La Sainte Russlavie

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Excellences, Altesses, messieurs et mesdames.



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 "Pojarski" dans la grande ville.

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Feodor V. Pojarski



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Date d'inscription : 06/09/2008

MessageSujet: "Pojarski" dans la grande ville.   Jeu 31 Déc 2009 - 15:31

« Pojarski » était aux aguets, incroyablement nerveux. Allait-on le reconnaitre ? Marchait-il comme un aristocrate ? Le pas plus allongé, peut-être ? Et le menton, lève le plus haut !
Il était arrivé en ville par la petite gare du faubourg St-Virile-et-Bémolle, et, après avoir emprunté un fiacre jusqu’aux quartiers chics, il cherchait maintenant un bon faiseur pour y acheter des vêtements bien coupés. Epiant les passants, il entra dans la première boutique dont il vit ressortir un rupin suffisamment chicos.
L’achat de vêtements fut un véritable supplice. Le plus insupportable était l’air moqueur de la bande d’invertis qui faisait office de vendeurs. Ils tournicotaient autour de leur malheureux client, le harcelant de suggestions pédantes, persuadés d’avoir affaire à un fruste rupin mal dégrossi. Finalement, après deux heures de supplice, « Pojarski » parvint à en finir, s’en remettant totalement aux conseils hautains des vendeurs, et s’en reparti avec un complet aux revers d’alpaga, une chemise munie d’un haut col détachable, une cravate de crêpe marine piquée d’une perle, et de fines chaussures brillantes qui épousaient la forme du pied comme un gant. Le mépris des vendeurs augmenta encore d’un cran quand « Pojarski » paya en extirpant de sa poche des liasses de billets crasseux et chiffonnés.

« Fedor Vassilievitch » sortit sur le prospekt, complètement perdu. Le rendez-vous du prince chez le notaire était prévu pour dans deux jours. Qu'aurait donc fait le prince en attendant ? Ou aller maintenant ? Que faisaient les riches, à cette heure de l’après-midi ?

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Prince Feodor Vassilievitch Pojarski
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Kassian P. Loughinine



Nombre de messages : 388
Date d'inscription : 24/05/2008

MessageSujet: Re: "Pojarski" dans la grande ville.   Lun 18 Jan 2010 - 21:00

Durant ces gris jours de janvier, une grande figure nationale traînait également sur les prospekts de Murasibirsk.

Ce n'était nul autre que Loughinine, ancien ministre, ancien dictateur et ancien commissaire, ancien commandant en chef des armées républicaines, vétéran de Mitrovski aux côtés du légendaire Utchenko et brillant vainqueur de Polchak en Petite Russlavie.

Il arpentait solitairement les boulevards, le regard dans le vague. Son humeur vacillait constamment entre le soulagement et la nostalgie, entre espoirs et remords. Tour à tour pétrifié d'effroi et paralysé de ravissement devant les simples événements de la vie quotidienne, les anodines scènes de rue, il dut bientôt se rendre à l'évidence : il souffrait du fameux "mal jatonnais".

Le mal jatonnais avait été diagnostiqué pour la première fois en 1897 par le docteur P. B. Raskolnikov, médecin militaire à Svetivostok, à l'occasion de la fin de la guerre des Mers Jaunes. Ce conflit meurtrier, mené dans le plus pur style russlave - selon des plans établis à Gornograd et une stratégie échappant complètement aux réalités du terrain -, s'était étiré sur plusieurs années. Au retour de la troupe, on put constater chez la plupart des braves, non sans une certaine surprise, une altération durable de la personnalité. Les pères de famille ne reconnaissaient plus leurs enfants ni leur épouse, mais réussirent à guérir après une petite décennie de soins intensifs dans un Katorga. Quant aux jeunes hommes enrôlés durant leur adolescence, qui avaient connu les horreurs de la guerre avant de pouvoir forger leur caractère : ils étaient simplement incapables de vivre normalement en société. Les gestes les plus banals de la vie quotidienne leur étaient impossible à saisir. Ces hordes de sociopathes ne purent d'ailleurs jamais revenir tout à fait à la vie civile, échouant dans la criminalité ou dans des garnisons de province, comme ce fut d'ailleurs le cas pour le colonel Rennenkampf, sociopathe notoire et héros de Mitrovski.

Loughinine, très certainement, était de ceux-là. Emporté par une carrière politique aussi tardive que vertigineuse, le vieux notaire de Rinsk était devenu totalement étranger à la vie des simples mortels. Son oeuvre à lui, pensait-il, se faisait dans les salons gornogradiens, dans les luxueux wagons du Constanbul Express ou sur les vastes propriétés agricoles de l'aristocratie foncière.

Aussi sa chute prenait-elle des accents d'apocalypse. Devait-il se trancher les poignets dans un bain, comme Nénèque, ou plutôt se retirer honorablement, fortune faite?

