La Sainte Russlavie

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Excellences, Altesses, messieurs et mesdames.



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 L'affaire Debecker

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Kassian P. Loughinine



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MessageSujet: L'affaire Debecker   Mer 9 Déc 2009 - 17:57

- Demandez le Moniteur de Dourakovo ! La traîtresse Debecker devant les tribunaux ! Lisez tous les détails de ce procès retentissant !
- Demandez le Télégramme Journalier ! L’héroïque meneuse des suffragettes noordzeelandaises, la féministe Debecker, traduite devant une cour martiale corrompue !
L’affaire Debecker se discute – ou plutôt se dispute – dans tous les journaux de l’Empire (y compris de l’Extrême-Orient sécessionniste franc-charpentier).
Johanna Debecker, journaliste de grande renommée et combattante avant-gardiste d’un mouvement de libération de la femme qui s’empare de toute la Terra Nova en ce début de XXème siècle, est un personnage difficile à cerner.
Sa carrière professionnelle (le simple fait qu’une femme puisse en posséder une telle éreinte déjà suffisamment l’imagination des Russlaves) défie l’entendement. Première Noordzeelandaise à intégrer une université, elle est également la première femme de son pays natal à recevoir un doctorat. Elle est le premier représentant de son sexe à accéder au métier de journaliste et à voyager dans tous les recoins les plus dangereux de la Terra Nova pour mener à bien ses reportages. A cela s’ajoute un incroyable flair pour les événements imminents. Elle se trouvait à Alba, en Romanegra, lors de la tentative de coup d’Etat du Général Basiliescu, un sanguinaire reître blakanique, et demeurait à Constanbul pendant la Révolte des Enfezés, ces cruels francs-charpentiers turcoses, auteurs de monstrueuses tueries et de sacrifices d’enfants cathodoxes. Elle vit de ses yeux l’éruption du volcan Pésuve, qui fit flamber la petite République de Port-Banane, et fut témoin de la terrible anarchie qui régna dans le petit Etat les trois mois suivants, avant que l’élite civilisée du pays ne puisse rétablir l’ordre.
Son activisme politique, enfin, est à la hauteur de son savoir-faire journalistique. Vieille fille, elle ne cache pas ses penchants libidineux. Ses proies favorites sont les vieillards qui possèdent des usines et les jeunes élèves-officiers. Cheffe de file des suffragettes noordzeelandaises, elle n’a pas hésité à agresser des agents de police et à fomenter sur l’île nordique les troubles les plus graves depuis cinquante ans.
Mais, fidèle à son engagement pour la presse, elle a dû interrompre son combat politique pour se rendre en Petite Russlavie, où se déchaînait de juin en août une affreuse guerre civile. C’est ainsi qu’elle observa personnellement le fameux « miracle de Païkalskovo » du 9 août 1909, lorsque Loughinine, ayant repris le commandement de son armée, procéda à l’exécution d’un grand nombre de seigneurs vassaux et de certains tsaristes.
Depuis cet événement-là, elle évoluait dans les cercles proches du héros de Païkalskovo, le vieux et barbu Loughinine, qui témoignait envers Debecker une sorte de bienveillance paternelle, étant habitué à traiter les femmes avec une dérision indulgente. Loughinine, ne voyant en elle qu’une jeune fille inoffensive (certes un peu naïve mais tout de même inoffensive), ne prit aucune précaution. Il allait devoir, plus tard, s’en mordre cruellement les doigts.
En effet, Debecker n’honora pas la confiance de Loughinine et fouina intensément dans l’entourage de ce dernier. En quelques mois seulement, de grands scandales allaient sérieusement mettre à mal la réputation du héros républicain. Il fut révélé dans un journal noordzeelandais (article bientôt repris par la presse russlave) que les officiers de Loughinine avaient cédé à la tentation de la spéculation et avaient perdu en de sombres tractations la solde annuelle des II et III Corps, ainsi que l’équipement d’hiver de l’ensemble de la troupe. Aussitôt après, un autre article dévoila la véritable histoire des opérations militaires en Petite Russlavie, révélant le sanglant épisode des pogroms républicains et le sac des banques hébraïtes par la soldatesque de Loughinine. Finalement, Debecker fit déborder le vase en refusant la demande en mariage du général Sokolov, un officier fou amoureux, plutôt rancunier et fortement enclin à la vendetta.
Pressé par son Etat-Major, par ses conseillers ministériels, ses collègues du Parti Paysan et toute la coterie réactionnaire qui s’était enrichie durant la guerre civile, Loughinine avait pris la décision d’éliminer Debecker, qui manifestait une trop grande curiosité.
La genèse de l’affaire Debecker est compliquée et promet une fin plus ou moins abrupte. En effet, alors que d’éminents professeurs russlaves s’interrogent dans la presse sur la « force de contamination de l’hystérie féminine », Debecker croupit dans un cachot de la Forteresse Saint-Pierre-et-Paul. Autour d’elle, le bal des intéressés commence. La cour martiale chargée de la juger à déjà arrêté la peine de mort pour trahison, Sokolov et ses cosaques ivrognes veulent laver l’affront de son refus, un certain Irakli Ordjonikidze a été engagé pour la « suicider » en prison avant qu’elle ne puisse dévoiler d’autres scandales devant la cour, des services noordzeelandais complotent sa libération et la gente féminine de Gornograd est dans un état d’ébullition constant. Le général Arpakine, une figure bien connue, actuel gouverneur militaire du district de la capitale, a fait renforcer la garnison en vue d’un soulèvement…
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Feodor V. Pojarski



