La Sainte Russlavie

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Excellences, Altesses, messieurs et mesdames.



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 A Kalingrad, capitale de la province...

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Feodor V. Pojarski



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Date d'inscription : 06/09/2008

MessageSujet: A Kalingrad, capitale de la province...   Mer 24 Fév 2010 - 17:38


Kalingrad était une de ces villes marchandes typiques du centre de la Russlavie. Comme la plupart des cités russlaves, elle avait deux visages. La ville haute était une imitation plutôt réussie, en nettement plus petit, du centre de Gornograd, l'ancienne capitale de l'Empire. Autour de quelques larges avenues s'élevaient des immeubles et des palais qui n'auraient pas démérité sur les bords de la Neva. L'ancien palais du Gouverneur, dans lequel le tout frais gouvernement provincial avait élu domicile, n'était pas mal non plus: conçu pour rappeller à la plèbe que le Gouverneur était le relais de l'Autocratie, le bras armé du Souverain, il en imposait par sa superbe, juché sur la plus haute colline de la ville, flanqué par la vieille forteresse médiévale, rénovée sous Ivan XII.

Sur ces hauteurs, la bonne société de Kalingrad, exacte réplique lilliputienne de celle de Gornograd et Murasibirsk, donnait le ton, s'efforçant de singer les cercles aristocratiques des deux capitales jusque dans leurs travers les plus ridicules. Jusque récemment, une dizaine de vieilles familles dominait la ville haute, mais elles avaient du faire de la place aux nouveaux riches, industriels du coin ou koulaks enrichis, qui voulaient eux aussi arpenter les boulevards élégants du haut-Kalingrad.

Mais que le regard se porte au sud, vers la ville basse, et c'était un autre monde qui surgissait. Un monde d'ornières boueuses, de ruelles obscures, de maisons branlantes et de dédales mal famés. Une plèbe vile et crasseuse d'artisans et d'ouvriers y vivait, ou plutôt y survivait.

Mais ce n'était pas vers ce monde là que les attentions se tournaient aujourd'hui (ni même jamais d'ailleurs). Aujourd'hui, au Palais du Gouverneur, étaient assemblés les vainqueurs du jour. Et ces vainqueurs, c'étaient les représentants de la ville haute et des campagnes: la noblesse terrienne, les paysans propriétaires et les communes paysannes. Les ministres, rassemblés autour d'une vaste table, fournissaient un remarquable échantillon de ces trois composantes.

A l'extrémité se trouvait le prince Pojarski, ce mystérieux aristocrate catapulté de la capitale, dont on ne savait pas grand chose, mais dont l'origine murasovite suffisait pour frapper d'admiration les junkers oudmourtes.

Suivait le général Trofimov, le Ministre de la Police. Le fait qu'il ait été conseiller d'Etat sous Nicolas Ier et élu Maréchal de la Noblesse en 1886 suffit pour qu'on se fasse une bonne idée du personnage: un junker de la vieille école, aux favoris démodés et aux gestes violents.

Derrière lui, P. R. Andreïev, un grand propriétaire terrien, mais sans aucun lien avec la noblesse (un koulak enrichi durant la guerre civile de 1907, murmure l'aristocratie locale), ce qui a sans doute du déterminer son choix pour le poste-clé de Ministre de l'Agriculture.

Après ces ministres du PIR, viennent les alliés, issus de l'Union de Saint-Wolodymir et du Parti Paysan: Malyguine, Ignastius et Semionov.

Savvati Ilytch Ignastius compose le paysan typique, laid et ivrogne, grossier et fruste, mais non dénué d'une certaine astuce. Le commerce provincial ? Il le connait comme sa poche ! Une poche qui promet d'ailleurs de s'alourdir substantiellement au cours des prochains mois...

P.P Malyguine, Ministre de l'Education quant à lui, est un homme de Dieu, connu pour ses diatribes violentes contre le matérialisme athée et la réforme agraire. Homme de paille des junkers extrémistes de l'UstW et de l'Eglise, on voit mal comment il peut cohabiter avec les ministres du PP. A moins que le soutien de l'UstW n'ait fait l'objet de sordides et souterraines tractations...

