La Sainte Russlavie

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Excellences, Altesses, messieurs et mesdames.



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 Les derniers jours d'Irakli Akhrameievitch

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Feodor V. Pojarski



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Date d'inscription : 06/09/2008

MessageSujet: Les derniers jours d'Irakli Akhrameievitch   Mar 29 Déc 2009 - 17:10

Alexandrovskoe, Novembrist Prospekt, neuf heures du matin,

Les mains d’Irakli étaient la proie d’un violent tremblement. C’était sans doute la conséquence logique des montagnes de café et de cocaïne qu’il avait absorbé toute la nuit, en guise de préparation au coup d’aujourd’hui. Irakli Akhrameievitch était au bout du rouleau, et ses complices, assis dans l’automobile avec lui, le remarquaient. Ils le regardaient d’un air gêné et dubitatif : où était passé le légendaire Kaukazien dont les attaques à main armée avaient dévalisé des dizaines de banques à travers le pays ? Mais Irakli ne se souciait pas de ses complices, à vrai dire une piètre brochette de petites frappes qu’il avait eu un mal fou à recruter. A vrai dire, plus personne ne voulait travailler avec lui, il n’allait donc pas faire la fine bouche : ces trois ratés feraient leur boulot. Deux d’entre eux, Oustin et le Kez’, étaient kaukaziens, comme lui. De vraies nullités, à peine capables de tenir un flingue. Le troisième, un Ukhranien surnommé Zot, semblait un peu plus capable. C’était sur lui qu’Irakli comptait pour faire l’essentiel du boulot.

Zot consulta sa montre. Il était neuf heures et demie. D’un instant à l’autre, le fourgon ferait son apparition. D’après les dires d’Ordjonikidze, on y trouverait près de 3 millions de Roubles anciens. Zot ignorait à quoi pouvait bien ressembler un butin de 3 millions de RR. Irakli lui avait assuré qu’avec ce coup, ils pourraient tous vivre comme des boyards jusqu’à la fin de leur vie.

Oustin, courbé sur le volant, donna l’alerte : le fourgon s’engageait dans la prospekt. Les hommes se tinrent prêt. Irakli engloutit une rasade de vodka, ce qui fit momentanément cesser le tremblement de ses mains. Quand le fourgon arriva à leur hauteur, Oustin démarra brusquement et vint barrer le passage au fourgon. L’un des convoyeurs commit l’erreur d’ouvrir la porte et de sortir pour insulter l’imbécile infoutu de conduire correctement (encore un merksiste qui a volé la voiture du patron, devait-il penser).

Ni une ni deux, Irakli, le Kez’ et Zot sortirent comme un seul homme, pistolet au poing. Une seconde plus tard, le premier convoyeur s’écroulait, criblé de balles. Le Kez’ s’empara du trousseau de clé qui pendait à sa ceinture et courut jusqu’à l’arrière du fourgon, dont il ouvrit grand les portes. Pendant ce temps, Irakli tirait une balle dans la tête de l’autre convoyeur, paralysé par la peur. Irakli et Zot rejoignirent le Kez’ à l’arrière du fourgon : un butin colossal, comme ils n’en avaient jamais vu, s’offrait à leurs yeux ébahis. Des sacs et des sacs remplis à craquer de roubles. Zot s’empara d’un sac et se dirigea vers la voiture ; il ne fallait pas trainer !

Soudain, quelque chose d’imprévu arrive. Un coup de feu retentit, et une balle vient se ficher dans la jambe du Kez, qui s’écroule à terre en gémissant. D’autres coups de feu retentissent.

Le reste de l’histoire apparait à Irakli (complètement défoncé) comme un film muet, tourné au ralenti. Des tireurs, partout sur les toits. A l’angle de la Novembrist Prospekt et de la rue St-Agafon, des gendarmes montés apparaissent. Aux fenêtres de l’hopital municipal, d’autres tireurs. Les balles sifflent aux oreilles d’Irakli, qui écarquille les yeux d’incompréhension. La voix tonitruante de Zot retentit : « Faut se tirer ! ».