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MessageSujet: Re: L'affaire Debecker   Mer 9 Déc 2009 - 18:52

-…
Le visage tendu dans un effort surhumain, le front plus rouge qu’une brique, les yeux exorbités, la bouche entrouverte, le général Nazari Sokolov se pencha vers son interlocuteur par-dessus la table, visiblement désireux de parler. A l’air tourmenté de Sokolov, on pouvait voir qu’il s’apprêtait à divulguer quelque chose de capital. A n’en pas douter, des mots terribles et importantissimes allaient sortir de sa bouche tordue en une vilaine grimace de haine. Le général allait enfin en venir aux faits, songea Irakli Akhrameievitch, qui se pencha en avant pour recueillir la confession de son vis-à-vis, chose qu’il regretta aussitôt, car une odeur infecte, comme le remugle faisandé d’un charnier (et Ordjonikidze s’y connaissait en matière de charniers), s’échappait de la bouche du général Sokolov, qui, selon toute vraisemblance, n’avait plus ingurgité autre chose que de la vodka depuis plusieurs jours. Ses tempes étaient luisantes d’une mauvaise sueur, celle de l’ivrogne dont le corps écœuré est entré en résistance. Son uniforme était tâché et lustré aux coudes. Une barbe de deux semaines, maculée de ce qui était selon toute vraisemblance du vomi, couvrait les joues du général cosaque.
Néanmoins, Irakli était pressé de partir, il prit donc son mal en patience, et tenta d’encourager le général à lâcher le morceau. D’une voix encourageante, il tenta de rappeler le général à la réalité :

-… Oui ?

Sokolov le regarda avec des yeux affolés, semblant se demander qui était ce kaukazien aux yeux froids et noirs en face de lui, puis, gonflant ses poumons, il parla enfin :
- … La …. pute !

Irakli Akhrameievitch se rencogna dans son siège et soupira d’ennui. Bon sang, cette outre à vinasse allait encore lui infliger le récit de sa rebuffade.
- La grande pute ! … tout ce qu’une femme peut rêver, je lui ai promis,…

Irakli cessa d’écouter, et promena son regard fatigué dans la taverne, où les cosaques de Sokolov jouaient aux dés et buvaient dans un silence de mort, avec une application toute militaire, comme si chaque verre de kvas englouti était un devoir militaire, une mission patriotique. Ce métier commençait à l’ennuyer mortellement. Mais il avait besoin d’augmenter son pécule, et c’est pourquoi il avait accepté ce dernier gros coup. Ensuite… Ensuite, on verrait bien, pensait Irakli, pour qui le lendemain n’était qu’une farce incertaine.

- … avait fait avant je m’en foutais, parce que je l’aimais et l’amour efface tous les errements de jeunesse je lui disais, et quoi je suis général ! Je suis Sokolov !...