Semion Semionovitch Semionov... Ce nom, bien qu'il soit très courant, est-il inconnu à ceux qui ont vécu les dramatiques événements du siège de Mitrovsky, durant le printemps 1909 ? N'était-ce pas ce jeune sous-lieutenant qui pris le commandement de la garnison, après l'évacuation de Loughinine et Utchenko, et la mort héroïque du colonel Rennenkampf ?

Eh bien oui, c'est lui ! Le jeune officier idéaliste est revenu chez lui, pour reprendre l'étroit lopin de son père, et travailler à l'émancipation de la classe paysanne, au sein du PP. Ministre de l'Action sociale, survivra-t-il au milieu de cette galerie de fauves à sang froid ?



La signature de l'accord de gouvernement entre l'Union de St-Wolodymir, le Parti Paysan et le Parti Impérial Russlave. Le prince Pojarski ayant du s'absenter, il s'est fait remplacer par une femme (!), plaisanterie de mauvais goût qui n'a pas fait rire les représentants du PP et de l'UstW. La pauvre créature n'a évidemment rien compris au sujet de la réunion, et est vite rentrée chez elle pour calmer ses nerfs fragiles par quelques travaux domestiques.


Le Palais Koprofilov, ancien palais du Gouverneur, à présent siège du Gouvernement provincial...


... Et la IIe chambre du tribunal de paix de Kalingrad, siège de la douma provinciale. C'est vrai qu'en comparaison, ça craint un peu. Un député KD a demandé qu'on fasse l'échange. Sa demande s'est malheureusement égarée dans les méandres du greffe parlementaire.

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Prince Feodor Vassilievitch Pojarski
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Feodor V. Pojarski



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MessageSujet: Re: A Kalingrad, capitale de la province...   Dim 28 Fév 2010 - 20:25

Au Palais Koprofilov... se tenait un conseil ministériel où des choses importantes allaient être dites. Les ministres attendaient depuis plusieurs heures déjà. Pojarski, retenu à la douma, se faisait attendre, mais enfin il arriva, d'un pas énergique. Il arborait un sourire triomphant: la douma provinciale venait, avec une docilité appréciable, de s'auto-neutraliser. Le prince s'assit et pris la parole:

- Messieurs, les choses sont faites, ces braillards ne nous importuneront plus. Nous allons pouvoir discuter entre nous, dans le plus grand secret.

Fedor Vassilievitch laissa planer un silence, puis reprit. Toute trace de sourire avait disparu de son visage;


- Autant vous le dire tout de suite, Semion Semionovitch, nous n'avons aucun moyen légal de réaliser la réforme agraire, et ce pour deux raisons: Un, elle n'appartient pas aux compétences provinciales. Deuxièmement; l'article 17.2 de la Constitution empêche qu'on exproprie, même pour cause d'utilité publique. C'est sans doute une erreur involontaire, puisque la précédente constitution autorisait l'expropriation.

Les choses sont claires: si nous tentons de réaliser la réforme agraire, le gouvernement républicain l'annulera immédiatement et nous placera sous tutelle...
- Pojarski retrouva soudain son sourire; ce qui est exactement ce que je veux.
Imaginez ! Le gouvernement fédéral annulant la redistribution des terres ! L'Oudmourtie, martyr de la dictature merksiste ! Et tout cela amplement relayé par la presse ! Nous illustrerons par ce coup l'impuissance totale de la gauche à régler la question agraire, et nous éloignerons définitivement la paysannerie de la République... Celle-ci sera alors mûre pour être renversée, vu qu'elle est déjà sur le point de perdre tout son crédit dans l'affaire du Kaukaze... Qu'en pensez vous ?

Malyguine, l'homme de l'UstW, intervint d'un ton geignard:

- Mais, même si votre réforme ne doit pas s'appliquer, c'est une boîte de Pandore que vous ouvrez là ! Qu'en est-il du compromis historique que vous proposiez, prince ?

