La Sainte Russlavie

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Excellences, Altesses, messieurs et mesdames.



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 Opessa, tome 2

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Kassian P. Loughinine



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MessageSujet: Opessa, tome 2   Ven 8 Oct 2010 - 16:46

Opessa, 8 octobre 1910.

L'ex-commissaire Loughinine et l'ex-directeur Arpakine débarquent à la gare d'Opessa, port stratégique situé sur la Mer du Grand Fez. Capitale ruinée d'une Petite Russlavie saccagée, Opessa n'est plus le centre économique grouillant de vie que Loughinine avait découvert en mai 1909.

Le port, en piteux état, n'accueille plus de trafic. Depuis l'île d'Erfuz, où un général-bey semi-indépendant règne dans la terreur et le sang, des pirates turcoses rançonnent les détroits. Le petit commerce n'existe plus depuis les exactions pogromistes de mai 1909 et l'industrie est totalement anéantie depuis le passage dévastateur de Polchak, qui a exterminé la bourgeoisie kadette en juin 1909. Dans la campagne, la famine décime les populations.

- Bonsoir, Votre Haute Noblesse ! Bienvenue à Opessa ! La province reste fidèle au Directoire ! Vive la dictature fonctionnelle ! s'exclame le gouverneur de Petite Russlavie, un obscur avocat palonais, appointé par Arpakine fin juillet.

- Oubliez le Directoire, imbécile !

Le gouverneur est abandonné sur le quai, alors que le général Arpakine, bardé de médailles, et Loughinine, en frac, défilent devant les notables en alternant saluts militaires et embrassades formelles. Le maire d'Opessa, un pharmacien valake du nom de Constantinescu, leur souhaite également la bienvenue :

- Hautes Excellences ! Quel cadeau le conseil municipal pourrait-il bien vous offrir pour fêter ce grand honneur?

- Instituez immédiatement un impôt extraordinaire sur le bois de chauffe et le charbon ! Et transférez le trésor municipal en mon pouvoir ! répond Loughinine.

C'est le tour des officiers de la garnison, un ramas de badernes polchakistes. Tout en méprisant du regard les deux "émissaires", ils se joignent au cortège de bienvenue.

- Piotr Arkadiévitch ! Nous avons servi ensemble à Bursa ! Soyez les bienvenus dans le grenier à grain de la Russlavie ! Quels sont les ordres que doit recevoir la garnison? aboie martialement le général Karpov, polchakiste bien connu momentanément rallié à la république, dont l'allégeance actuelle est relativement mystérieuse.

- Ne devenez pas sentimental, Innokenti Gavrilovitch ! Mon arrivée à Opessa signifie le retour à la discipline ! Faites retenir la solde de la garnison, c'est un ordre ! contre-aboie Arpakine.

Aussitôt, les deux complices s'embarquent dans une automobile en direction du Palais Prokopatine.
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Kassian P. Loughinine



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MessageSujet: Re: Opessa, tome 2   Sam 9 Oct 2010 - 14:00

Palais Prokopatine, 9 octobre 1910.

Loughinine et Arpakine, spoliés de leur pouvoir, tentent désespérément de contrebalancer le coup de force de Romanovsky, qui s'est emparé de l'Etat et de la douma. En fait, ils ignorent tout des véritables acteurs des événements. La résurrection du diabolique Krasstchenko ne leur est pas encore connue. D'autres questions se posent : où est Koutaïssov? Est-il complice du coup d'Etat? Où sont les masses paysannes, sensées soutenir le Directoire? Où sont les Septembristes, et pourquoi n'ont-ils pas encore lancé un contre-coup d'Etat salvateur? Tous des ivrognes et des incapables !

Mais Loughinine et Arpakine ignorent aussi qu'ils sont sur le point de perdre le contrôle de la situation à Opessa. En réalité, celle-ci leur échappe déjà.

Le général Karpov, qui a visité les casernes des 123ème et 49ème régiments de ligne le matin même, a convaincu la soldatesque de l'opportunité de s'emparer de la ville avec la complicité du conseil municipal et du maire valake. Loughinine, Arpakine et le gouverneur fantôche Pilsudzki ne peuvent compter que sur le soutien de la Légion Palonaise, affaiblie par une épidémie de grippe, qui a ses quartiers dans un train blindé privé de locomotive, à l'arrêt dans la grande gare de triage du port.