Le général continuait à délirer, affalé sur son cruchon de kvas, et Irakli poursuivait ses réflexions, songeant à la jeune femme qu’il avait laissé dans l’impasse Golkovkaïa, la nuit dernière, dans un bien triste état.

-… Qu’elle meure ! Maintenant ! Dans sa cellule !

Irakli dressa l’oreille. On en arrivait enfin à la raison de sa présence dans ce bouge glauque. Le général sortit trois lingots d’or de sa poche : il étaient frappé du chiffre de la banque Goldberg & Rosenbaum, un établissement d’Opessa qui avait brutalement fait faillite durant l’été passé. Le général les poussa vers Orjdonikidze et dit :- Tu auras les trois autres une fois que son corps pourrira dans le fleuve !

Le Kaukazien opina de la tête, empocha les barres d’or, et se leva.
- C’est comme si c’était fait.

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Leonid Godinnik



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MessageSujet: Re: L'affaire Debecker   Jeu 10 Déc 2009 - 20:09

Les communautés noordzeelandaises de Russlavie ne furent pas sans être émues et révoltées par l'arrestation de cette femme venue de l'île Mère... On vit partout des comités de bourgeoises se constituer afin d'entrer en résistance contre cette barbarie moderne.

Cette femme, disait-on parmi les noordzeelandophones, avait sans doute des défauts, mais qui n'en avait pas... Et elle valait mille fois mieux -au moins- que ces sacs à vins de la soldatesque décadente qui ingurgitaient et régurgitaient plus vite qu'ils ne travaillaient au rétablissement de l'ordre vrai et juste... Les plus noirs des penseurs de la communauté noordzeelandophone de Russlavie commençaient à émettre des idées sombres: après les pogroms contre les hébraïtes voilà qu'on voulait exterminer les libéraux et riches noordzeelandais afin de continuer à alimenter la tête -ou la panse- de l'État en mauvais alcool... Était-ce là vérité ou fiction?
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Kassian P. Loughinine



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MessageSujet: Re: L'affaire Debecker   Ven 11 Déc 2009 - 18:18

En face de la forteresse Saint-Pierre-et-Paul, de l'autre côté du fleuve, l'ancien Palais d'Hiver des Tsars, rebaptisé Palais du Peuple, accueille une partie des administrations ministérielles. Dans le majestueux Salon des Pingouins (tapissé, comme son nom l'indique, de la fourrure de ces adorables animaux), deux hommes s'affairent consciencieusement,.

- « Le pogrom est un droit inaliénable du peuple russlave » écrit La Juste Réaction.

- « Le Witland veut réintégrer l’Empire russlave » titre L’Idéaliste.

- Ah, et écoute ça : « La juste place d’une jeune fille est aux côtés de son père et celle d’une épouse aux côtés de son époux. Tout autre comportement féminin (tel que le prétendu "féminisme") relève de l’hystérie, qui est, rappelons-le, une grave maladie mentale » raconte La Bonne Ménagère.

- Rien de bien scandaleux ! Mais regarde ce que j’ai trouvé dans Le Haleur du Dniepr, un torchon merksiste : « Une rumeur annonçant la prétendue origine hébraïte de la traîtresse Debecker a provoqué la fuite précipitée des populations hébraïtes dans la province de N... »

La conversation des deux fonctionnaires du service de censure est brutalement interrompue lorsque les grandes fenêtres du palais implosent et les criblent de débris verre, déchiquetant les chairs.

En effet, il est 23h58 et de l'autre côté de la Neva, une immense déflagration vient de démolir à moitié la vieille forteresse carcérale de Gornograd. Une énorme boule de feu jaillit encore des bâtiments éventrés de la prison, éclairant toute la ville de sa lumière terrifiante.

Les dégâts semblent très étendus et un incendie s'est déjà déclaré sur les toits des hôtels particuliers du quartier voisin de la place forte. Observant toute la scène depuis les ponts jetés sur le fleuve, les rares passants aperçoivent avec peine la succession des événements qui se déroulent dans les décombres. A travers la fumée suffocante, on entend des cris horrifiés et des crépitements. Des coups de feu, vraisemblablement.

Le général Arpakine est réveillé par son majordome et décroche son téléphone.

