar, à l'abris de la justice. N'avez-vous pas vous-même soutenu ces positions au gouvernement provisoire ?

Et de l'autre côté, nous avons ce modèle républicain oriental et cette République sociale de Novolensk. La première cultivait déja l'idéal démocratique alors que vous faisiez la chasse aux républicains au nom de l'unité nationale. La seconde a tenté la fantastique expérience de soutenir les ouvriers dans leur recherche d'une vie meilleure sans pour autant sonner le glas des employeurs alors que vous exploitiez sans verogne les employés de votre Konsortium au nom du sacro-saint profit.

Et maintenant, les Russlaves ont un choix à faire : choisir votre République inégale et népotique ou tenter, avec Leonid Godinik et moi-même, de jumeler égalité politique et égalité sociale, de créer une République de tous les Russlaves, administré par les Russlaves pour les Russlaves.

Le but de ce débat est d'aider les Russlaves à faire ce choix. Il va sans dire que de connaitre nos visions de la République les aidera dans ce choix. Reste qu'il est désolant que j'ais du leur faire part de ma vision ainsi que de la vôtre puisque vous sembliez rigoureusement incapable, entre deux sophismes, de tenir le moindre propos constructif, pertinant ou en lien avec votre vision de la République.

Mais, à bien y penser, cela semble logique. Qu'avez-vous à faire de la République ? Mai-Maievski, l'entrepreneur, le politicien de carrière, n'est pas un homme d'idées mais de résultats ou plutôt de rendement. Hier, vous chassiez les Républicains ''sécessionsites'' pour le compte du Tsar, aujourd'hui vous vous criez plus Républicain qu'un Républicain et demain, si les forces tsaristes ressurgissent, vous serez le premier à nous vendre. Après tout, la seule chose qui vous importe est votre profit personel, vous tâchez donc d'être du bon côté en tout temps.

Aujourd'hui, la balance penche en faveur des Républicains et c'est pour cette raison que vous vous dites Républicains. Mais vous avez de la difficulté à énoncer votre vision de la République n'étant pas réellement républicain. De toute façon, qu'avez-vous à faire du type de régime qui gouvernera la Russlavie ? L'important, pour vous, est que le peuple reste soumis, que vous continuez à régner et que l'argent continue à rentrer.

Oh mais je vous vois déja trépigné de colère et je vous entend déja vous insurgé, dans la même verve sirupeuse, dans le même beau discours parfait sur la forme mais vide sur le fond qui vous caractérise, que vous n'êtes pas un homme de ce type là et que vous croyiez à la République Russlave.Et bien, je vous lance un défi : prouvez-nous le donc, expliquez moi donc quelle est votre vision de la République, si seulement vous en avez une. Êtes-vous capable, ne serait-ce que pour un instant, de mettre de côté votre démagogie populiste et de donner aux Russlaves un vrai débat d'idés ?

Je me suis prêté à l'exercice. Aurez-vous le courage de faire de même ?
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Stepan Mai-Maievski



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Mar 11 Aoû 2009 - 12:52

Stepan Iossifovitch blêmissait et peinait à garder l'air indifférent qu'il se faisait un devoir d'arborer. A plusieurs reprises, il avait voulu allumer une cigarette, mais s'était à chaque fois retenu à temps. Il était hors de question de paraître nerveux face aux calomnies de ce gauchiste de salon !

Quand Medjelev eut fini, Stepan hocha la tête avec componction, comme s'il prenait en compte ses propos avec le plus grand sérieux. Il finit par prendre la parole:


- Votre invitation est honnête, Medjelev, et je l'accepte. Essayons donc d'avoir un débat constructif, vous avez raison ! Puisque vous me le proposez instamment, j'initierai ce débat loyal, et j'éspère que vous en ferez autant.

Je passe sur l'affaire du meutre de la Famille Impériale par vos sbires, quoiqu'il soit révélateur de votre ... logique - ce dernier mot prononcé avec une extrême répugnance - que vous me reprochiez d'avoir voulu sauvé des vies humaines.
Et c'est là, Medjelev, que se trouve l'irréconciliable différence entre vous et moi, entre votre parti et le mien.
La vérité, c'est que vous n'appréhendez le peuple que par vos manuels merksistes: pour vous, ce n'est qu'une masse indistincte, une glaise que vous pouvez manipuler à vôtre guise !

Vous m'avez demandé de défendre ma vision de la République, et je vais vous la dire, Medjelev, bien que le programme du PCD, diffusé dans tout le pays, l'ait déja fait connaitre à tous les citoyens intéréssés par l'avenir de leur pays.
Nôtre République sera celle de la liberté et de la démocratie, car, Medjelev, je vous apprends que ces deux mots ne sont pas antinomiques, comme vous semblez le croire. J'ai l'intention d'établir une République où les hommes prendront en main leur destin - tous les hommes ! Et non le seul prolétariat que vous flattez tant dans le sens du poil -, dans la République Russlave, nous donnerons aux hommes les moyens de gagner honnêtement leur vie.

C'est là un point important, Medjelev. Connaissez vous donc si mal le peuple pour croire qu'il ne désire rien tant que d'être entretenu par la charité de l'Etat, qu'il préfère recevoir son pain du PMLR plutôt que d'avoir un travail digne qui lui permette d'entretenir sa famille ?

Le PCD s'est engagé à entreprendre la réforme agraire. Les paysans accèderont en masse à la propriété, sans que vous ne puissiez la leur voler, Medjelev.

Nous défendrons le droit de chaque homme à devenir propriétaire de son logement, nous initierons un système social équilibré qui élevera l'homme plutôt que de l'aliéner.

Nous dévellopperons nos colonies et nos comptoirs, afin de donner de la terre à ceux qui n'en ont pas. Nous permettrons aux familles de s'installer dans les riches plaines du Kaukaze, et d'y prospérer, plutôt que d'être enchainées à quelque syndicat tyrannique.

Nous lutterons corps et âme pour défendre l'Empire - et ne soyez pas de mauvaise foi, Mejdelev, vous savez que j'utilise ici le mot dans son sens usuel, celui de l'ensemble de nos possessions en dehors de la Russlavie proprement dite -; nous donnerons aux peuples non-russlaves des droits, mais aussi des devoirs. Nous les unirons à nous plutôt que de vouloir les diviser par un fédéralisme trompeur et mensonger.

Nous garantirons la liberté de culte, la propriété, le droit à une vie digne, le droit de gagner sa vie. Nous ne couvrirons pas le peuple de chaînes, comme vous cherchez à le faire, Medjelev !

Oh, je ne dénie pas au PR et au PMLR d'avoir de bonnes intentions, mais celles-ci sont totalement irréalisables, et comme on dit, "l'enfer est pavé de bonnes intentions"... L'arsenal Rozannov aussi, apparement !

Au lieu d'agiter des slogans bien ficelés par des spécialistes de la propagande, nous, au PCD, tentons d'apporter des solutions réalistes aux problèmes.
Prenons un exemple:
Nous ne proposons pas la nationalisation des grandes oligopoles, car, et ça personne n'y a pensé à gauche, la reprise des géants industriels entrainerait à coup sûr la faillite de l'Etat lui-même, qui est incapable à l'heure actuelle de se subsituer au capital privé dans une si grande proportion.

Nôtre solution, une intervention progressive de l'Etat, par paliers successifs, dans certains domaines, assortie de la mise en place d'une sécurité sociale, est peut-être moins démagogue, moins populiste que les effets de manche de messieurs
Medjelev et Godinnik, mais elle a le mérite de ne pas plonger, à moyen terme, la moitié de la population dans la misère.

Un autre exemple, dans un domaine radicalement différent: PR et PMLR proclament à grand cri la fin de l'Eglise Cathodoxe, le renvoi des prêtres dans leurs monastères, l'éradication de la superstition, etc etc...