Là était le soucis : Loughinine n'avait ni l'intention ni le courage de se suicider et, ce qui peut sembler étrange, n'avait pas un kopeck en poche. Sa retraite bien méritée, son repos ultime, le sommeil du juste dont il se proposait de jouir avec la satisfaction du travail bien fait n'allait pas pouvoir se réaliser.

Loughinine ne s'était pas enrichi durant ses mandats successifs ! Arrivé à ce constat terrible, il fut brutalement pris de vertige. Il se sauva dans un bistrot.

Comment avait-il pu être si naïf? Les occasions, pourtant, n'avaient pas manqué ! Pourquoi s'était-il érigé contre le traître putschiste Niviakov au lieu de s'unir à lui pour piller la Russlavie? Pourquoi s'était-il battu à Mitrovski au lieu de s'enfouir avec la caisse du régiment, comme le préfet de police et deux cosaques le lui avaient proposé? Pourquoi, à Opessa, avait-il utilisé l'or des hébraïtes de Petite Russlavie pour régler la solde de futurs mutins? Pourquoi avait-il passé les jours mouvementés de la Tétrarchie d'Août 1908 à préparer un coup d'Etat alors qu'il aurait pu détourner les budgets ministériels avec la complicité bienveillante de Krasstchenko?

Pourquoi, imbécile qu'il était, avait-il voulu jouer à l'homme d'Etat? Pourquoi n'avait-il pas sacrifié à la tradition russlave de corruption et de népotisme? Pourquoi son fils n'était-il pas gouverneur d'un protectorat ou directeur de la Banque de Russlavie?

Loughinine, perdant complètement les pédales, sentit s'élever en lui d'étranges sentiments. L'amour de la patrie et le sens de l'honneur, parmi d'autres. Des sentiments qui, à la vue des autres politiciens russlaves, ne pouvaient être de véritables préceptes nationaux. Loughinine douta. Il douta de son cachet patriotique. Devait-il être un bradeur professionnel, tel Medjelev, pour se rapprocher au plus de l'esprit authentique russlave? Etait-il un suppôt du complot franc-charpentier mondial s'il aimait sa patrie au point d'en oublier les pots-de-vin?

Ces interrogations dépassaient les capacités intellectuelles de Loughinine, plus habitué à de froids calculs militaires, à de la stratégie politique plus qu'à un contenu politique quelconque, et encore moins à de la philosphie, qu'il comprenait comme une sorte de véhicule de l'homosexualité. Bref, il était à bout, et, dans un geste théâtral, s'écroula sur la table d'un gentleman vêtu de fourrure d'alpaga et de gants en peau d'éléphant. Un puissant râle s'échappa de sa bouche, découvrant une dentition d'un état catastrophique. Le patron de l'établissement s'approcha à grands pas.

- Vindiou ! V'là qui nous fait un malaise ! Kolia, va appeler un gendarme !
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Feodor V. Pojarski



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MessageSujet: Re: "Pojarski" dans la grande ville.   Mer 20 Jan 2010 - 13:31

- Écartez-vous, je suis médecin !

Fedor Vassilievitch se leva brutalement et écarta les importuns de violents coups de coude, et enfin se pencha auprès du bourjoui moribond. C'était un truc vieux comme le monde: "Pojarski" n'avait pas la moindre notion de médecine, mais il s'y entendait en entourloupes, vols, chapardages, crocs-en-jambes, ruses, escroqueries, détroussage, gambits, et autres entreprises délictueuses qu'il serait fastidieux d'énumérer ici.

Il allait tout simplement profiter de l'occasion pour soulager ce imposant baron de son portefeuille, dont du reste il n'aurait bientôt plus besoin, car comme dit la sagesse populaire: on a jamais vu un coffre-fort suivre un corbillard.

Afin de donner vaguement le change, "Fedor Vassilievitch" desserra la cravate du bourjoui, subtilisant au passage la perle qui y était piquée. Il allait plonger la main dans la poche du bientôt mort, mais interrompit soudain son geste: cet homme, il l'avait déja vu quelque part. Mais oui, bien sur ! Cette vilaine trogne, il l'avait vu sur de nombreuses affiches électorales, et dans les journaux, au cours des deux dernières années ! C'était Loughinine !

Si quelqu'un en Russlavie pouvait ne pas reconnaitre le glorieux Kassian Pavlovitch du premier coup d'œil, cela ne pouvait être qu'Ordjonikidze, dont l'intérêt pour la politique et l'information en général était proche de zero.

"Fedor Vassilievitch" sentit ses mains trembler, mais cette fois-ci, ce n'était pas le manque d'opium. Et, chose assez rare chez lui pour qu'on la relève, il se prit à craibndre que l'ex-menchevik lui claque entre les mains. Ce serait un désastre. Quelle aubaine pour lui de rencontrer un cacique du régime dans ces conditions ! Avec un peu d'adresse et de sagacité, "Pojarski" pouvait retirer beaucoup de la fréquentation d'un homme tel que Loughinine, qu'avec une certaine naïveté, il se présentait comme une espèce d'être supérieur, gravitant dans un monde d'argent facile et de puissance évidente. Pour cela, il fallait évidemment que le vieux politicien vive.