Le 105ème de ligne, composé de paysans transylvains, a proclamé sa neutralité, de même que la gendarmerie. La milice municipale se joint au coup d'Etat. L'affaire semble dans le sac. A 13h, le 9 octobre 1910, le Plan Jaune se déclenche à Opessa, avec un jour d'avance sur toute la Russlavie...

Le 123ème occupe sans coup férir les bureaux de la Poste Centrale, l'arsenal et le commissariat. Le 49ème, prétextant un changement de la garde, prend possession du Palais Prokopatine et renvoit le 105ème dans sa caserne. Loughinine et Arpakine sont arrêtés.

Le gouverneur Pilsudzki, qui a miraculeusement échappé au guet-apens, réussit à rejoindre la Légion Palonaise, qui végète encore dans son train blindé et qui n'a pris aucune initiative. Sur les 1561 hommes que compte le régiment, 769 sont au lazaret, où ils vomissent leurs trippes. Tant mieux : le régiment n'a en sa possession que 800 fusils !

Alors que les unités mutinées convergent vers la gare de triage pour régler le compte de la soldatesque étrangère, les braves Palonais s'arment avec frénésie, prêts à chèrement défendre leurs vies, et accessoirement Loughinine.
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Feodor V. Pojarski



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MessageSujet: Re: Opessa, tome 2   Lun 11 Oct 2010 - 10:55


Le staccato furibard des mitrailleuses martèle durement les parois blindés du dernier îlot de légalité en Ukhranie.
Des escouades de soldats polchakistes courent à travers les voies de tous côtés, achevant d'encercler le train blindé où se sont réfugiés les Palonais et Pilzduski, sous le regard triomphant des officiers tsaristes qui tiennent enfin leur revanche contre la république tant haïe.

Cela fait bientôt deux jours que les Palonais sont assiégés sur cette vieille gare de triage à quelques pas de la mer. La ville, pendant ce temps là, est abandonnée aux loups et aux fauves. Elle n'en a que trop l'habitude, cette ville qu'un démiurge pervers semble avoir placé au cœur des démêlés de l'Histoire. Le 105° transylvain a raflé une centaine d'otages parmi la petite bourgeoisie qui subsiste encore, à charge pour les familles de s'acquitter avant ce soir de l'impôt fixé: 3 millions de roubles or. Les paysans transylvains font des soldats sagaces: l'apparente misère des artisans, des épiciers et des médecins raflés ne les a pas abusé: comme tout bourjoui, ils dissimulent surement quelque cassette pleine de lingots sous la terre de leur maigre jardin.

Dans le même temps, le colonel de la gendarmerie, Ovsenko, dans un geste pure philantropie (qui le fera plus tard recevoir le titre de Gentil parmi les Gentils) a ouvert ses locaux à la population hébraïte d'Opessa, comme toujours menacée de pogrom: de nombreuses familles s'entassent dans l'enceinte du commissariat central et de la caserne Saint-Christophe. La générosité d'Ovsenko s'étend même jusqu'aux biens matériels: les hébraïtes ont été prié d'emporter avec eux tous leurs avoirs, qui ont été mis en sûreté dans un entrepôt en périphérie de la ville, gardé par les propres fils d'Ovsenko, c'est tout dire !

Furieux de s'être fait filouté, le 49° a installé un vaste bordel dans le Palais Prokopatine; des escouades de ramasseurs ont raflé toutes les femmes un tant soit peu appétissantes et les ont installé dans les vastes salles du palais, au milieu des innombrables bouteilles retirées de la cave à vin du palais. L'entrée est de 2 roubles, la consommation est à 1 rouble et la fille à 3 roubles 50.
La recette collective du régiment s'élève déjà à plus de quatre cent roubles vingt-cinq.

Pendant que tout Opessa fait des affaires, la situation empire pour les Palonais. A dix heures du soir, un capitaine a tenté de parlementer, muni d'un drapeau blanc: à peine sorti de son wagon, il a été déchiqueté par une rafale de mitrailleuse. Un peu avant quatre heures du matin, une dizaine de légionnaires déterminés a tenté de fuir. L'alerte a été donnée, et plusieurs d'entre eux ont été abattu immédiatement, mais certains ont peut-être pu s'échapper à la faveur de l'obscurité vers le port ou le centre-ville.