- J'y viens, j'y viens - répondit Pojarski d'un ton sec. Ma proposition est la suivante: Les grands domaines sont partagés en deux: une moitié est découpée en lots égaux et donnée aux paysans, l'autre est laissée aux junkers. Ceux-ci ne sont pas pour autant oubliés: on leur donnera des titres de propriété d'usines et de fabriques confisquées à la bourgeoisie citadine où retirées aux pouvoirs publics. Si on calcule bien les choses, tout le monde devrait se retrouver gagnant: la noblesse se reconvertit progressivement dans l'industrie et le commerce, et la populace reçoit les terres qu'on lui a tant promis.

Le prince se rencogna dans son siège, très satisfait de lui-même;
- Alors, ais-je votre accord, messieurs ?

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Prince Feodor Vassilievitch Pojarski
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Kassian P. Loughinine



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MessageSujet: Re: A Kalingrad, capitale de la province...   Mar 2 Mar 2010 - 19:29

- Topez là, Prince ! Nous sommes d'accord ! s'exclama Savvati Ilytch Ignastius, le ministre paysan du Commerce Provincial, des Foires et des Marchés dominicaux.

- Vous êtes plein d'astuce, Fedor Vassilievitch, enchaîna, avec sensiblement moins d'admiration, Semion Semionovitch Semionov. Et si Viktor Pederastovitch se met en tête de tous nous pendre haut et court?

Un vent d'excitation parcoura les échines des ministres. Mais ce n'était pas une excitation provoquée par la peur : c'était l'anxiété exaltée, pleine de romantisme, qui enveloppait parfois les officiers et soldats russlaves avant un assaut meurtrier et inutile, lorsque une rage sanguinaire entrait en possession des agents de la civilisation slave.

- Je ne suis pas un lâche - ma carrière militaire en témoigne ! -, mais je doute qu'une violation systématique de la constitution puisse provoquer autre chose qu'une intervention fédérale et peut-être une nouvelle guerre civile !
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Feodor V. Pojarski



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MessageSujet: Re: A Kalingrad, capitale de la province...   Mar 2 Mar 2010 - 20:50

Le prince se massa doucement la nuque: l'évocation de la pendaison avait éveillé en lui des souvenirs de sa vie d'avant, dans les monts kaukaziens.

- Une guerre civile ! Comme vous y allez, Semion Semionovitch !
- le prince partit d'un grand rire, se leva, et alla chercher une bouteille de vodka et des verres, qu'il déposa brutalement sur la table. Tout aussi brutalement, il administra une claque amicale sur l'épaule de Semionov. Il n'y aura pas de guerre civile, Semion Semionytch, car nous ne résisterons pas. Et toute la Russlavie verra que cette république, qui est incapable de chasser les Jatonnais du Kaukaze, n'hésite par contre pas à utiliser la force contre des citoyens russlaves. Et dans quel but ? Pour rendre la terre aux propriétaires, et les usines aux patrons ! C'est à mourir de rire !

Le prince se fit soudain songeur:

- C'est vrai que nous risquons un peu nos vies, mais quoi qu'il advienne de nos têtes, messieurs, après cela la République sera totalement déconsidérée: la paysannerie passera au Parti Paysan, dans sa totalité. Ce qui m'amène à penser que ce que nous faisons à l'heure actuelle est la meilleure manière d'éviter une guerre civile, précisément: quand il sera venu le temps de renverser ce régime impie, les rouges n'auront même pas assez de partisans pour former un seul peloton !

Le prince emprisonna l'épaule du jeune Semionov d'une main de fer, et, les yeux perdus dans le lointain, fit part de ses glorieuses espérances aux ministres:

- Alors, sans une seule goutte de sang (sinon celle de quelques ouvriers), s'instaurera en Russlavie un Komoutch, ou un Directoire, composé d'hommes valeureux et nanti des pleins pouvoirs tel les dictateurs morains des temps antiques, et ce Komoutch réalisera immédiatement les deux grands rêves du peuple: réforme agraire, et guerre aux Jatonnais.