Sans doute plus rapidement qu’il le croit, Irakli se jette dans la voiture, où Oustin, agrippé au volant, semble complètement paniqué. Il finit par démarrer, cahin-caha, sous le tir nourri des gendarmes, mais ne vas pas très loin : une balle traverse la gorge d’Oustin, qui emboutit une troïka garée le long du trottoir. Zot sort en courant, un sac de roubles à la main, son pistolet dans l’autre. Il fuit vers le canal St-Wolodymir, et, pendant un instant, semble bien près d’y arriver. Quand soudain, une balle de gros calibre le frappe dans le dos, lui déchirant le poumon droit. Le corps massif de l’Ukhranien s’abat par terre. L’espace d’un instant, on dirait qu’il va se relever, mais immédiatement une rafale de balles le cloue au sol, définitivement cette fois.

Sur la Novembrist Prospekt, le Kez’, hurlant et geignant, parvient à se trainer derrière le fourgon, d’où il fait feu. Ses pantalons sont humides de sang et d’urine. Il tire ses dernières cartouches, pleurant et maudissant Irakli de les avoir entrainer dans ce guêpier. Mais bientôt ses gémissements sont interrompus par le coup de feu sec et précis d’un tireur d’élite de la gendarmerie. La cervelle du Kez' s'éparpille dans la neige, lui donnant une étrange couleur rose.

Les coups de feu cessent. Irakli, tapi dans la voiture, entend les pas des gendarmes crisser sur la neige. Ils s’approchent pour vérifier leur carton. C’est le moment ou jamais. Sans trop réfléchir, Irakli agit en un éclair : il pousse le cadavre d’Oustin hors de l’automobile, et prend le volant. La voiture démarre en trombe et s’échappe sur le prospekt, zigzagant sous le tir nourri et rageur des gendarmes. Une balle traverse la banquette et frappe Irakli au bras. Une autre zèbre sa tempe. Mais bientôt les tirs s’éloignent, et l’automobile sinistrée bondit en avant, quitte la ville et dévore les plaines rugueuses de la campagne.

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Prince Feodor Vassilievitch Pojarski
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Feodor V. Pojarski



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MessageSujet: Re: Les derniers jours d'Irakli Akhrameievitch   Mar 29 Déc 2009 - 21:05

Aux abois. Une bête aux abois, voilà ce qu’il était. La fin du parcours approchait pour Irakli Akhrameievitch, dont l’existence même avait été une insulte à Dieu et au Monde. L’automobile n’avait pas tardé à rendre l’âme. Cela faisait plusieurs jours qu’il errait dans la campagne, dormant le jour dans un buisson ou dans un fossé, marchant, ou plutôt titubant, la nuit. Il marchait en restant près de la côte, pour s’orienter. Vers où allait-il ? Il n’en savait rien. Continuer à avancer était devenu l’unique façon de ne pas mourir. Il était blessé, et plutôt salement : il avait perdu beaucoup de sang, il commençait à être pris de vertige. Il avait terminé deux jours plus tôt ce qui lui restait de gnôle. Depuis, il sentait le froid mordre ses membres, et s’insinuer lentement, doucement, jusqu’à son cœur. Le jour commençait à se lever. Irakli savait que s’il se couchait maintenant, il mourait à coup sûr, là, moribond, au bord de la Mer des Glaces. A vrai dire, il ne savait même plus si les gendarmes le traquaient toujours. Peut-être que les sifflets et les aboiements qu’il entendait de loin en loin ne retentissaient que dans sa tête. Peut-être était-il en train de mourir, sans s’en apercevoir.
Une lumière. Là bas, droit devant lui, au bout de la route, il y avait une lumière. Une petite isba au bord de la mer, avec un débarcadère qui s’enfonçait dans les vagues grises. Irakli Akhrameievitch sourit ; c’était sans doute une illusion. Mais dans le doute, il décida néanmoins de s’approcher. Rassemblant ses dernières forces, il parvint à franchir en titubant la dernière verste qui le séparait de l’isba isolée. Le bras tendu pour frapper à la porte, il s’effondra, à deux doigts de toucher celle-ci. Puis ce fut le noir.