Dans le wagon blindé de tête, c'est le désespoir. Tout le monde sait ce qui arrivera quand l'ivre soldatesque russlave avide de massacre s'empara des Palonais: des supplices, sans aucun doute ! Certains parlent de se donner la mort, en particulier le capitaine Kanzowski. L'homme est martial, résolu: plutot mourir de sa propre main que d'être écharpé par des troufions déchaînés !
Kanzowski s'arme de courage et de son pistolet, puis sort du wagon, à la vitesse d'un mort (c'est à dire très lentement). Curieusement, aucune rafale de mitrailleuse ne vient le cueillir. Le capitaine avance d'un pas hésitant: toujours rien. Les salauds ! Bande de sadiques ! pense-t-il. Résolu à faire ce qu'il a à faire, le capitaine ferme les yeux et braque son pistolet sur sa tempe. Du côté russlave, toujours le silence, puis un bruit de pas, qui se rapproche. Kanzowski n'ose ouvrir les yeux. Il lui semble que les pas sont à présent tout près de lui: Kanzowski n'en peut plus: il tire. Et alors que sa vie s'achève, sa cervelle projetée atterrit aux pieds d'un officier russlave porteur d'un drapeau blanc.
Après avoir porté un regard soucieux à son drapeau pour s'assurer qu'il n'a pas été souillé par l'indélicat Palonais, le plénipotentiaire russlave reprend sa route vers le wagon, agitant bien haut son drapeau, indifférent aux fusils pointés sur lui.

Serait-ce donc possible ? Karpov négocie ?

_________________
Prince Feodor Vassilievitch Pojarski
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Kassian P. Loughinine



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MessageSujet: Re: Opessa, tome 2   Jeu 21 Oct 2010 - 1:27

Opessa, 20 octobre.

Le notaire Kassian Pavlovitch Loughinine, conduit devant une cour martiale extraordinaire, doit répondre de ses actes. L'homme qui fut ministre et dictateur, forçat et commissaire, menchevik puis trudovik, n'a plus que sa fierté. Il la parade avec tout ce qui lui reste d'assurance. Pieds enchaînés, son seul poignet menotté à celui d'un sabreur du 18ème cirkassien, il se lève devant ses juges et futurs bourreaux.

- Je suis non coupable !

Non coupable de la mort du Généralissime Dmitri Igorevitch Niviakov, héros militaire et populaire, fusillé le 18 juillet 1908.

Non coupable du coup d'Etat réactionnaire du 5 septembre 1908 et de l'assassinat, le même jour, du merksiste Gleb Molotov, démocrate notoire.

Non coupable du massacre de Prikazkovo-sur-le-Don, où, entre le 27 et le 29 mai 1909, toute la population fut sauvagement égorgée par la cosaquerie républicaine du III Corps pour venger un attentat tsariste contre le Palais Prokopatine. Attentat ayant causé la mort de trois chevaux et d'un chien errant.

Non coupable de l'assassinat du prince Dzimboum Khan, philanthrope kriméen, décapité en compagnie de ses trois fils le 9 août 1909 à Païkalskovo, après le décès accidentel de l'Amiral Polchak.

Non coupable de l'assassinat du cordonnier Moïssei Zwetschkenbaum, de son épouse et de leurs cinq enfants, surpris durant leur déjeuner du 12 août 1909 et coupés en morceaux par la soldatesque pogromiste du régiment "Rayvolussion et Etadedroua" dans le cadre de la seconde libération d'Opessa.

Non coupable du lynchage du professeur Lavrenti Innokentovitch Zarinski, astronome de renom intermicronational, pendu au vingt-troisième lampadaire du Koutouzoff Prospekt, à Opessa, le 12 août 1909.

Non coupable ! Et encore non coupable !

- Accusé Loughinine, la longue traînée de sang que vous laissez derrière vous depuis si longtemps cessera ici. Vous connaîtrez enfin votre châtiment mérité, vous expierez enfin vos crimes affreux. Vos victimes - innombrables ! - recevront leur vengeance !

Loughinine, le regard noir et la bouche sèche, observe son interlocuteur. Celui-ci, revêtu de la belle toge du justicier, n'est autre que... le général Piotr Arkadiévitch Arpakine en personne !