Ici aussi, le PCD tient compte de la réalité: nous prônons la neutralité de l'Etat, sans vouloir pour autant détruire la scolarité de nos enfants, qui pour une large part est assumée encore par l'Eglise.

Ces quelques exemples permettent de rendre compte de nos deux visions de la politique, à Mr Medjelev et moi.
Elles sont radicalement opposées. Mr.Medjelev ne se soucie que d'accomplir son cahier de charges, c'est à dire la théorie merksiste. Il ne se préoccupe nullement de la réalité, de la spécificité russlave: c'est un doctrinaire, qui, plutôt que d'écouter la voix du peuple, écoute celle de ces petits intellectuels edoranais qui, dans leurs salons apatrides et cosmopolites, fixent de manière totalement arbitraire, ce qu'est le peuple, ce qu'est la démocratie, ce que doit être la République Russlave, et nous bombardent ensuite de revues "socialistes" où transpire tout leur mépris du peuple russlave, qui n'a d'autre devoir que de se conformer totalement au moule merksiste établi par des gens qui n'ont jamais vu ce pays, jamais foulé notre terre lourde, nos plaines larges, nos forêts sombres !

Stepan sourit, et poursuit d'une voix chargée d'une immense, d'une inextinguible bienveillance;

- Vous connaissez tous, mes amis, cet étrange contraste qui est le ferment de l'âme russlave; ce curieux mélange de fatalité joyeuse et de foi inextinguible. Le peuple russlave est grand parce qu'il a cet élan vers l'absolu, cette soif de totalité: il ignore la mesquinerie, l'ingratitude, si communes aux autres peuples, et pour cela nous sommes à la fois méprisés et craints par l'étranger, qui hait la grandeur si vulnérable, et si immortelle de notre peuple, car elle lui est chevillée au corps.
Un vieux starets avait coutume de dire que le Russlave a l'âme très pure, ou très noire. Je crois qu'il avait raison, et il aurait pu ajouter que souvent chez le Russlave peuvent cohabiter la pureté la plus éclatante et le vice le plus sombre.

C'est là l'éternelle grandeur et la croix de notre pays, et c'est ce que les merksistes ne peuvent comprendre ! Ils ne voient pas,... Ils ne voient pas le peuple, ils veulent le changer, en faire un prolétariat occidental, comme en Edoran, parfaitement égalitaire et soumis à leurs syndicats.

Eh oui, peut-être que le PCD n'est pas parfait, mais c'est un parti russlave, qui écoute les Russlaves: il tente de faire avancer notre pays sur la route du progrès, en prenant en compte le peuple plutôt qu'en lui marchant dessus.

Stepan poursuit d'une voix vibrante et sincère, à mille lieux de son habituelle morgue pâteuse:

J'ai... j'ai servi la Russlavie de toutes mes énergies. J'ai déployé une inlassable activité pour établir une démocratie acceptée de tous, je me suis battu pied à pied pour empêcher rouges et tsaristes de règler leurs querelles d'ego sur le dos de notre pays si harassé de calamités... Et, malgré toutes ces heures passées dans les hautes sphères, je n'ai pas perdu contact avec le peuple. Je connais mes compatriotes, Viktor, je discute souvent avec eux, et, malgré le temps passé dans les Ministères de Gornograd, je m'aperçois alors que je suis toujours un de leurs, que, malgré le costume, malgré la fortune amassée par mon père, je suis plus proche de ces gens qui m'arrêtent pour parler de leur vie que de tous les aristocrates qui glosent dans les salons de la Capitale...

Stepan Iossifovitch tend les mains, en un geste désespéré et fraternel à la fois, vers Medjelev:

- Retrouvez vôtre peuple, Viktor, je vous en conjure ! Vous êtes athée parce que vous avez cessé de reconnaitre vôtre peuple ! Je vous en conjure, cessez de prêter l'oreille aux petits messieurs de l'Internationale: retrouvez le peuple ! Retrouvez la Russlavie, Viktor, et peut-être que tout ne sera pas perdu !

_________________
Stepan Iossifovitch Mai-Maievski
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Mort le 31 janvier 1910.
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Viktor Medjelev



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Mar 11 Aoû 2009 - 18:37

Cette fois, Viktor en avait assez. La réthorique insidieuse de Stephan le mettait hors de lui, qui plus est ce-dernier continuait à parler pour ne rien dire et la foule semblait tout de même galvanisé. Viktor bondit littéralement de sa tribune et cabra ses bras sur celle-ci. Il avait la flamme du combat dans les yeux et commançait à s'empourprer. Lorsqu'il prit la parole, se fût d'une voix forte, beaucoup trop forte.

Mensonges et calomnies ! Stephan Iossif Mai-Maievski, vous devriez avoir honte de proférer pareils inepties ! Est-ce comme cela que vous voulez que se construise la République ? Sur une campagne de peur et de mensonge ? Ce n'est pas mon cas et j'entend relevé chacun de vos sous-entendus pernicieux.

Vous osez sous-entendre que j'ai quelquechose à voir avec l'exécution du Tsar ! Vous rappellez-vous que la police n'a pourtant pas réussi à trouver aucun accusé dans les rangs de la millice rouge ? Vous rappelez-vous qu'un aide de camp du Maréchal Romanovski m'a proposé une fortune pour mon silence sur cet assasinat...fortune que j'ai refusé. Non, j'ai sans doute devant moi le vrai assasin du Tsar et je compte bien demander à la justice de faire la lumière sur ce sujet après les élections.

Vous osez sous-entendre que le PMLR veut faire vivre le peuple par la charité. Avez-vous oubliez que, contrairement à vous, nous brandissons un programme fort en mesures économiques qui soutiendra la création d'entreprises. Un emploi pour chaque russlave, voilà l'objectif du PMLR ! En outre, vous croyez que la PMLR prone la nationalisation des oligopoles. Je vous met au défi de trouver,ne serait-ce que le mot nationalisation dans notre programme. Le PMLR a tourné le dos aux armes, à la nationalisation forcé, à l'état soviétique ! Ce PMLR fait partie de la Russlavie impériale, comme le PCD. Aujourd'hui, les Russlaves marchent avec un nouvel exécutif, dont moi, dans un nouveau PMLR vers une République qui leur ressemble. Oui, les Russlaves ont tourné le dos au passé et vous faites parti de ce passé.

En outre, vous dépeignez le PCD comme le défenseur des protectorats parce que vous y installerez une poignée de Russlaves. Mais que ferait un gouvernement du PCD face aux atrocités que continue de perpétuer l'armé là-bas ? Le PMLR s'est depuis longtemps engagé à abolir la loi martiale dans les protectorats et à faire de ceux-ci nos égals, dans une visions fédéraliste.

Mais votre mensonge le plus immonde concerne sans doute l'Église. Vous osez affirmer que le PMLR et le PR veulent sonner la fin de l'Église Cathodoxe-Orthodique. Je vous réfère une fois de plus à notre programme. La seule mention qui y est faite au sujet de la religion est que la République doit être laïc. Et laïc, pour votre gouverne, signifie justement que l'État est neutre et indépendant. Cela signifie que les bambins cathodoxes pourront continuer de recevoir une éducation religieuse alors que les enfants de d'autres confessions pourront avoir leur éducation dans celle-ci. Une République laïc est donc une République ouverte et tolérante envers tous. C'est tout le contraire de votre République ou la Cathodoxie aura la main-mise sur la vie publique. Qu'y gagneront les russlaves, les croyants comme les autres ? Rien ! Mais cette mesure est commode pour s'assurer le soutient des popes, n'est-ce pas ? En outre, sachez que je fréquente assidument l'Église Cathodoxe-Orthodique de Novolensk car, oui, je suis croyant et laïc ce qui ne signifie pas athé. Alors, lorsqu'on ne sait pas, on se tait !