*******

- Eh bien mon vieux, on peut dire qu’il était moins une. Encore un peu et tu me claquais dans les bras !

Lentement le brouillard se dissipa, et une douleur lancinante le remplaça. Irakli Akhrameievitch revint lentement à lui. Il se trouvait couché sur une paillasse ; son bras avait été bandé. De toute évidence, il se trouvait dans l’isba qu’il avait aperçu... quand exactement ? Combien de jours s’étaient écoulés depuis ? Comme pour répondre à son interrogation muette, la voix reprit :
- Tu a dormi deux jours entiers ! Tu faisais vraiment peur à voir, je t’assure, mon vieux !

Irakli se tourna lentement vers la gauche, d’où venait la voix. Il vit un type de son âge, un peu plus grand que lui, assit dans une chaise à bascule, fumant tranquillement une cigarette. Malgré ses vêtements de petit-bourgeois, ce type était un aristocrate, sans aucun doute. Il avait l’accent snob que vous donnent les meilleurs collèges. Il se leva et se présenta :
- Je suis le prince Pojarski, Fedor Vassilievitch. Eh oui, je suis de retour au pays !

Voyant qu’Irakli le regardait d’un œil impassible, il reprit :
- Et toi, raconte-moi; Ce sont ces damnés républicains qui te traquaient, hein ? Les sicaires de ce Medjelev veulent ta peau ?

Irakli opina du chef, prudemment. Pojarski reprit :
- Ah, eh, république de crapules ! Mais ça va changer, mon vieux ! Vois-tu, si je me terre ici, c’est que je viens de débarquer. Je reviens du Belondor, et je suis là pour reprendre le combat pour notre Tzar bien-aimé ! Ordures de rouges ! Ils ont assassiné toute ma famille l’été dernier !

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Prince Feodor Vassilievitch Pojarski
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Feodor V. Pojarski



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MessageSujet: Re: Les derniers jours d'Irakli Akhrameievitch   Jeu 31 Déc 2009 - 15:07

Plusieurs jours passèrent. Le prince Pojarski était d’un naturel affable et causant : intarissable, il raconta toute sa vie à Irakli. Le jeune Fedor Pojarski avait quitté la Russlavie à l’âge de sept ans pour faire ses études au Belondor.
C’est là-bas qu’il avait appris, horrifié, la chute du Tzar et le massacre de sa propre famille. Il avait débarqué clandestinement deux semaines auparavant, et depuis il attendait, terré dans cette isba, que les choses se mettent en place, là-bas à Murasibirsk. « Quelles choses ? » avait demandé Irakli. Le prince lui avait répondu, sur le ton du complot, qu’il ne pouvait rien dire, mais que sous peu, il allait entrer en lutte contre la république impie.

Les jours passaient, Irakli se rétablissait, grâce aux soins du prince, qui était un homme authentiquement bon. Irakli songeait qu’il avait vraiment eu de la chance de tomber sur un type aussi charitable et sympathique que ce Fedor Vassilievitch. Un jour, le prince lui dit, sur le ton du regret, qu’il allait bientôt devoir quitter cette isba. Il avait rendez-vous à Murasibirsk avec un notaire, qui s’occupait des affaires de la famille. Fedor Vassilievitch laisserait quelques roubles à Irakli, pour qu’il puisse se débrouiller. Il avait été très content, ajouta-t-il, de rencontrer un autre martyr de la cause impériale, et espérait revoir Ordjonikidze à Gornograd, quand la république aura été renversée. Cela ne plaisait pas du tout à Irakli. Il allait devoir reprendre son errance, ses attaques à main armée, et cette fois-ci, il était peu probable qu’une bonne âme le sauve de la mort.