Cet énième rebondissement, plus spectaculaire encore que tous ceux vécus par Loughinine durant son cursus honorum tourmenté, le mènera sans doute plus proche de la mort que l'avait fait la fameuse bataille de Mitrovski !
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Ozy Krasstchenko



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MessageSujet: Re: Opessa, tome 2   Jeu 21 Oct 2010 - 4:15

Dans l'audience, deux officiers du gouvernement Krasstchenko observe en silence le spectacle qui s'offre devant eux. Loughinine semble cette fois prit dans un véritable bourbier. Le Régent a donner ordre d'assister à la cour martiale sans intervenir. Ils prennent des notes et regardent ce qui s'y passent. Le Grand-Duc meurt d'envie de voir mourir ce bourreau diabolique et qui a provoqué sa chute à Mitrovski. Une fois passé par les armes, il serait une menace de moins pour sa régence. Toutefois, conscient qu'un homme tel que lui pouvait être utile contre le Jaton, il fit garder un oeil sur lui.

Le spectacle était plutot sombre. Jadis, Loughinine avait été un militaire, défenseur de la classe prolétaire moujik. Il avait redonné des espoirs à l'Armée Impériale de se réformer et de retrouver son lustre. Malheureusement, sa soif de pouvoir avait finit par provoquer sa déchéance. Le Régent avait bien publié un décret impérial pour l'homme, les messages ne se rendaient pas très vite en province.

Les deux hommes compatissaient avec le manchot. Son égo devait en prendre un sale coup.
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Le Secrétaire



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MessageSujet: Re: Opessa, tome 2   Sam 23 Oct 2010 - 12:34


La justice, cette farce inique. Voilà à quoi devait songer Kassian Pavlovitch alors qu'il promenait d'un regard las son arrogance superbe et fatiguée sur la brochette d'imposteurs et de judas qui avaient entrepris de mettre fin à sa carrière.

Et quelle carrière ! Combien paraissaient lointains les temps où Loughinine, alors insignifiant notable de province, montait à la Capitale, alors en pleine effervescence, elle qui faisait brutalement connaissance avec la démocratie parlementaire, cet hoquet trouble et violent qu'on appela "Démocratie de Mars" ou "Monarchie de Novembre", pluralité d'appellations qui caractérisait bien l'incertitude dans laquelle gisait (et gît toujours) la Russlavie, dont les repères avaient été irrémédiablement jetés à bas par le renversement de l'Autocratie.

Epoque trouble et inquiète où un tâcheron anonyme se trouvait propulsé en l'espace de quelques semaines de l'obscurité au ministère, en passant par un rôle de poids à la douma en tant que chef de la fraction menchevique. Mais Loughinine avait été à la hauteur de la pièce de théâtre qu'une destinée mâtine avait décidé de lui faire jouer: il s'était révélé l'un des hommes les plus influents - sinon scrupuleux - de la Monarchie de Novembre. "Chien sanglant du régime", il avait brisé la menace niviakoviste, écrasé les panslavistes, et forcé les merksistes à emprunter le chemin de la collaboration avec le régime "bourgeois" instauré par la clique Maï-Maievski.

La justice, cette farce inique. On le jugeait maintenant pour ces mêmes faits qui avait reçu l'approbation - et le soulagement - de ces juges odieux et outrés. Le Coup d'Etat de Septembre ? Mais tous y avaient trempés, d'une manière ou d'une autre !

Une pantomime burlesque et sanglante, c'était ainsi que se présentait la civilisation en ce début de XXe siècle, un colosse d'airain aux pieds déchiquetés. Tout était joué, et l'existence du vieux trudovik allait certainement s'achever bientôt, une fois finie cette parodie de justice...


- ... Et nous plaiderons toujours non coupable, Votre Haute Excellence ! claironne une voix tendue, stridente, en réponse aux dernières affirmations du général-juge Arpakine. Un murmure de stupéfaction outragée s'empare de la salle alors que les têtes rougeaudes et les épaules galonnées qui peuplent l'assistance se tournent vers les portes, qui viennent de s'ouvrir brutalement sur un individu totalement inopportun: l'ex-avocat, ex-député Iraklion Dmitrievitch Menchikov, qui s'avance maintenant d'un pas martial et volontaire à travers l'allée centrale, adressant un signe de connivence à un Loughinine éperdu qui décidément a bien du mal à suivre les développements anarchiques de sa propre histoire.