- Général Arpakine, da?... Quoi?!... La forteresse? Une explosion?! Que se passe-t-il, par tous les tonnerres?... Un acte de sabotage?... Mmh... Une attaque de la marine noordzeelandaise?! Hein?!... Et encore une révolte des prisonniers?!
Mais savez-vous vraiment ce qu'il s'y passe, espèce d'imbécile?! Non?!
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Feodor V. Pojarski



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MessageSujet: Re: L'affaire Debecker   Ven 11 Déc 2009 - 23:42


Si, quelques années après ces événements, un quelconque plumitif russlave entreprenait de coucher sur le papier le récit des dramatiques journées de décembre 1909, il affirmerait, d'une voix d'outre-tombe, que la situation était la plus indescriptible qu'on ait jamais pu voir. Ses amis, haussant les sourcils en signe de commisération, lui taperaient sur l'épaule d'une main bienveillante, en pensant par devers eux qu'en vérité c'était bien là la légendaire paresse de l'homme de lettres, qui s'épargne l'ennui d'une longue prose par un simple mot: "indescriptible". Ah, l'artificieux procédé ! Ah, l'Oblomovtstchina bien connue des littérateurs russlaves !

Mais en vérité, ces reproches seraient bien injustifiés, car la situation, en ce début décembre 1909, sur les bords de la Neva, l'était, indescriptible.

Un effroyable chaos de poussière, de débris et de feu semblait avoir usurpé la place de la vieille Forteresse, dont les murs désormais ne retenaient plus personne.
Des gardes couraient en tout sens, affolés, éperdus, tirant au hasard et à tout-va dans la foule paniquée. Les passants se jetaient dans le fleuve où des cadavres dérivaient. Les suffragettes, qui étaient venues en masse pour protester contre l'embastillement de leur héroïne, se piétinaient les unes les autres dans le mouvement de panique générale.
L'une d'entre elles, néanmoins, plus courageuse que les autres (il s'agissait d'Irina Zakharovna, la fille ainée du célèbre Conseiller de 1er Rang Zakharov), se porta en avant, à travers les portes éventrées de la prison. C'était le moment où jamais de délivrer l'illustre prisonnière. La suffragette croyait savoir que Debecker était détenue dans l'aile sud.

La cour intérieure de la prison était à l'image de ce qui se passait à l'extérieur; la jeune suffragette n'eut guère de mal à se faufiler jusqu'aux couloirs de la prison... qui se révélèrent plus vastes que ce qu'elle avait imaginé. La recherche était rendue plus ardue encore par le tintamarre assourdissant (et les gesticulations obscènes) que produisaient les prisonniers à son encontre.

Irina Zakharovna errait ainsi depuis quinze minutes, alors que dehors les cris d'effrois n'allaient pas en affaiblissant. Elle déboula soudain à un croisement. L'aile sud était indiquée à droite. Elle s'apprêtait à suivre cette direction, quand elle décela un mouvement, quelque part dans la fumée, sur sa gauche. Quelqu'un, qui n'était pas enfermé, arpentait également les couloirs de la forteresse incendiée. Un autre manifestant venu délivrer Debecker ? Un garde ? Une petite voix, quelque part au fond de son crâne, murmurait à la jeune fille que ce n'était ni l'un ni l'autre. La silhouette, à peine une ombre dans la fumée de l'incendie, approchait. Une peur primitive, irraisonnée, venue du fond des âges, s'empara d'Irina, qui pris ses jambes à son cou en direction de l'aile sud, en direction de la cellule de Debecker.

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Leonid Godinnik



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MessageSujet: Re: L'affaire Debecker   Sam 12 Déc 2009 - 1:33

Lorsque la jeune-femme, après s'être retournée régulièrement dans les couloirs glauques de la geôle afin de voir ce qu'elle sentait, arriva devant ce qui était la porte de la cellule de la Grande Debecker, elle ne put qu'être à moitié surprise: un garde saoûlard traînait là, ramassé devant la porte, la main dans le pantalon. Saignant de la tête -quelques morceaux de voûtes étaient tombés suite à la violence de l'explosion- et divagant, il tenait ce discours:

- Ahhhhhh tooiiiiiiii lààààà! La noordzeelaise! Salope! Tu m'as mis la culotte en feu... "Boum" que ça a fait quand j'ai vu tes jupons! Encore heureux que la fente de la porte soit pas plus grosse, t'aurais tâté du vrai métal cocotte, espèce de garce!