Et tout cela n'est là que quelques exemples de l'hypocrise, du mensonge qui a caractérisé votre discours. Je suis, Stephan, un nouvel arrivant en politique, il est vrai. Mais je suis justement déterminé à faire les chose d'une façon nouvelle. Je veux défendre des idées, pas ma victoire à l'élection. Tant qu'à gagner par des moyens aussi sales que les votre, je préfère perdre. Mais non, non je ne croirai pas que je perdrai. Car, je le redis, cette Russlavie du mensonge et du vice, cette Russlavie ou s'affrontent un PMLR violent et un PCD légaliste est révolu. Les Russlaves se tournent vers l'avenir. Une nouvelle génération de Russlaves dont je fais partis envisage une République propre, juste, égale et sociale. Ne voyez-vous pas, Stephan, que vous faites partis de la vieille génération et que votre règne de la peur est révolu !

Car, franchement, qui crois le PCD lorsque celui-ci nous parle de démocratie ? Vous ne pratiquez même pas la démocratie à l'interne. N'avez-vous pas la main base sur ce parti ? N'avez-vous même pas été élu par vos membres pour diriger votre parti ? En fait, le PCD n'a même pas de statuts, de constitution pour régir son activité interne. Avant de nous parler de démocartie, commencez par utiliser ce système.

Alors, Stephan, garder vos hypocrisies gantés de satin pour un autre public. Le peuple Russlave ne mange pas de ce pain là. Et ça je le sais parceque je fais partis de ce peuple. Toute ma (jeune) vie, j'ai travaillé avec les ouvriers, au coeur même de leurs usines, en tant que syndicaliste. Aujourd'hui encore, je vit dans le même immeuble à logement qu'eux et fréquente la même Église. Vous me dites de retrouver mon peuple..et bien je ne l'ai jamais quitté !

Mais vous, vous Stephan, que savez-vous de ce peuple ? Regarder votre teint blafard, votre costume de couturier. Pensez à votre manoir et à vos domestiques. Croyez-vous que les gens veulent se confier à vous ? Croyez-vous que les gens ont une quelquonque sympathie à votre égard ? Pourquoi avez-vous du recourir à un Pope pour galvaniser votre foule ? Allez gérer vos affaires au fond de votre palais et cessez d'embêtter le bon peuple qui marche vers son destin ! Vous êtes de la vieille génération, Stephan, et les gens de la nouvelle génération en ont assez de vos magouilles, ils ne mordent plus à l'hamecon !

Et sachez, Stephan, que le 15 août, les gens tourneront la page sur ce passé dont ils sont las. Ils tourneront la page sur vous et vos magouilles et feront une véritable révolution démocratique !
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Leonid Godinnik



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Mar 11 Aoû 2009 - 19:34

Fedor Lupachensky avait été estomaqué par la bienveillante hargne de Stepan Iossifovitch Maï-Maïevski, et réellement impressionné par la gouaille de Medjelev... De part sa riposte naïve mais forte à la fois Medjelev faisait penser Fedor à ce qu'il avait lu de la carrière politique d'Anton Godinnik.

De la même manière -avec enthousiasme et volume- qu'il avait sifflé et conspué le seigneur de la République des Kadets, Lupachensky s'empressa d'acclamer et de soutenir par des hourras le discours du leader du PMLR. Godinnik savait donc bien ce qu'il faisait en acceptant de travailler aux côté de cet homme courageux et idéaliste. Cela ne pouvait certes pas être un mal face aux arrivismes libéraux et à la racaille ultra de droite qui commençait à ratisser dans les bouges et les écuries...
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Stepan Mai-Maievski



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Mar 11 Aoû 2009 - 20:08

Mai-Maievski était en peine: Medjelev était un redoutable orateur, et il venait encore de le montrer en passant au registre de la noble indignation. La foule commençait à lui être acquise.
Stepan Iossifovitch frappa dans ses mains, et commenta d'une voix agacée et ironique:


- Commediante, tragediante ! Quel beau numéro vous nous jouez là, Medjelev !

Stepan poursuivit, d'une voix indignée et furieuse, quoique un cran plus bas que celle de Medjelev:

- Je passe sur les scélérates accusations que vous proférez à mon égard, et dont vous aurez à répondre. J'ai la ferme intention de ne pas me laisser entraîner dans vos jeux grossiers.

Vous dénoncez mon emprise sur le PCD, mais cela est en tous cas préférable à l'impuissance totale, à la gabegie qui règne chez vous, Medjelev !
Vous êtes à ce point moqué par vos propres troupes que celles-ci peuvent commettre l'assassinat du Tzar sans que vous puissiez les arrêter !
La vérité, c'est que vous êtes impuissant à contrôler le chien enragé que vous avez déchainé pour satisfaire vos propres appétits de pouvoir illimité !

Je n'ai même pas besoin de réfuter vos accusations stupides, vous vous en chargez vous même ! Vous accusez le PCD de défendre la Monarchie et l'ancien régime, puis vous me taxez de régicide ! N'avez vous donc pas conscience de l'énormité que vous proférez ? Ou pensez vous que les spectateurs ici présents, subjugués par votre brillante rhétorique, oublieront de prêter attention aux contresens que vous déblatérez ?

Revenons sur votre programme. Eh, mon ami, quand on forge n'importe quelle alliance pour parvenir au pouvoir, il faut assumer le programme de ses amis, même si je doute que la convergence des programmes soit vraiment le but premier de vos sordides marchandages avec le Parti Républicain.
Lisez donc le programme du PR, vous y verrez en toutes lettres ce que j'ai énoncé. Eh quoi, vous nous direz sans doute que cela ne vous concerne pas ?
Ne vous moquez pas du peuple russlave, Medjelev ! Cette annonce de liste commune n'a fait qu'entériner ce que tout le monde savait déja: le PR et le PMLR ne sont que les deux faces d'un même mouvement qui a entrepris une guerre acharnée contre la Russlavie et son âme !

Mais revenons donc à vos propositions concernant les protectorats, afin que vous ne vous dérobiez encore par une pirouette: "Démilitarisation graduelle des protectorats russlaves de même que fin de la loi martiale. La police suffira à y maintenir l'ordre."

Cette suggestion traduit une profonde naïveté, inacceptable à un tel niveau, ou une incompétence coupable, j'hésite encore.
Rendez-vous dans les protectorats, Medjelev ! Allez-donc faire un tour dans le Kaukaze, ou en Transylvanie ! Si vous en revenez, je peux vous assurer que ce sera grâce à l'armée qui maintient l'ordre et la loyauté des populations locales.
Remettre la sécurité aux mains de la police locale, c'est signer l'arrêt de mort de nos colons et la révolte à moyen terme ! Vous vous en foutez sans doute, Medjelev, mais moi je n'abandonnerais pas mes compatriotes des protectorats, ni les territoires eux-mêmes, qui garantissent la grandeur de la Russlavie, chose dont vous ne vous souciez sans doute pas.

"Une vision fédéraliste" ? Mais combien donc avez vous touché des Jatonnais pour prôner la dislocation de notre Nation ?
Passe encore que Godinnik soutienne ces théories scélérates, ça a toujours été son fond de commerce pour assurer sa mainmise sur Svetivostok, mais vous ? Vous qui vous prétendez du peuple ? Ou avez vous entendu que le peuple vous supplie de démanteler nos provinces et de les vendre au plus offrant ? "Oh, Votre Haute Noblesse, par pitié, nous en avons assez d'être Russlaves ! Nous vous en prions, détruisez donc notre Nation !"
Ou avez-vous entendu cela ? Dans cette pseudo-église que vous prétendez fréquenter ? C'est formidable, messieurs, voici le premier socialiste croyant !

Stepan Iossifovitch renonça à poursuivre sur le thème religieux. L'ironie de l'histoire était qu'il n'aimait absolument pas les popes, ces vieux geignards affamés de privilèges. Il était croyant à l'ancienne, sans y réfléchir vraiment, et il ne lui était jamais venu à l'esprit qu'un socialiste puisse effectivement croire en Dieu. Il n'avait nulle envie de se perdre dans une conversation philosophique sur le socialisme et la cathodoxie.