Mais que peut bien faire Menchikov à Opessa ? L'explication est simple (quoique...). Après la dissolution de la douma, le jeune démocrate n'a rien trouvé de mieux que de proposer ses services au Directoire, où il eu la joie de travailler comme secrétaire général du sous-comité aux relations avec l'Etat-major. Lorsque le Directoire fut renversé par une harangue maréchaliste devant une douma dissoute et ressuscitée, Menchikov suivit la fuite des Directeurs à Opessa, dans l'idée d'y créer un bastion démocrate et républicain. Arrivé sur place, il du vite déchanter: Arpakine et consorts n'avaient aucunement l'intention de défendre la République, et encore moins la démocratie. Rapidement mis sur la touche, l'ex-député indépendant ne pu qu'assister en spectateur impuissant aux événements des derniers jours, depuis la fenêtre de la méchante chambre d'hôtel où il avait élu domicile, au milieu des bouteilles vides, des mégots de cigarette et des feuillets dispersés du grand œuvre historico-littéraire (un "réquisitoire contre le siècle") auquel Menchikov consacrait ses énergies... Énergies auxquelles il venait manifestement de trouver un nouvel exutoire.



I.D. Menchikov, avocat, député, démocrate, écrivailleur. Un homme de bien, en somme.


- Que ?... Qui êtes-vous, que faites-vous ici, et à qui ais-je l'honneur ? bredouille Arpakine, vaguement décontenancé (mais soyons indulgents, c'est son premier procès - du moins en tant que juge).

- Menchikov, Iraklion Dmitrievitch, serviteur monsieur ! Je suis l'avocat de l'accusé ! Vous n'alliez tout de même pas rendre justice sans donner la parole à la défense ?


La rumeur enfle. Arpakine, paniqué, jette des regards implorants à Karpov, à Sokolov, à Chingarev, et à tout un ramas d'officiers dont les noms ne valent pas la peine d'être retenus. Doit-on faire fusiller sur le champ cet imbécile ?

Cet imbécile qui, soit dit en passant, semble, ici et maintenant, personnifier la démocratie: dans ce tribunal de pacotille rempli de badernes polchakistes, krasschenkistes, septembristes ou simplement opportunistes, cet homme encore jeune, vêtu en civil, semble être l'incarnation vivante de cette démocratie qu'on est en train d'assassiner d'Opessa à Svetivostok, crime dont Loughinine est la victime expiatoire - et bien involontaire.


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Kassian P. Loughinine



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MessageSujet: Re: Opessa, tome 2   Lun 1 Nov 2010 - 2:20

Alors que la grande politique suivait son cours dans le reste de la Russlavie, une étrange mascarade agitait les protectorats de l'Ouest, et la Petite Russlavie tout particulièrement.

Le nouveau pouvoir de la clique de Krasstchenko ne s'y imposait qu'à travers le Quartier-Général d'Opessa, une sorte de junte qui contrôlait imparfaitement les provinces avec l'aide de troupes imparfaitement loyales.

D'importantes sommes d'argent avaient été injectées récemment dans la région, soit pour régler la solde de la troupe, soit pour acheter du matériel ou encore pour en construire. De l'argent perdu ! La complexe hiérarchie de la corruption institutionnalisée s'était mis en branle. Les premiers servis étaient naturellement les généraux du Quartier-Général. Arpakine, Sokolov, Karpov, Chingarev et les autres engloutissaient des millions de roubles par mois. Ensuite venaient les officiers subalternes bien placés, tels que les aides de camp, les télégraphistes, les chefs de section du QG, les sections affectées aux trains blindés, etc. Puis, c'était le tour des éléments spéciaux, comme par exemple des cosaques du régiment "Tête de Mort", de la "Division Sauvage", du 18ème cirkassien ou encore du fameux régiment pogromiste "Révolution et Etat de droit". En passant, les généraux n'oubliaient pas de calmer la soif des acteurs parallèles. Le maire d'Opessa - le valake Contantinescu, puissant relais des indépendantistes -, les soviets de soldats, le syndicat des cheminots, la gendarmerie, le métropolite, divers propriétaires terriens, les consuls du Jaton et d'Edoran et le général-bey d'Erfuz recevaient tous leur part du gâteau.