À l'évidence le saligaud regardait la Debecker par une fente dans la porte de la cellule... Le sang d'irina ne fit qu'un tour en comprenant! Ce sac à vin, ce tas humain avait poussé trop loin le bouchon! Elle se saisit donc d'une pierre traînant au sol et en refit goûter au soldat

- Prends ça espèce de brute! De ta bouche ne sortent que des reflux d'égoûts!

Sur ce, du bout des doigts, elle saisit les clefs attachés à la ceinture du bougre, et ouvrit la cellule... Elle ne fut pas sans un moment de doute quand elle vit, au premier regard, les jupons de la Decker, les jambes en l'air et la tête en bas, sous les jupes retournées... Sans connaissance la pauvre avait dû, elle aussi, pâtir de cet accident... Mais d'ailleurs... Était-ce bien un accident?

Irina entendit crisser des morceaux de pierre sous un pas lourd dans le couloir...
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Kassian P. Loughinine



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MessageSujet: Re: L'affaire Debecker   Sam 19 Déc 2009 - 17:52

Dans Gornograd, la panique était à son comble. La rumeur d'une attaque des marines d'Edoran, du Noordzeeland et du Jaton réunies avait provoqué la fuite précipitée des junkers de la ville, dont les fiacres et les automobiles encombraient le Krasstchenko Prospekt. Deux bâtiments russlaves de la Flotte de la Basaltique avaient d'ailleurs appareillés en catastrophe pour tenter de forcer le blocus imaginaire et de s'échapper du piège infernal.

Dans les quartiers populaires, croyant à une énième tentative de coup d'Etat, les milices ouvrières avaient occupé quelques usines et les cheminots s'étaient rassemblés armés dans les dépôts ferroviaires, prêts à défendre la jeune république.

Arpakine, qui arpentait nerveusement les quais situés sur la rive opposée de la Neva, n'avait aucune idée de ce qui se tramait. Il observait, absolument horrifié, la scène apocalyptique qui se déroulait sous ses yeux et qui signait certainement la fin de sa brillante carrière. Néanmoins, étant un homme de poigne, il avait ordonné à la police et à la garnison d'exécuter le "plan 44", qui prévoyait d'occuper les points stratégiques de la ville en cas de putsch ou de soulèvement populaire. Des gendarmes et des cosaques se répandaient dans la ville, barricadant les bureaux de poste et de télégraphe, les hôtels intermicronationaux, les ponts et la centrale électrique.

Sur le Nikolaievsky Prospekt, une émeute de suffragettes avait mis le feu une dizaine de boutiques et à une église alors que dans les environs de la forteresse démolie, des hordes de criminels détruisaient tout sur leur passage.

Mais rien de tout cela n'était grave en comparaison de ce qu'il allait se produire dans les ruines fumantes de l'îlot. Les intérêts devaient s'y croiser avec une grande violence. Alors que, fort probablement, un tueur kaukazien bien connu arpentait déjà les couloirs de la prison, le général Sokolov, qui avait subitement changé d'avis, le poursuivait avec quelques hommes pour empêcher le terrible crime de se faire. Parallèlement, Ahmad Baba, la fine gachette turcose, dépêché par Arpakine, avait les mêmes instructions que son confrère kaukazien et se mêlait au bal infernal de Saint-Pierre-et-Paul, au même titre qu'un certain bossu débile qui répondait au nom de Mitrich et qui avait déjà vécu d'autres débâcles, comme celle, par exemple, du coup d'Etat de Loughinine...
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Feodor V. Pojarski



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MessageSujet: Re: L'affaire Debecker   Sam 19 Déc 2009 - 18:27