-Pour finir, Medjelev, sachez qu'il y a un temps pour les insultes et la diffamation, et un temps pour le parler-vrai. Vous êtes aux abois, cela se voit, et vous tirez donc sur tout ce qui bouge, sans réfléchir. Vous portez les accusations les plus stupides sur le PCD, sans prendre la peine d'y apporter un peu de vraisemblance. Sachez aussi qu'il est plutôt malvenu de mettre en doute l'attachement de mon parti à la démocratie: l'histoire parle d'elle-même. Quant à celle du PMLR, elle est loin d'être élogieuse.
Personne ici n'a oublié qu'à l'époque où le PCD travaillait à consolider la démocratie naissante, les vôtres, les tristement célèbres Spartakisti, faisaient règner la terreur par des actes terroristes.

Vous affirmez que le parti, sous votre férule, a changé. Oh, je veux bien vous croire, mais je ne suis pas persuadé que les militants du PMLR, eux, soient au courant de ce changement. Vous êtes arrivé récemment à la tête du PMLR, comme vous l'avez dit. Peut-être n'avez vous pas encore eu le temps de faire le tour du propriétaire ? Etes-vous bien certain d'avoir visité tous les recoins sombres de l'Arsenal Rozannov ?

Vous êtes peut-être sincère, Medjelev, alors je vous mets en garde: faites attention de ne pas être débordé par vos propres troupes une fois au pouvoir.
Aurez vous la poigne assez ferme pour tenir les terroristes et les fanatiques qui pullulent dans votre parti ?

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Stepan Iossifovitch Mai-Maievski
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Viktor Medjelev



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Mer 12 Aoû 2009 - 18:20

Medjelev tressaillit en entendant Stephan changé de direction à 180 degrés par rapport à sa dernière allocution. Et pourtant, la foule semblait toujours en pamoisant. Ha, le vil, il pouvait bien faire croire ce qu'il voulait aux spectateurs, sa voie douce et son charisme naturel leur enfonceraient ses propos dans le gosier. Viktor devait vite démontrer le ridicule des propos de son adversaire ou les quelques mètres de terrains gagnés seraient perdus.

Réfléchissant soigneusement à l'image qu'il projetterais de lui-même, Viktor fit mine de se détendre et abaissa ses bras. Toujours debout, il regarda Stephan étrangement et fit une moue amusée.


Ce qui est remarquable avez vous, Stephan, c'est que vous ne vous découragez jamais. Dès qu'un mensonge tombe, vous en lancez un second et, aussi opposé soit-il au premier, vous y croyez de toutes vos forces. Vous rendez-vous seulement compte du ridicule de vos propos ? Vous avez consacré la totalité de votre avant-dernière allocution à me dépeindre comme le méchant qui veut du mal aux Russlaves. Je serais athé, loin du peuple, vendu aux Jatonnais, je manipulerais le peuple et mon parti comme de la glaise. Évidemment, j'ai pu écraser ces minables acusations une à une. Alors ? Et bien alors vous décidez, dans votre dernière allocution, de dire que je suis trop mou et inexpérimenté, que j'ai de bonnes intentions mais que je ne contrôle pas mon parti. Évidemment, je pourrais aussi illustrer l'absurdité de vos propos en vous rappelant que j'ai été élu à la tête du PMLR par les membres qui croient donc en ma façon de faire ou encore en vous faisant réaliser que la millice rouge s'est tenu à carreau depuis l'annonce de sa dissolution iminente. Mais à quoi bon ? À quoi bon vous expliquez cela puisque vous ne voulez rien entendre. Vous reviendrez à la charge avec une autre accusation farfelue. Que serais-je la prochaine fois ? Un tsariste ? Un boyard déguisé en ami du peuple ? Pourquoi pas un criminel de droit commun, à moitié turcose et sodomite par-dessus le marché ?

Ce stade-ci du discours de Viktor était crucial. La foule devait embarquer dans son discours léger et croire de bon coeur que Stephan ne dit que des balivernes, sinon c'est lui qu'elle prendrait pour un impertinant. Pour les aider, Viktor éclata d'un gros rire gras.

Et après c'est moi qu'on vient acuser de contresens ! Votre discours au complet est un contresens mon cher ! Je sais bien que votre envie de me ridiculiser est forte mais en me comparant à la fois à un marionetiste et à un pauvre homme sans contrôle, c'est vous que vous ridiculisez !

Eh Oh ! Mais je vous vois farfouiller dans vos notes à la recherche d'une autre attaque et pester pour votre bavure de tout à l'heure. Allons ! Ce n'est pas comme ça que vous gagnerez ce débat ! Du nerf, jetez ces feuilles poisseuses, mettez de côté vos pernicieuses insinuations, bombez le torse et venez assumer vos convictions... prouvez nous que vous êtes un homme !

Viktor esquiva un regard du côté de la foule avant de poursuivre. Il espérait que son élan de populisme avait fait son effet. Rassurer, il vit quelques étudiants ricaner et imiter la posture molle de Mai-Maievski.

Mais bon, passons outre votre... épisode de bipolarité. Vous avez énoncé, au travers de votre délire, quelques points intéressant et je compte bien en débattre, à commencer par le programme du PR. Celui-ci est, contrairement à ce que vous prétendez, très semblable au nôtre. N'y dit-on pas, au sujet de la religion, que <<Pour voir plus large encore, afin d'en finir avec la barbarie, toute confession a le droit au respect et à la même considération! CATHODOXES, HÉBRAÏTES, HALLAWISTES, BOUDDHINSTES et ANIMISTES doivent jouir des mêmes libertés à vivre leur foi, sans discrimination d'aucun genre et ce dans tout le territoire de la République. >> Cela ressemble drolement à la République inclusive et tolérante envers tous dont je vous parlais, non ? le PR parle aussi de séparer l'État de la Religion, de faire passer les croyances du domaine public au domaine privé. Tous des idées qui tombent sous le sens du PMLR mais aussi de la population. Mais sans doute savez-vous déjâ cela, sans doute connaissez-vous la pertinance et la popularité des positions du PR, sinon pourquoi auriez vous tentez de dépeindre le PR comme un parti anti-religieux, pourquoi auriez-vous tenter d'effrayer les Russlaves par le mensonge ?

Dans bien d'autre domaine, le PR fait des propositions inteligentes qui soufflent comme un vent de fraicheur après la lecture de votre programme plutôt aride. Ce parti suggère de nationaliser les plus grands monopoles (pas les oligopoles, attention) TOUT EN STIMULANT LA PROPRIÉTÉ PRIVÉ. Alors quand vous parlez de donner un terrain aux paysans, sachez que le PR a défendu cette cause bien avant vous et que le PMLR fait aujourd'hui sienne des engagements du PR. Le PR parle aussi de créer un împort égalitaire, de rendre plus accesible l'éducation et surtout d'abolir les privilèges de toute sorte.

Vous avez l'impression que je me répête ? C'est normal ! Les engagement du PR sont très sembalbles à ceux du PMLR que j'énoncais tout à l'heure. En effet, la liste PR-PMLR en est une d'hommes d'idées qui sont conscients que ce qui les unit est plus grand que ce qui les divise et qui ont décidés de s'unir contre la menace des boyards du PCD.

Peut-on en dire autant de la sordide alliance qui semble se dessiner à droite ? Allons, ne faites pas cette tête ! Le communiqué de presse d'Andrei Vlassov était claire. La droite doit s'unir contre les forces progressistes et Vlassov annoncera sous peu pour qui doivent voter ces membres. Mais bon, tous savaient déja que, PCD ou UNTR, c'est du pareil au-même ! Ne prônez-vous pas tout deux une Russlavité exacerbé au dépend des protectorats qu'il faudrait faire mâter par l'armé ?