Ce n'est qu'une fois cette large distribution terminée que les fonds retrouvaient leur chemin initial. On remit à chaque colonel 110 roubles, avec lesquels il devait se débrouiller pour régler la solde de son régiment, pour remplacer le matériel manquant et pour se procurer de nouvelles recrues afin de compléter ses effectifs. Les régiments de cavalerie reçurent 15 roubles de plus : pour le fourrage et les fers à cheval. Quand le colonel ne retenait pas cet argent de poche pour son usage personnel, le troufion de base touchait quelques kopecks.

Le lieutenant-colonel Semionov reçut l'ordre de porter 2'000 roubles en or jusqu'au chantier naval, pour que l'on y prépare les bassins et que l'on y débute la construction de grands bâtiments de guerre. Comme il ne trouva personne sur les lieux, et qu'il put constater l'ensablement définitif des bassins - tout comme la destruction générale de l'infrastructure industrielle -, il se prit la liberté d'investir cet argent ailleurs, en achetant pour son compte trois bordels et un ancien lieu de culte hébraïte.

Loughinine, dans sa prison, se lamentait auprès de son avocat improvisé. De quoi se lamentait-il ? De ce terrible gaspillage qui saignait la Russlavie Immortelle ?

- Vous vous rendez compte, Iraklion Dmitrievitch ? Si nous avions senti le vent tourner au bon moment, nous participerions à la curée ! Damnation ! Mille fois damnation !

Menchikov, dont l'enthousiasme pour le héros démocrate Loughinine ne cessait de croître, et ce malgré la proximité - et la franchise - de ce dernier, s'attelait justement à présenter à son nouveau client la stratégie de défense qui devait les sauver tous les deux d'une mort certaine aux mains d'Arpakine et ses nouveaux complices polchakistes.
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Iraklion Menchikov



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MessageSujet: Re: Opessa, tome 2   Lun 1 Nov 2010 - 3:40

De prime abord, Menchikov avait été un peu surpris : il n’avait pas très bien compris pourquoi, après avoir écouté patiemment son vibrant plaidoyer en faveur de la République, de l’Etat de Droit et de la Démocratie, la foule ne l’avait pas acclamé triomphalement, pendant que le général Arpakine, mort de honte et de confusion, relaxait immédiatement Loughinine qui, porté en triomphe jusqu’au palais Koropatkine, déclenchait immédiatement une contre-contre-révolution victorieuse qui balayait Krasschenko comme une négligeable scorie. Alors, loin des ors palatins qui l’avaient un temps attiré, le vieux Kassian Pavlovitch proclamait le retour de la République devant un parterre représentant « le peuple en liesse », sur un fond d’usines dont les cheminées annoncent aux cieux l’avènement du nouveau siècle. Ensuite, l’auguste Kassian Pavlovitch était assez bon pour inclure le jeune Menchikov dans son gouvernement, et ensemble, le vieux trudovik et le jeune radical s’attelaient à la construction d’un avenir doré et démocratique pour le peuple russlave.

Mais, non, curieusement, les choses ne s’étaient pas passées de cette manière, et Menchikov se trouvait maintenant au fond d’une geôle humide et obscure, ce qui n’était pas très bon pour ses bronches, comme n’aurait pas manqué de lui faire remarquer sa vieille mère, à la merci (Menchikov, pas sa mère) d’une soldatesque avinée et violente qui les insultait copieusement, lui et Loughinine…

Mais c’était justement là le bon côté des choses : Menchikov avait la chance inouïe de se trouver auprès de son héros, le grand Loughinine lui-même ! Ah bien sur, Iraklion Dmitrievitch n’ignorait pas tous les errements de son idole, ses compromissions, et les rumeurs qu’on racontait sur sa prétendue vénalité, etc… Mais Menchikov, lui, n’oubliait pas que Loughinine avait été un tribun de la démocratie, tant comme menchevik que trudovik, et qu’il avait prononcé à la Douma de vibrants et puissants discours dont Menchikov connaissait les meilleurs passages par cœur : un homme qui savait défendre la démocratie et la patrie avec une si grande force de persuasion ne pouvait être qu’un démocrate sincère !