"Fedor Vassilievitch" remit donc le portefeuille dans la poche de son propriétaire, et essaya de jouer son rôle de médecin avec un peu plus de conviction: il gifla avec violence la face inanimée de Loughinine, de puissants revers de la main droite, qui claquaient bruyamment sur les joues couperosées du cacique, dans le silence de plomb qui régnait dans la brasserie: tout le monde avait les yeux fixés sur la scène ubuesque qui se déroulait là.
"Fedor Vassilievitch" se cru obligé de dédramatiser la scène, et s'exclama d'un ton enjoué:


- Regardez, Son Excellence va beaucoup mieux, les couleurs lui reviennent !

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Kassian P. Loughinine



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MessageSujet: Re: "Pojarski" dans la grande ville.   Jeu 28 Jan 2010 - 23:03

L'esprit de Loughinine vagabondait dans ses souvenirs.

Il se souvint comment, début septembre 1908, durant les quelques jours de son putsch audacieux, les serveurs de l'Hôtel Continental l'avaient appelé "Votre Majesté". Il voyait encore Alexandre III devant lui, écartant les bras en s'exclamant à son égard dans la méprisable langue de la Cour : "Voilà mon Duce !", (le jeune souverain l'ayant sans doute confondu avec un autre prétendant au pouvoir suprême, le Grand-Duc Michel Sebastopol, officier de marine bien connu).

Voyageant à travers sa mémoire, il se souvint aussi d'une scène moins amusante, annonciatrice de la défaite républicaine de Prepiatsk. Inspectant une position avancée en compagnie de l'Etat-Major de la division tenant le secteur, Loughinine eut une violente altercation avec le général concerné. Devait-on faire démonter les cosaques et utiliser leurs chevaux pour tracter l'artillerie de la division, embourbée dans une forêt, ou était-il préférable de lancer la sotnia sur la campagne environnante, afin d'infester la région de guets-apens en vue de l'approche ennemie ? La dispute fut ponctuée d'insultes et, dans un moment d'inattention générale, les mains nerveuses des officiers avaient empoigné la crosse de leur revolver : sans dégainer, heureusement.

Il se souvint enfin de la graduation de son fils aîné. Vers 21 ans, l'enfant prodige avait passé le concours d'admission du fonctionnariat à Rinsk. Lors d'une cérémonie solennel, il avait alors reçu un uniforme de fonctionnaire : c'était la seule chose fournie par l'Etat. Pour le salaire mensuel, l'employé de l'Etat devait se débrouiller auprès des administrés. Le jeune Maksim Kassianovitch s'apprêtait donc à vivre une existence à l'abri du besoin, muni d'un permis de corruption réglementaire. Malheureusement, il devait décéder plusieurs années plus tard, égorgé par des Turcoses dans une tranchée de Bursa. Loughinine ne s'en était jamais remis.

Il émergea enfin de ses rêves et fixa avec insistance le drôle d'individu basané et moustachu qui s'était permis de le secouer au-delà de ce que sa dignité quasi-aristocratique ne pouvait supporter.

- Qui es-tu, bougre de pétochard, malappris, fils de rien, pour malmener ainsi le grand Loughinine ?!...
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Feodor V. Pojarski



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MessageSujet: Re: "Pojarski" dans la grande ville.   Dim 31 Jan 2010 - 22:32


On aurait dit que nulles paroles n'auraient pu procurer plus de satisfaction à "Pojarski". Il se tourna vers l'assistance, avec un sourire de triomphe autant que de soulagement, et leur désigna Loughinine d'un geste emphatique, comme pour montrer à tous le triomphe de ses méthodes thérapeutiques: hé oui, il venait de ressusciter le noblissime Kassian Loughinine lui-même !
S'avisant qu'il fallait maintenant répondre aux grommellements du ressuscité, le Kaukazien adopta ce qu'il pensait être un accent aristocratique, et claironna, autant pour Kassian Pavlovitch que pour la foule des spectateurs et lui-même:


- Je suis Son Illustre Naissance le prince Fedor Vassilievitch Pojarski, pour te servir, mon ami ! "Pojarski" espérait avoir trouvé le ton juste. Il n'était pas très sur pour le prédicat, mais en revanche il était convaincu qu'entre nobles et grands personnages on se tutoyait, en signe de connivence. Comme pour appuyer sa fracassante déclaration, il tendit la main vers l'auguste personnage que, il s'en apercevait à l'instant, il tenait toujours par le revers de son costume.

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Prince Feodor Vassilievitch Pojarski
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