Les protectorats ! Voila un sujet fascinant. Vous me dites que je ne connais rien à la réalité de ceux-ci et que l'armé est nécessaire pour défendre les colons russlaves. Pardis ! Vous nommez le problème sans même vous en rendre compte ! Il est clair que pour appliquer une vision ethnocentrique comme la vôtre, où les protectorats doivent être colonisés, le recours à l'armé est nécessaire. Mais le PR et le PMLR aspirent plutôt à faire des habitants des protectorats des Russlaves à part entière, avec les même droits et devoirs que les autres. Nous aspirons à les responsabiliser et non les coloniser. Et les Russlaves, de la métropole comme des protectorats, n'ont pas à être mâté par l'armé !

On en vient donc, par le biais des protectorats, au sujet passionant du fédéralisme. Vous parlez de vendre nos provinces au plus ofrant et prétendez que les Russlaves ne veulent pas de fédération ! Cela démontre une incompréhension totale du concept de fédéralisme. Laissez-moi donc vous expliquer notre vision. D'une fédération découle le concept d'État fédéral. Cela signifie que la Russlavie reste un état unis et soudé. Néanmoins, notre beau pays est très vaste et les réalités bien différentes à Gornograd, qu'à Svetivostok ou qu'un petite Russlavie par exemple. Il est donc logique que chaque province puisse gérer certains pouvoirs et que l'administration soit décentralisé. La fédération de Russlavie, cela signifie aussi que tous les Russlaves de partout sont égaux en droits et en devoirs. La fédération de Russlavie, c'est l'expérience du Républicanisme alors que votre Républqiue n'est que la continuité d'un Empire ou Gornograd domine le reste de la Russlavie et ou les protectorats sont considérés comme de bêtes posessions.

Alors, à la question que vous me posiez, lorsque vous vouliez savoir oû avais-je pioché l'idée que le peuple voulait d'une fédération, voilà ce que je répond : pardis, la fédération russlave vit déja dans le coeur des millions de Russlaves des provinces qui aspirent à une vie meilleure et à une vrai Russlavité, elle vit déja dans le coeur des millions de Russlaves de la métropole qui tendent la main à leur frères des protectorats, nourris par l'idée d'égalité et de justice. Chez mes amis, chez ma famille, chez mes collègues, chez ce peuple que vous avez cessez de fréquenter il y a trop longtemps, voilà ou je pioche l'idée d'une fédération !

Mais vous, vous Stephan, dites-nous donc où avez-vous pioché l'idée d'une République <<gornocentré>>. Certainement pas chez les gens du peuple. Certainement pas dans les protectorats ou dans les provinces. Ne me dites pas que cette idée vient des thing-tank qui dominent le PCD et qui énoncent à longeur de journée des pseudos-vérités sur la Russlavie tout en étant totalement déconnecté des Russlaves ?

Alors sachez Stephan, sachez que le règne des thing-tank est terminé. Sachez que le règne du PCD, que le règne de l'intolérance et de l'inégalité, que le règne des magouilles est terminé. Le 15 août, les Russlaves, les Russlaves de partout en Russlavie, de toute confession et de toute classe sociale, cette toile bigarée qui fait la beauté de notre pays, les Russlaves, donc, s'affranchiront des démons du passé et marcheront vers un avenir juste, égale et prospère. Ils marcheront vers un avenir fédéraliste, républicain, tolérant et égalitaire. Et le PMLR de même que le PR marcheront avec eux vers cette avenir dénué de votre mépris et de vos mensonges !
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Stepan Mai-Maievski



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Mer 12 Aoû 2009 - 23:36

Stepan était effectivement plongé dans les feuilles poisseuses qui lui servaient de notes. Pendant la tirade de Medjelev, il s'était occupé à dessiner des corps de femmes nues, avec assiduité et application. C'était un moyen comme un autre de rester indifférent aux railleries du merksiste. Medjelev finissait enfin de parler. Stepan était à présent en train de gribouiller un moujik se faisant knouter, mais il ne parvenait pas à bien rendre le mouvement du fouet striant les épaules décharnées du misérable. Il cessa donc de griffonner, et leva la tête, l'air de demander "tiens, c'est enfin fini ?".

Stepan n'était pas heureux de la tournure que prenait ce débat. La rhétorique démagogue éhontée de Medjelev avait clairement retourné la majorité de la salle en sa faveur. Il savait où frapper, ce petit-bourgeois...., ce misérable traîne-savattes ! Il jouait sur la jalousie naturelle des ronds-de-cuirs aigris envers les classes supérieures. "Votre manoir et vos domestiques" ! Comment osait-il ?

Néanmoins, tout n'était pas perdu. Toisant l'assistance d'un oeil ironique, Stepan se rappella que celle-ci, après tout n'avait aucune importance. C'étaient les masses, qui liraient demain les temps forts du débat dans leurs gazettes de province, qu'il fallait convaincre. Ces intellectuels fauchés, ces étudiants pisseux; tout cela ne comptait pas !

Le KD entreprit donc d'amorcer encore quelques frappes, histoire de ne pas laisser Medjelev camper sur sa petite victoire.


- C'est cela, revenons aux points intéréssants, chose à laquelle vous m'avez peu habitué. Vos petits jeux de mots, vos réparties savantes font peut-être rire les grands esprits ici présents, mais vous ne devez pas oublier que ce ne seront pas les seuls à voter le 15 août, Medjelev ! Le peuple attend un peu de clarté et de vraies convictions, que diable !

Bien, je dois malheureusement décliner votre invitation: je n'ai pas l'intention de parler de votre privée ou de vos antécédents judiciaires, même si vous semblez mourir d'envie d'en faire profiter tout le monde ! Il s'agit là d'une sincérité qui vous honore, mais je ne suis pas sur que les gens aient envie de savoir ce que vous faites de vos nuits.

Allons à l'essentiel, à ce que nous voulons pour la Russlavie, et la question du fédéralisme et des protectorats en est une bonne illustration.
Parlons peu mais parlons bien. Vous aspirez à "responsabiliser" les nationalités des protectorats."Responsabiliser" ! Quel mot admirable ! On peut lui faire dire beaucoup de choses ! Le PCD aussi réclame, et depuis longtemps, la "responsabilisation" des protectorats, mais il semblerait que le sens en diffère notablement du vôtre. Pour vous, et je répète vos paroles, responsabiliser les nationalités protégées signifie les doter d'institutions fédérales, de leur propre force de sécurité, et de rapatrier nos troupes russlaves qui y assurent l'ordre.

C'est une belle utopie, Medjelev, et comme toutes les utopies, elle aura des conséquences sanglantes, que vous ne semblez pas être en mesure d'apercevoir.
Que direz vous aux familles des colons quand la racaille tcherkesse, kaukazienne ou les extremistes ukhraniens, armés par vos propres soins, auront libérer leur violence contre les Russlaves installés dans les territoires protégés ? Que ferez vous pour ces Russlaves travailleurs et courageux qui auront tout perdu, simplement parce qu'un conseil local, installé par le pouvoir central lui-même, aura décrété leur bannissement et la confiscation de leurs biens ?

La vérité, Medjelev, la vérité que vous refusez de voir, c'est que les peuples barbares de nos protectorats du Sud ne sont pas encore aptes à recevoir la moindre autonomie !
Là-bas, seuls les colons russlaves défendent la civilisation, avec courage et obstination ! Dans dix ans, peut-être, mais aujourd'hui, la masse des Tcherkesses, Kaukaziens et autres Kriméens sont inaptes à disposer eux-mêmes de leur sort.

J'en constructio

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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Jeu 13 Aoû 2009 - 0:17

... J'en arrive aux protectorats occidentaux, qui eux, disposent d'une population instruite et apte à la démocratie. Ne croyez pas que le PCD reste insensible à leurs légitimes revendications. La solution que je propose pour les "responsabiliser" va dans le sens inverse de la vôtre. Là où vous préconisez le fédéralisme, la séparation des peuples, je propose l'unité et le rassemblement. Ma proposition est la suivante: donnons aux nationalités des protectorats occidentaux le droit d'élire leurs représentants à la Douma ! De cette façon, nous les intéresserons aux affaires de l'Empire plutôt que de les en éloigner en leur donnant l'autonomie.