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Prince Feodor Vassilievitch Pojarski
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Feodor V. Pojarski



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MessageSujet: Re: A Kalingrad, capitale de la province...   Jeu 4 Mar 2010 - 16:08

Le prince avait convoqué une nouvelle réunion du conseil, au petit matin. On en ignorait encore les raisons. Les ministres firent leur entrée dans la salle du conseil: le prince Fedor Vassilievitch se trouvait assit et lisait avec une négligence affectée un quelconque feuillet. Mais un oeil attentif aurait pu voir que c'était au prix d'un violent effort que Pojarski se maitrisait. Ses mains tremblaient, ses dents grinçaient, et ses yeux avaient revêtu une étrange fixité. Une fois tous les ministres assis, un lourd silence de plomb s'abattit. Les ministres attendaient. Enfin, Fedor Vassilievitch se leva d'un bond énergique, et passant derrière le Ministre Ignastius, lui tendit le papier qu'il avait en main.

- Tenez, Savvati Ilytch, voici un exemplaire d'une loi promulguée pas plus tard que hier par le gouvernement sibérien. Lisez nous donc le point II.

Le ministre paysan jeta un regard inquiet et scrutateur, d'abord au prince Pojarski, puis à son collègue Semionov. Enfin, d'une voix peu assurée, il entreprit de lire le court texte:

Citation :
II. Par 38 voix contre 10 et 2 abstentions, la loi suivante est promulguée:

De la Réforme Agraire

Article 1er : les grandes propriétés foncières de la province sont divisées en quatre.
Article 2 : la première partie est conservée par l'ancien propriétaire.
Article 3 : la seconde partie est divisée en lots égaux et distribuées aux paysans sans terres.
Article 4 : la troisième partie est distribuée aux communes paysannes, qui procéderont elles-mêmes à la répartition.
Article 5 : la quatrième partie est louée par l'Etat à des petits propriétaires voisins. Le produit du loyer est investi dans des oeuvres caritatives.

Après la seule mention de l'article 1er, le vieux Trofimov s'était déja levé, ivre de fureur. Pojarski, d'un geste, le fit se rasseoir, et Ignastius finit tant bien que mal sa lecture. Une fois de plus, un silence de plomb s'abattit sur la petite assemblée. Et à nouveau, Pojarski le rompit, en parlant d'un ton insinuant et remarquablement courtois:

- Auriez-vous l'amabilité, messieurs les ministres trudoviks, de m'expliquer ceci ? N'avons nous pas fait preuve de bonne volonté et d'esprit de compromis ? Dites-moi, messieurs les trudoviks, n'étions-nous pas en droit d'attendre la même chose de la part du gouvernement sibérien ?

En un instant, la physionomie du prince changea du tout au tout: ses yeux devinrent comme fous, ses traits se tordirent en une grimace de caricature, et sa voix, à présent émaillée d'un curieux accent oriental, gronda et tonna:

- Pouvez-vous me dire, messieurs, quelle vipère fallacieuse a enfanté ce rebut de l'humanité qu'on nomme Loughinine ? Peut-on savoir la noirceur et l'avilissement de vos âmes, gibiers de potence ? Je croyais voir en face de moi des hommes de bien: je me trompais ! Le Parti paysan est une décharge à ciel ouvert ! Un conglomérat des pires crapules que la terre ait jamais porté ! Chiens impies ! Donnez moi donc une seule bonne raison, Semion Semionytch, pour ne pas vous faire fusiller dans l'heure !

Le prince s'interrompit subitement, cherchant à reprendre son souffle. Le pope Malyguine en profita pour tenter d'intervenir:
- Enfin, prince, vous vous abaissez ! Veuillez reprendre vos espr... Le pope n'eut pas le temps d'achever sa phrase. Il fut brutalement empoigné par Pojarski, qui en un seul mouvement d'une force étonnante, projeta le vieux pope à travers une des grandes fenêtres qui éclairaient la salle. On entendit un fracas de verre brisé, un long cri affolé, puis un choc sourd, encore quelques gémissements, puis plus rien.