C’était un mardi. Le prince était courbé sur le poêle, s’activant à le rallumer. Irakli se leva de son lit, et tout en jouant machinalement avec un couteau qui trainait sur la table, posa encore une fois la question à Fedor Vassilievitch :

- Et donc, personne ne te connais ici, en Russlavie ?

Le prince répondit, absorbé par sa tâche :
- Tu veux dire, en personne ? Eh bien non, je te l’ais déjà dit ; j’ai quitté la Russlavie quand j’avais sept ans. Quant à ma mère, ah, elle n’est plus de ce monde ! Peut-être quelques vieux moujiks du domaine…

Le prince ne finit pas sa phrase. Les mains puissantes d’Irakli venaient de se refermer autour de son cou. Surpris, le prince se mit à se débattre, avec de plus en plus de violence à mesure qu’il comprenait ce qui lui arrivait. Sa tête bascula en arrière, et ses yeux affolés cherchèrent ceux d’Irakli, dans une tentative désespérée de comprendre. Mais les yeux noirs et froids d’Irakli ne purent lui offrir de réponse. Dans un dernier soubresaut, le corps du prince se tordit en spasmes furieux, renversant le poêle, dont les braises incandescentes s’épanchèrent sur le sol. Finalement, le corps finit par s’immobiliser. Les yeux du prince se levèrent une dernière fois vers Irakli, qui ne pu lui offrir autre chose qu’un triste sourire de regret.
La vie était fragile, fugitive. Jusqu’à cet instant, ce jeune aristocrate était promis à une existence de plaisirs et de gloire. Il imaginait probablement le reste de sa vie comme une longue promenade d’agrément, garnie de femmes, de bals et de fêtes. Sa mort, il la voyait sans doute comme une douce sieste, dans très longtemps, quand, satisfait des promesses tenues de la vie, il reposerait, vieux et respecté, sur la terrasse de sa datcha de campagne, au milieu d’une famille nombreuse et aimante, parmi ses paysans respectueux et honnêtes, au milieu des champs prospères et fertiles. Il avait suffi d’une malheureuse rencontre avec Irakli Ordjonikidze pour que cette trajectoire soit brutalement coupée. Et la dernière chose qu’il vit ne fut pas l’astre rougeoyant du soleil qui se couche sur les plaines de Podjarskovo, mais le visage inexpressif et infiniment lointain du Kaukazien, alors que l’obscurité commencait à envahir son cerveau.

Plus tard dans l’après-midi. Enterrer le cadavre n’avait pas été chose aisée, car la terre était gelée, mais enfin, Irakli y était parvenu. Il considérait comme son devoir d’enterrer la dépouille du prince, car il lui était sincèrement reconnaissant de tout ce qu’il avait fait pour lui, et surtout, de ce qu’il allait encore faire pour lui. Après avoir décidé, par prudence, de ne laisser aucune trace de la dernière demeure du prince, il se ravisa. Il planta une croix de bois dans la terre meuble, et y inscrivit son propre nom : Ordjonikidze. D’une certaine façon, cela lui paraissait plus juste, plus équitable à l’égard du mort. Il lui prenait son nom, il était normal qu’il lui en laisse un.

Revenant à l’isba, il entreprit de finaliser les opérations. Après avoir passé les vêtements du prince (un peu trop grands pour lui, il faudrait s’en procurer de nouveaux en ville), il entreprit de découper sa propre photo (récupérée sur son vieux passeport) et de la coller sur le passeport belondaure du prince. Le travail n’était pas excellent, mais ça pourrait aller jusqu’à ce qu’il trouve un bon faussaire en ville. Il passa la chevalière du prince à son doigt : à sa grande satisfaction, elle était à sa taille.

Après avoir éliminé les dernières traces de son passage, il quitta l’isba sans se retourner. Irakli Akhrameievitch Ordjonikidze n’était plus : Fedor Vassilievitch Pojarski venait de prendre sa place.

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MessageSujet: Re: Les derniers jours d'Irakli Akhrameievitch   Aujourd'hui à 10:54

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