J'en arrive maintenant à examiner plus largement la question du fédéralisme appliqué à la Russlavie tout entière. De tous temps, l'histoire montre que le fédéralisme affaiblit les nations, elle sépare les peuples les uns des autres, et divise même un peuple jusque là uni en plusieurs fractions artificielles. Regardez l'exemple d'Edoran, où une myriade de petits principicules est libre de faire la loi chacun sur son bout de pays, et de tenir en échec le pouvoir central.

Le fédéralisme n'a aucune utilité, et personne, en dehors des marchands de Svetivostok et les indépendantistes transylvains ou ukhraniens, ne le désire vraiment. Le fédéralisme affaiblira notre peuple, notre patrie, notre Empire, si puissant et si vulnérable à la fois !

Les Russlaves aiment leur pays, Medjelev, alors je vous en prie, ne le leur enlevez pas. Ne séparez pas nos frères les uns des autres ! Les Russlaves veulent la démocratie, et ils l'auront, mais ils veulent une démocratie d'union et de rassemblement, et non celle de la division.

Mais je vois qu'il est impossible de vous détourner de vos desseins séparatistes, Medjelev. Grâce au Ciel, les Russlaves s'en chargeront. Le 15 août, ils diront non au sécessionisme, à l'abandon des protectorats et de la grandeur de l'Empire, ils renouvelleront leur foi en la Patrie, Notre Mère Eternelle !

Quant au programme du PR que vous citez, il mérite à peine qu'on s'y attarde, tant l'absurdité saute aux yeux. Donner la liberté de culte aux ANIMISTES ! Des païens ! Vous ésperer réellement persuader les Russlaves de rendre licites les sacrifices de nouveaux-nés ? Vous escomptez vraiment que les Russlaves accepteront de voir des mosquées installées sur les rives de la Neva ?

Quant à ce... Vlassov, je ne vois pas ce que j'aurais à faire avec un homme qui se réclame du socialisme. Vous par contre...

Pour conclure, Medjelev, il serait temps de résumer nos positions respectives. Vous vous battez pour le socialisme et le fédéralisme. Je milite pour une Russlavie unie, forte, prospère et démocratique. Nous verrons le 15 Août quel choix fera l'électeur.

_________________
Stepan Iossifovitch Mai-Maievski
Ministre des Affaires Etrangères (Janvier à Novembre 1908)
Premier Ministre de la Sainte Russlavie (Juin à Septembre 1908)
Commissaire aux Affaires Extérieures (Mars à Décembre 1909)
Mort le 31 janvier 1910.
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Viktor Medjelev



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Jeu 13 Aoû 2009 - 7:32

Pour la première fois depuis le début du débat, Viktor était réellement frustré non pas par la démagogie ou les insinuations de Stephan mais bien par le contenu de son discours. D'ailleurs, frustré est un euphémisme, les propos de Stephan sur la République mettaient réellement Viktor hors de lui-même. Et, si les étudiants ne mordaient pas à l'hameçon, le bon peuple, lui, croirait sans broncher les âneries que colportait Stephan sur le fédéralisme. Viktor devait démontrer la méconnaissance du sujet de son adversaire au plus vite.

Changeant une fois de plus de registre, Viktor tenta de mélanger stupeur et pitié sur son visage se qui donna un résultat...surprenant. Puis, d'un ton un peu trop condescendant, il commença


Allons, allons, Stephan, ne faites pas plus simple que vous ne l'êtes ! Ne voyez-vous pas que vous vous ridiculisez devant vos anciens professeurs ? Je conçois qu'il est déstabilisant de voir que le peuple ne gobe pas votre rhétorique trompeuse mais est-ce une raison pour dire n'importe quoi sur le fédéralisme ?

Car franchement, votre dernière allocution démontre une incompréhension totale du fédéralisme. Ainsi, vous croyez vraiment que retirer l'armé des protectorats signifie transférer la sécurité au tribus féodales ? Vous croyez vraiment que le fédéralisme n'implique pas une Douma centrale ? Vous croyez vraiment que le fédéralisme veut dire que chaque province fait sa loi ? Vous croyez vraiment que le fédéralisme affaiblira et séparera les Russlaves ? Croyez-vous aussi que le fédéralisme condamnera à brûler en enfer tous les Russlaves ? Franchement, comment pouvez proférer pareils calomnies ? Avez-vous seulement la moindre idée de la différence entre fédération et confédération ? Avez-vous seulement la moindre idée de ce qu'implique le caractère républicain de la fédération Russlave ? Avez-vous seulement la moindre idée des façons dont répond le fédéralisme asymétrique défendu par la liste PR-PMLR aux spécificités régionales ?

Apparemment non. Car, oui, je préfère mettre votre vision grotesque et réductrice sur le compte de l'ignorance plutôt que sur l'exercice d'une rhétorique de bas étage. Je tâcherai donc de vous donner une courte leçon de fédéralisme de façon à ce que vous cessiez vos calomnies.

Comprenez d'abord que la Russlavie est et restera un pays unis, fier et soudé. Le fédéralisme que je promouvoit ne veut en rien changer cela. Simplement, dans une Russlavie fédérale, il ne faudra pas sacrifier sa qualité de vie et ses aspirations au nom d'une sacro-sainte patrie. Dans une Russlavie fédérale, TOUS éliront des députés à la Douma tout en choisisant son gouvernement local. Dans une Russlavie fédérale, TOUS seront responsabilisés face aux enjeux nationaux tout en ayant le plein contrôle sur leur affaires locales. Bref, dans une Russlavie fédérale, TOUS seront conscients des différences qui les séparent mais fier de ce grand dénominateur commun qui les rassemble : la Russlavité. Au final, le fédéralisme renforcera notre patrie puisque les gens de partout en Russlavie aurant conscience d'avoir un gouvernement proche d'eux et qui n'en a pas que pour Gornogard. Les gens de partout en Russlavie verront, grace au fédéralisme, que la Russlavie est une chose qui les concernent (même dans les protectorats) et leur sentiment d'apartenance national en sera accru.

Je n'hésite donc pas à dire que le fédéralisme profitera à tous. Les plus nationalistes d'entre nous constateront que, une fois leur gouverneur millitaire remplacé par un gouvernement local qui prend en compte leur considérations, les gens des protectorats se sentiront plus fier d'être Russlaves. Les gens des provinces constateront qu'en décentralisant certains pouvoirs, les autorités seront plus à même de répondre aux spécificités rurales et régionales. Les gens de Gornograd verront que ceux des provinces, une fois qu'on leur aura donné les institutions qui leur reviennent, cesseront de se comporter en ennemis envieux mais en confrères, en concitoyens fiers de partager l'identité Russlave. Les seuls perdants seront cette boyardie qui a fait sa richesse en exploitant les protectorats, les provinces et le peuple en général pour pomper leur richesses vers des palais de Gornogard. Mais je suis persuadé que, en tant que champion de la boyardie, vous étiez déja au fait de ce dernier point.

Quoi qu'il en soit, je ne parlerai pas plus longtemps de fédéralisme. Après tout, à quoi bon discourir de ce sujet puisqu'il fait de plus en plus l'unanimité dans les protectorats, les provinces et même la métropole qu'une fédération est nécessaire... Quoi ? Ne faites pas cette tête surprise Stephan ! Je vous avait pourtant avertis que vous êtes de la vieille génération et que le peuple est passé à autre chose.