Le prince, semblant sortir d'un rêve hallucinant, alla se rasseoir, en se frottant distraitement les mains. Toisant l'assemblée médusée d'un sourire amical et d'un regard froid, il poursuivi:

- Bien, messieurs, à moins que vous n'ayez des observations à faire valoir, je considère que cette réunion, ainsi que la collaboration entre le Parti Impérial et le Parti Paysan s'arrête là.
Semblant soudain se rappeler quelque chose: Ah, au fait, Trofim Trofimovitch, veuillez contacter l'UstW afin qu'ils nous envoient un autre ministre de l'Education, Monseigneur Malyguine ne semble pas au meilleur de sa forme ces derniers temps...

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Prince Feodor Vassilievitch Pojarski
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Kassian P. Loughinine



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MessageSujet: Re: A Kalingrad, capitale de la province...   Jeu 4 Mar 2010 - 18:24

Ignastius, plutôt effrayé, s'apprêtait à déserter son siège lorsque Semionov le retint. Une atmostphère de peur régnait dans la pièce quand ce dernier, après de longues minutes d'une douloureuse hésitation, prit enfin la parole. Le ministre trudovik, pâle, tentait d'apparaître indifférent aux terribles événements qui venaient de se produire dans la pièce :

- Monsieur le Ministre-Président, dit-il, n'osant pas s'adresser à Pojarski par son prénom et son patronyme, je vous prie respectueusement de revoir votre jugement précédent. S'il est vrai que que cette loi a été promulguée en Sibérie, elle ne l'a pas été par le gouvernement, mais par la douma provinciale.

Comme vous le savez sûrement, Monsieur le Ministre-Président, Monsieur Loughinine, pour diverses raisons, ne peut se permettre l'auto-neutralisation de la douma et doit donc gouverner avec ou contre quelques huit partis, dont la plupart sont des coteries locales. Le processus de gouvernement y est plutôt lent.

Ensuite, Monsieur Loughinine partage le pouvoir avec un troisième partenaire : l'Armée Cathodoxe et Sociale (comme vous le faites aussi en Oudmourtie, Monsieur le Ministre-Président, avec l'Union de St-Wolodymir). Je sais que la douma sibérienne prépare une seconde loi, prévoyant la distribution de l'industrie provinciale aux principales familles de la noblesse, ainsi que la confirmation des droits perpétuels de pêche et de chasse des junkers.

Finalement, je me permets de vous rappeler, en toute humilité bien sûr, que le Parti Paysan a amplement prouvé son attachement à l'alliance politique avec le Parti Impérial Russlave, notamment par un oukaze récent du gouvernement sibérien, qui a décidé de l'interdiction de la plupart des organisations paramilitaires présentes dans la province, hormis les Tchetniks !

Semionov se tut brusquement, conscient qu'il avait, dans le feu de l'action, légèrement élevé la voix...
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Feodor V. Pojarski



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MessageSujet: Re: A Kalingrad, capitale de la province...   Dim 7 Mar 2010 - 13:48

Pojarski tapota son front humide de sueur à l'aide d'un mouchoir. Il écarta les mains dans un geste de regret:

- J'ai du vous faire une sacrée peur, non ? Si vous voyiez la tête que vous tirez, messieurs ! Bien, Semion Semionytch, vous m'avez convaincu: après tout, More ne s'est pas faite en un jour, je conçois donc qu'il en aille de même pour la politique sibérienne. Nous attendrons donc que notre illustre ami Loughinine réalise ce que vous avancez, et ensuite nous ferons notre réforme agraire.

Le prince se leva, et alla jeter un coup d'œil à la fenêtre, l'air profondément désolé.

- Croyez bien que je regrette de m'être emporté, Monseigneur Malyguine ! ... Ah, il n'a pas l'air de m'entendre...

Le prince revint vers ses ministres, haussant les épaules l'air de dire "eh, que peut on bien y faire, si un homme précipité du deuxième étage n'a pas la courtoisie de vous répondre ?":

- En tout cas, je suis heureux que notre collaboration perdure. En effet, dans les semaines qui viennent, tous les patriotes devront s'unir contre la république athée et immorale. Avez-vous vu ce que projette le fourbe Romanovsky ? Il veut placer la police provinciale sous les ordres de quelques siennes créatures affidées ! Nous ne le laisseront pas faire !