Quelle tourmente ! Quel splendide carnage ! Ordjonikidze arpentait les couloirs au pas de course, sans même regarder où il allait. Il ne pouvait détacher de sa face le stupide sourire qui l’illuminait depuis que la forteresse avait explosé. Dans le désordre ambiant, il avait réussi à entrer sans trop de problèmes à l’intérieur, poignardant même deux gardes et un manifestant au passage, sans que personne ne s’en aperçoive. Il passait en coup de vent devant chaque cellule, ses yeux fixes et hallucinés ne s’arrêtant que brièvement sur chaque prisonnier. La cacophonie envahissait ses tympans, enivrant son cerveau de cris d’effroi, du crépitement des flammes, de coups de feu tirés, quelque part vers l’est. Irakli Akhrameievitch ne réfléchissait plus, se contentant de tourner systématiquement à gauche, mais alors qu’il allait franchir un énième croisement à la vitesse d’un fou, quelques bribes de mots, venus d’en face, parvinrent à se faufiler jusqu’à ses oreilles : « …noordz…lope !.... cocotte !... », suivis immédiatement d’un bruit sourd. Le Kaukazien se jeta dans cette direction, quand soudain, quelque chose arriva à pleine vitesse sur sa droite et le percuta, l’envoyant heurter le mur avec une rare violence. Affalé part terre, du sang perlant à sa tempe, Irakli Akhrameievitch plissa les yeux, tentant de discerner la forme qui se tenait devant lui, tandis que sa main droite tâtonnait le sol, cherchant son poignard qui ne devait pas être bien loin…

Le glorieux massacre ne faisait que commencer, et les convives faisaient leur entrée dans la salle de bal.

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MessageSujet: Re: L'affaire Debecker   Mer 23 Déc 2009 - 3:47

La forme qui sautillait frénétiquement -hystériquement auraient dit d'autres- c'était Irina, qui n'avait eu que le temps de se mettre derrière la porte et de sortir son gourdin en nerf de boeuf gainé de cuir avant de l'abattre sur la face patibulaire ce cet homme puant l'alcool et l'urine qui était entré dans la cellule... Un prisonnier "libéré" par l'explosion s'était-elle dit...

Voyant que le drôle essayait de se saisir d'une lame au sol, Irina se pressa de piétiner la main incriminée avec ses talons hauts... Ces derniers étaient rarement pratiques lorsqu'il s'agissait de fouler les pavés de la cité, mais s'avéraient parfois de bon usage contre la gent masculine éméchée... Quelques maquereaux en avaient eu des remontées assez déplaisantes...

Essayant d'une main de relever la Debecker afin que ses jupons ne soient plus à la vue de ce bougre, de l'autre main elle battait l'air de son gourdin tout en brayant:


- Allez mon gaillard, viens la chercher ta pâtée... Voleur à l'étalage, tu ne sais pas à qui tu as à faire, j'en ai mâté plus d'un des comme toi, des minables! Ah si les femmes avaient le pouvoir en Russlavie les hommes de peu de manières comme toi seraient vite corrigés!
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Feodor V. Pojarski



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MessageSujet: Re: L'affaire Debecker   Mer 23 Déc 2009 - 14:22

Dans l'esprit d'Irakli Akhrameievitch passèrent en quelques centièmes de seconde toutes les choses qu'il allait faire à cette femme quand il l'aurait maitrisé... Et la plupart de ces choses faisaient très mal. Quoiqu'une partie de lui ait aussi envie d'être gentil avec cette fille, faire sa connaissance, se promener dans le parc St-Wolodymir avec elle... Ah ! Une douleur fulgurante traversa la main du Kaukazien, que la furie piétinait avec une férocité inhumaine ! Non, décidément, il allait écorcher cette petite peste et la donner en pâture aux chiens... Mais pour l'instant, c'était plutôt compromis. Renonçant à se saisir de son couteau, il roula dans la direction opposée, tentant de mettre le plus de distance possible entre lui et la folle, se trainant à quatres pattes, courbé sous les insultes.

Une fois parvenu à bonne distance, Irakli se releva d'un mouvement vif, pour se retrouver nez à nez avec une ... erreur de la nature, manifestement. C'était un petit homme contrefait, bossu, dont les dents, semblables à des touches de piano, semblaient vouloir s'échapper de sa bouche trop petite. Un filet de bave coulait de ce sourire tordu et idiot. Sans doute un pensionnaire de l'aile psychiatrique qui s'est fait la belle, songea Irakli. Il contourna rapidement le demeuré, projetant celui-ci sur le côté.
Son plan était simple; il allait se poster dans la cours et attendre que les deux femmes ressortent, pour les massacrer dans l'agitation générale.