Bref, la leçon de fédéralisme est finit pour aujourd'hui Stephan. Le débat s'achève et il reste tant de sujets à aborder. Stigmatisation des immigrants, hausse du chômage dans les provinces, inacessibilité du système de santé... voilà quelque uns des problèmes qui sévissent en Russlavie actuellement. J'ai, au début du débat, résumer mon programme et annoncer comment le PMLR compte régler ceux-ci Vous, Stephan, n'avez toujours rien proposé, trop occupé à salir ma réputation. Je vous laisse une dernière chance pour être constructif.

Au sujet de la stigmatisation des immigrants, donc, je rappelle que le PMLR se veut un parti tolérant qui soutiendra les immigrants dans leur adaptation. Cela doit aussi être accompagné, à mon avis, de mesures coercitives pour empêcher les employeurs de pratiquer la discrimination. Quel est votre point de vue sur le sujet ? Votre silence sous-entend il que vous soutenez les positions de l'homme qui sera sans doute votre colisitier : Andrei Vlassov ? Partagez-vous la même vision sectaire de la Russlavité ?

Au sujet du chômage rural qui force l'exode rural, que proposez-vous ? Les solutions sont nombreuses, du Fond d'investissement que propose le PMLR à la réforme agraire que propose le PP et que soutient le PMLR. Pourtant, on vous entend bien plus souvent défendre les actionnaires et les propriétaires terriens que les chômeurs et les paysans...

Pour rendre plus accessible le système de santé aux classes moyennes et inférieures, que voulez-vous faire ? Le PMLR compte créer un réseau d'hôpitaux publics qui offriront des soins gratuits à tous les Russlaves. Votre programme, quand à lui, ne contient pas un mot sur la santé.

En fait, votre programme ne contient à peu près pas un mot sur tout ce qui touche les Russlaves. Car entre nous, vous avez beau claironner votre vision de la République sur tous les toits, les Russlaves préfèrent pouvoir manger à leur faim et ne pas mourrir d'une maladie bénigne faute de traitement que de savoir qu'ils vivent dans un système politique bien structuré. Votre programme, Stephan, est à milles lieux de la réalité des Russlaves. Pour les bourgeois du PCD, la politique est un joujou qui sert à se divertir en débattant de technicalités juridiques et philosophqiues après une soirée bien arrosée. Et bien sachez, Stephan, que la politique, pour les Russlaves comme pour le PMLR, c'est le seul moyen mis à la disposition du peuple pour régler ces problèmes et créer une société ou il fait bon vivre. Sachez que pendant que vous déguster votre caviar en écrivant des phrases creuses, des Russlaves se meurent et attendent de leur leaders des mesures concrètes pour leur offrir les services auxquels ils ont le droit. Alors, je vous en prie, allez débatre de futilités légalistes chez-vous et laissez le PMLR ainsi que le PR aidez le peuple à se forger un avenir digne de lui-même !

Puisque semble venu le temps de conclure ce débat, je lance un ultime appel à tous les gens de bonne foie. Si vous en avez assez du cynisme de nos dirigeants, si vous en avez assez du peu d'intérêt qu'ils portent à votre réalité alors qu'ils se déchirent la chemise pour une virgule dans un projet de loi fiscal, si vous en avez assez de la politique politicienne qui ne profitent qu'aux âmes bien-pensantes et aux bourgeois,et bien je vous invite à prendre les armes avec moi dans deux jours. Oui, le 15 août, tout est possible. Si, ensemble, armés de nos bulletins de votes, nous marcheons vers les urnes pour déloger la racaille en costard qui s'accapare le pouvoir depuis trop longtemps, et bien alors la Russlavie donnera tout son sens au mot Révolution. Le 15 août prochain, unis dans notre infortune mais confiant que l'avenir peut être meilleur, tournons le dos au passé et tournons le dos au PCD, marchons vers un avenir radieux et accaparont nous le pouvoir, faisons la Révolution Démocratique. Et cette révolution, je sais que nous la ferons car la Russlavie est un pays trop noble et les Russlaves des gens trop fier pour se faire asservir, pour se faire exploiter par des bourgeois légalistes. La Russlavie mérite mieux que la domination du capital et elle le sait. Alors, Russlaves, debout ! Il est temps de prendre les armes et de marcher vers une Russlavie qui nous ressemble et qui nous rassemble ! Et cette Russlavie, mes frères, le PMLR veut la conquir avec vous !
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Stepan Mai-Maievski



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Jeu 13 Aoû 2009 - 11:16

Stepan Iossifovitch avait sans doute perdu ce débat. Il n’avait plus rien à y gagner : les phrases-chocs, les idées simples et fortes qui demain seraient dans les journaux et s’imprimeraient dans le crâne débile des masses, il les avait déjà énoncées.
Pas question donc d’attaquer encore Medjelev. Quelques corrections suffiraient.


- Vous parlez de la réforme agraire. Le PCD a annoncé son inébranlable volonté de la mener à bien, en collaboration avec le Parti Paysan, défenseur des masses rurales. Et nous la mènerons à bien, Medjelev, car au PCD, nous ne sommes peut-être pas de brillants orateurs, mais nous sommes des hommes de travail, des hommes capables. Nous ne nous contenterons pas de la proclamer à la tribune de l’Arsenal Rozannov, pour laisser ensuite les paysans et les propriétaires se dépêtrer dans un indescriptible chaos. Non, nous l’organiserons de bout en bout, afin que chacun, propriétaire comme paysan, reçoive sa juste part, et surtout, les moyens de l’exploiter.
Nous mettrons en place, avec méthode et professionnalisme, un enseignement démocratique et accessible à tous. Nous construirons des hopitaux, des routes, des chemins de fer ! Nous ferons entrer la Russlavie dans une ère de modernité et de progrès pour tous !
Quand à cette curieuse question que vous soulevez, l’accès au travail des immigrants : il n’a jamais été question nulle part de refuser des travailleurs qualifiés. Le patronat cherche avant tout à faire prospérer son affaire et ses employés, pourquoi refuserait-t-il des travailleurs non Russlaves ? L’Etat n’a pas à intervenir là-dedans, contrairement à ce que dit Mr.Vlassov.

Je pense pour ma part avoir dit tout ce que j’avais à dire. Les Russlaves connaissent ma famille, ils connaissent son attachement, son dévouement au bien commun et à la Patrie. Ils savent maintenant avec certitude quel parti les défendra, et quel parti les divisera. Les Russlaves savent maintenant que seul le PCD est en mesure de garantir la prospérité et la solidarité, la démocratie et la liberté, l’union des peuples et la grandeur de l’Empire.

Stepan n’avait pas voulu relever les critiques faites à son programme, qui, il est vrai, était lacunaire. Un programme ! A quoi donc servait un programme ? Mai-Maievski avait toujours gouverné selon sa seule volonté, sans tenir compte d’un quelconque programme ! Sa ligne d’action, une fois au pouvoir, était très simple : apaiser le peuple par quelques hochets (la réforme agraire, une amélioration de la sécurité sociale), accélérer le développement industriel du pays pour résorber le grave retard sur les autres nations, et accroitre la sphère d’influence en direction du Sud-est par une diplomatie coloniale agressive.
Du pain et des victoires ! Voilà ce que voulait le peuple. Le pain, ce sera la réforme agraire, et sans doute l’une où l’autre protection sociale piquée aux gauchistes. Les victoires, quant à elles, seront remportées facilement contre les barbares du Sud-est, les Turcoses décadents ou l’Edoran affaibli.

Stepan Iossifovitch fit un signe de tête au vieux Smerdiakov, lui faisant signe que pour sa part, il avait fini.
Le doyen Smerdiakov se tourna alors vers Medjelev ; avait-il quelque chose à ajouter ?

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Viktor Medjelev



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Jeu 13 Aoû 2009 - 17:39

Pendant l'allocution de Stephan, Antine s'était approché de Viktor et lui avait soufflé quelquechose dans l'oreille. Viktor eu alors un sourire de prédateur et ferma les yeux pour se concentrer. Lorsqu'il les rouvrit, il souriait toujours d'un air méchant.