Martyrisant à nouveau l'épaule de Semionov d'une main de fer, Fedor Vassilievitch ajouta:


- Au fait, Semion Semionytch, faites moi le plaisir de me donner du Fedor Vassilievitch, nous sommes entre amis, n'est-ce pas ?

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Feodor V. Pojarski



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MessageSujet: Re: A Kalingrad, capitale de la province...   Mer 30 Juin 2010 - 12:20

Affalé dans son bureau situé au premier étage du palais Koprofilov gisait « Fedor Vassilievitch », recru de débauche et de vespérales vilénies. Son corps, revêtu d'un unique caleçon long, crasseux et jauni, exsudait une mauvaise sueur, celle qui accompagne la gueule de bois et les excitations nocturnes.

Fedor Vassilievitch inspectait négligemment son avant-bras, là où la pute l’avait griffé jusqu’au sang, dans un effort désespéré pour sauver sa vie. Pojarski ouvrit la plaie d'un coup d'ongle, et un mince filet de sang sombre, presque noir, perla lentement.

C’était un sang épais et lourd qui coulait dans les veines du Kaukazien. Le sang brutal d’un peuple païen qui végétait depuis des temps immémoriaux dans la pénombre des vallées les plus reculées du Kaukaze. Un concentré de cruauté, d’imaginations malades, de dérèglements effrénés. Des siècles de guerre, de coups de main, d’escarmouches, de vendettas et de razzias avait produit une authentique race de meurtriers qui depuis longtemps avait abandonné le travail de la terre et la transhumance pour ne plus professer que le crime et la rapine.
Un sang propice aux débauches et à une mort violente.

Quel destin étrange, quel dieu joueur avait propulsé Ordjonikidze (qui allait maintenant sous le masque de Pojarski) au milieu des affaires russlaves ?

Lui-même ne le savait pas, et ne s’en souciait guère : Murasibirsk, la Russlavie, n’étaient qu’une nouvelle scène, plus grande que celle des montagnes féroces du Kaukaze, où exercer ses déprédations ; Murasibirsk, la Russlavie, étaient un gigantesque théâtre à sa gloire, à lui, Irakli Akhrameievitch. Il en était l’acteur principal, le jeune premier, et il avait bien l’intention de parfaire sa prestation, avant de quitter les planches, plus que probablement dans le sang et la violence.

La vie n’était qu’une courte farce pleine de bruit et de fureur, racontée par un idiot, et « Pojarski » avait bien l’intention d’en prendre plus que sa part, avant de disparaitre dans les bourrasques sanglantes qui balayaient Terra Nova au début du XXe siècle.

Fedor Vassilievitch fut sorti de ces édifiantes rêveries par une suite de bruits suspects venant du rez-de-chaussée. Des éclats de voix, puis des bruits de botte. On montait quatre à quatre l'escalier. Le prince eut à peine le temps de se lever, que déja les portes s'ouvraient à la volée: une troupe de soldats faisait irruption. Le jeune officier à leur tête éructa d'un ton martial et sévère:


- Pojarski, au nom du Directoire, vous êtes en état d'arrestation ! Veuillez nous...


Sa tirade fut brutalement interrompue par des coups de feu. Avec une célérité proprement incroyable, Pojarski avait sorti d'on ne sait où un petit revolver, et avait fait feu sans hésitations superflues. La mâchoire de l'officier disparut dans une gerbe de buée rose, tandis qu'une fleur rouge s'épanouissait déja sur le poitrail du soldat à sa gauche. En moins d'une seconde, le reste de la troupe se ressaisit, et braqua ses fusils sur Pojarski, mais c'était déjà trop tard: en deux enjambées fulgurantes, le prince se jeta la tête la première à travers la fenêtre et disparu dans le vide, entrainant à sa suite des débris de verre et des balles sifflantes.

Les soldats se ruèrent à la fenêtre, et braquèrent leurs fusils vers le bas, mais là où le pope Malyguine avait fait une chute mortelle quelques mois auparavant, Fedor Pojarski s'était miraculeusement bien réceptionné, et courait déjà comme un dératé vers la ville basse et ses ruelles, où il disparu bientôt...


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Prince Feodor Vassilievitch Pojarski
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A Kalingrad, capitale de la province...
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