Et en fait d'agitation générale, il était servi. Une véritable bataille rangée faisait rage dans la cour de la forteresse. Irakli n'arrivait pas à bien discerner la situation, mais il semblait qu'un groupe de cosaques se frayait un chemin à coup de knout et de sabre à travers la foule compacte des prisonniers, des gardes et des suffragettes, en sa direction.
Irakli Akhrameievitch sourit, reconnaissant à leur tête son employeur, le général Sokolov. Celui-ci n'était plus qu'à quelques mètres de lui.
Irakli lui adressa un signe amical de la main, et cria pour se faire entendre:

- Tout va bien, général, je m'occupe de la pute !

Apparement, sa voix ne portait pas très bien, car le visage de Sokolov se tordit en une grimace de fureur dès qu'il le vit, et dix cosaques braquèrent leur fusil dans sa direction.
Irakli équarquilla les yeux, proprement stupéfié. Décidément, rien ne se passait correctement dans cette mission...

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MessageSujet: Re: L'affaire Debecker   Sam 26 Déc 2009 - 19:47

Un manifestant complètement extatique, à la dégaine d’étudiant, se rangea aux côtés du Kaukazien, brandissant une pancarte rouge, et cria d’une voix forte et noble :
- Tovaritchi cosaques, ne tirez pas sur le peuple ! Tous unis dans la lutte contre la barbarie et l’asservissement des femmes ! République du peuple !

D’autres manifestants se groupèrent autour d’Irakli, persuadés de défendre un des leurs contre la brutalité militaire.

Irakli Akhrameievitch ne craignait pas la mort. Il s’était débarrassé de ce sentiment près de dix ans plus tôt, lorsqu’il écumait le Kaukaze sous sa véritable identité, celle d’un brigand kaukazien. Au cours d’une vendetta contre la tribu tcherkesse qui menaçait la ferme de son oncle, il avait été capturé et promis à la potence par les Tcherkesses, qui riaient de ses contorsions désespérées pour échapper à la corde, en vain. Par miracle, la corde se rompit, et il s’écrasa au sol, à moitié étouffé. Les Tcherkesses, suivant leur coutume, lui laissèrent la vie sauve, car, comme ils le lui expliquèrent, ils n’avaient pas à s’opposer à la volonté de Najah qui l’avait sauvé de la mort. Y repensant par la suite, Irakli acquit la conviction que c’était en effet un miracle, mais certainement pas du fait de Najah ou Khrestos. Il y voyait plus sûrement l’œuvre du Malin, qui était sans doute bien le seul à considérer la carrière d’Irakli d’un bon œil. Depuis, Irakli Akhrameievitch vivait comme si le lendemain n’existait pas : il ne souciait pas de mourir, puisque ce ne serait jamais que justice, comme le remboursement d’une dette qu’il aurait du payer il y a bien longtemps… Tant que le petit père d’en bas lui laissait la vie, eh bien, il continuerait à massacrer, à boire et à forniquer !

Mais cela ne signifiait pas pour autant qu’il se laisserait fusiller par une bande de cosaques avinés. D’un geste rapide, il attrapa l’étudiant à côté de lui par le cou, et le plaça devant lui comme un bouclier. Au même moment, les cosaques faisaient feu. Des manifestants tombèrent tout autour d’Irakli comme des pantins désarticulés dansant quelque grotesque sarabande. Quant à lui-même, son bouclier humain accomplit remarquablement bien son travail : le corps de l’étudiant s’agita en de macabres soubresauts sous la poigne ferme d’Irakli alors que huit balles s’y enfonçaient. Une balle traversa le cou de l’étudiant et sectionna net le majeur gauche d’Irakli, tandis qu’une autre balle se fichait dans son bras.

Ni une ni deux, Irakli projeta en avant son bouclier humain truffé de plomb à la tête du général Sokolov, qui s’effondra en arrière, entrainant deux cosaques avec lui. En deux enjambées rapides, presque des bonds, Irakli Akhrameievitch atteignit la poterne qui donnait sur le fleuve, et s’y engouffra. L’instant d’après, une volée de balles se fichait dans le bois de la poterne. Le Kaukazien plongea dans l’eau glacée et, se forçant à rester sous l’eau, s’éloigna à la nage tandis que des balles zébraient l’eau autour de lui….

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Prince Feodor Vassilievitch Pojarski
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