Stephan avait désormais finit. Viktor fit signe à Smerdiakov qu'il ne voulait rajouter qu'une dernière chose puis prit la parole.

Se redressant de toute stature, il hurla presque


WOW !

Le PCD va construire des routes, des hôpitaux, des chemins de fer ! Mais quel brave parti ! Mais, si je ne doutes pas de votre bonne foi, permettez-moi de me poser quelques question. Pourquoi n'en parlez-vous pas dans votre programme ? Pourquoi n'en avez vous fait jamais mention avant ? Pourquoi, alors que vous même, Stephan, avez déja été mainte et mainte fois au pouvoir, n'avez-vous jamais rien fait, surtout dan le domaine de la santé ? Vous savez ce que je cois ? Tout cela n'est que paroles en l'air !

Car si, au PMLR, on a déposé un programme clair et que je m'engage à le respecter sous peine d'être destitué par les membres du PMLR, vous Stephan, pieuvre du PCD, ne fesez que jeter des promesses que vous ne tiendrez pas ! Les Russlaves ont besoin de voir un programme, de savoir ce que vous ferez vraiment.

Et bien, je conseille aux Russlaves qui veulent voir quels sont vos engagements réels de lire le Programme de l'UNTR. Celui-ci a au moins le mérite d'être complet. Et après tout, Monsieur Vlassov, dans un communiqué de presse qui vient d'être publié, parle d'une union de tous les partis de droite contre le PMLR. Peut-être que, si le PCD n'a pas de vrai programme, c'est parcequ'il compte suivre celui de l'UNTR. Oui, j'avertis une dernière fois les Russlaves : UNTR et PCD, c'est du pareil au même.

Alors, aux citoyens qui ont du coeur et qui n'ont pas peur de se battre, je dis, retrouvons-nous le 15 aoôut pour faire la Révolution Démocratique. Retrouvons-nous le 15 août pour changer le visage de la Russlavie. Retrouvons-nous le 15 août pour s'assurer un avenir meilleur !

Viktor se tut finalement sous les aplaudissements des étudiants les plus boutonneux alors que les professeurs le regardaient d'une mine sévère. Puis, il se tourna vers le doyen et attendit que celui-ci close le débat pour pouvoir serrer la main de son adversaire et se tirrer de là.
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Stepan Mai-Maievski



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Jeu 13 Aoû 2009 - 18:06

Stepan Iossifovitch haussa les épaules et ouvrit la bouche pour dire quelque chose - n'importe quoi, peu importe, mais il fallait dire quelque chose -, mais il fut interrompu par la voix stridente et flutée d'un sale petit nabot aux semelles compensées, c'est à dire le doyen Smerdiakov. Celui-là, il n'a pas volé son nom, murmura Stepan, tandis que l'infect petit pédant annonçait la fin du débat, en prononçant quelques paroles insipides et sans intérêt.

Smerdiakov conclut en remerciant les deux illustres visiteurs d'être venus, et la salle éclata en applaudissements (qui étaient, selon toute probabilité, adressés à Medjelev) avant de se ruer vers le buffet dressé dans une salle attenante.

Stepan Iossifovitch jeta ses notes d'un geste rageur, avant de le regretter aussitôt, car il était assez content des dessins qu'il y avait gribouillé.

Après avoir serré quelques mains, peu nombreuses au demeurant, Stepan Iossifovitch prit le chemin de la sortie, suivi de ses collaborateurs. Il adressa un signe de la main à Octavianov, lui faisant signe de le rejoindre dehors, puis il tendit la main à Medjelev, qui était encerclé d'admirateurs frénétiques.

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Caïov Octavianov Czar



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Jeu 13 Aoû 2009 - 19:00

Octavianov avait assisté au débat entre Stepan Mai-Maievski et Viktor Medjelev qui venait à l'instant de se terminer. Voyant les étudiants applaudir à tout rompre, il se dit qu'il y avait peu de chances que ces utopistes, ces idéalistes, incapables de comprendre ce à quoi aspirait réellement le Peuple et ce dont avait réellement besoin la Patrie, devaient le faire en l'honneur du candidat merksiste-luniniste. "Oh après tout, les merksistes-luninistes, bien que nous les diabolisons restent des gens respectables... mais ils peuvent être dangereux pour l'unité nationale". Il se disait aussi qu'avoir étudié à domicile, étant donnée la population estudiantine très orientée politiquement, avait été une bénédiction : jamais il ne s'y aurait fait d'amis très certainement... si ce n'était parmi les professeurs à la rigueur.

Caïov Octavianov Czar applaudissait lui aussi, mais cela était pour féciliter Stepan Mai-Maievski le leader du PCD qui s'était bien débrouillé face à un public très hostile. Il vit alors que le dirigeant kadet était passablement énervé. Octavianov se dit qu'il y avait de quoi... Lorsque Stepan vit Octavianov, il lui adressa un signe de la main. Répondant par un signe de tête, Octavianov suivit le fils de Iossif Mai-Maievski dehors. Il parla alors le premier, l'ayant rejoint :


- Vous souhaitiez me voir Monsieur Mai-Maievski ?
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Stepan Mai-Maievski



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Jeu 13 Aoû 2009 - 19:56

Stepan Iossifovitch était en effet agacé et nerveux.

- Ah, ils peuvent bien se moquer de moi, tous ces jean-foutres; ils savent pertinemment que je n'ais jamais fini mes études !

Stepan s'interrompit, se remémorant brièvement les raisons de son renvoi de l'Université Impériale, en 1893. Hum, non, il n'était pas vraiment nécéssaire d'en parler au jeune Octavianov, toute cette histoire était peu glorieuse. Se reprenant, il poursuivit:

- Enfin soit, Caïov Caïovitch... Comme vous l'avez vu, Medjelev est un redoutable contradicteur. La gauche dispose d'orateurs brillants, sachez-le, et c'est une de ses meilleures armes pour gagner ces élections.

Qu'avez vous pensé de cette...farce, Caïov Caïovitch ?

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Viktor Medjelev



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Ven 14 Aoû 2009 - 0:16

Octaviov allait répondre quand il fut bousculé par un groupe d'étudiants surexcités. Au centre du troupeau se trouvait un Medjelev qui tentait de ne pas paraître trop agacé par la promiscuité de ses admirateurs. Avisant Stephan, Viktor se dirigea vers lui et lui serra longuement la main en disant

Bravo mon cher, Bravo pour ce débat historique. Aujourd'hui, la démocratie Russlave a avancé. Après tout, n'est-ce pas de la confrontation des idées que jaillit la lumière.

Puis, Viktor fit mine de faire une accolade a son rival et lui chuchota, de façon à ce que seul lui puisse l'entendre

Et sans rancune hein, les attaques contre toi, ce n'était que pour le spectacle...

Puis, le groupe quitta la pièce, sans doute en direction de la taverne la plus proche.
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Caïov Octavianov Czar



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MessageSujet: Re: Débat public à Murasibirsk   Mer 19 Aoû 2009 - 1:39

Octavianov n'eut pas le temps de répondre à celui qui était le principal dirigeant de la Russlavie à ses yeux. En effet, bousculé qu'il fut par quelques uluberlus étudiants en université qui, tels des fanatiques, suivaient l'orateur merksiste-luniniste Viktor Medjelev, il fut déporté à une dizaine de mètres... Peu importe, lors du voyage de retour à Gornograd les deux hommes auraient largement le temps de discuter plus en amont de ce débat qui au demeurant, s'il avait été de qualité, s'était montré bien inégal de par l'hostilité affirmée d'une frange extrêmement importante du public et de par l'inégalable talent de démagogue de Viktor Medjelev. Le talent de cet homme renforçait d'ailleurs Octavianov dans ses idées constitutionnelles : plus que jamais il était certain que sa vision des choses serait la seule manière d'empêcher une nouvelle tyrannie, un tsarisme sans Tsar.
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