Et voilà maintenant que le grand homme était à ses côtés ! Oh bien sûr, Menchikov aurait sans doute préféré le côtoyer sur les bancs de la douma, mais n’est-ce pas dans l’adversité que se forge le destin des grands hommes ?
Iraklion Dmitrievitch écoutait attentivement le grand homme : il ne perdait pas une miette de ses paroles. Il ne comprenait pas tout, mais c’était sans importance : un jour, la lumière se ferait jour en lui et il comprendrait le génie visionnaire qui s’exprimait dans les réflexions apparemment très prosaïques de son camarade de cellule.

Mais, malgré son idéalisme indestructible, Iraklion Dmitrievitch n’était pas sot : la situation très critique dans laquelle se trouvaient ceux qui semblaient être les deux derniers démocrates de Russlavie ne manquait pas de l’inquiéter. Il était probable que, d’un jour à l’autre, le verdict serait rendu, et il n’y avait absolument aucune chance pour qu’il signifie autre chose que la mort. A moins que la junte ne juge même pas utile de préserver les formes et décide de faire massacrer les deux prisonniers dans leur cellule. Il fallait trouver quelque chose, où c’était la fin. Une stratégie, voilà ce qu’il fallait. Mais il avait beau se creuser la tête, Iraklion ne trouvait rien : il était assez malin pour savoir que ses vagues rudiments de judiciaire ne le serviraient de rien dans cette farce macabre qu’Arpakine s’obstinait à appeler procès. Menchikov, lui, ne pesait rien, c’était entendu. Mais Loughinine, avait-il quelque chose à monnayer ? Un reste d’influence, un trésor caché (car Menchikov acceptait ce petit travers de son héros), des amis haut placés ? Voilà les questions que posa Menchikov à Loughinine. Sinon, il restait l’évasion pure et simple, ce qui était peut-être l’opération la moins improbable : la garde était constamment saoule et sans doute aisément corruptible.
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Kassian P. Loughinine



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MessageSujet: Re: Opessa, tome 2   Ven 26 Nov 2010 - 19:33

- Je connais vos sympathies pour les peuples allogènes, Iraklion Dimitrievitch, mais l'ordre que nous avons donné était le terrible prix à payer pour notre libération.

Pogrom !

- Pensez donc, Iraklion Dimitrievitch, au sort qui nous était réservé ! Notre nature humaine nous a ordonné de sauver nos vies - compulsivement, inconsciemment, forçant toutes nos convictions !

Pogrom !

- N'oubliez pas, Iraklion Dimitrievitch, que l'histoire nous jugera avec clémence. Les générations futures reconnaîtront notre lutte sincère en faveur de la démocratie et comprendront le dilemme bytanzin dans lequel nous nous trouvions !

Pogrom !

Loughinine, sincèrement compatissant, a pris son jeune protégé Menchikov dans les bras, l'étouffant dans une virile embrassade; puis, le laissant à sa naïveté, a quitté le compartiment et s'est dirigé vers la voiture de commandement du train.

Et alors que le wagon tremble dans des saccades régulières, Menchikov n'entend plus qu'une chose : "pogrom, pogrom, pogrom,... !" Dans sa tête, qu'il tient fermement entre ses mains - comme pour l'empêcher de se détacher -, retentit l'appel de sa conscience incorruptible. "Qu'as-tu fait ?"

La question est légitime ! Et une autre s'impose naturellement à l'esprit de n'importe quel intéressé : comment, usant de quels stratagèmes cachés, activant quels leviers secrets, par le moyen de quelle tromperie, de quel mensonge, Loughinine a-t-il une fois de plus réussi à complètement retourner une situation totalement désespérée ? Pour une meilleure compréhension de la très complexe intrigue qui a mené à ce nouvel état de fait, il importe de revenir aux sources de l'action.

C'est la missive du 1er novembre 1910 ordonnant le départ vers Murasibirsk des généraux Arpakine et Karpov - premier acte du généralissime Pojarski fraîchement nommé - qui précipita le Quartier-Général d'Opessa, et avec lui tout le petit monde politico-militaire de la province, sur une pente dangereusement glissante.

Le fragile ordre public, imposé à la région par le comportement brutal de la soldatesque et par les dispositions intransigeantes du gouvernement militaire présidé par Arpakine, reposait en fait essentiellement sur le système de corruption institutionnalisée géré par Karpov. Le général Arpakine, fin jongleur politique, et le général Karpov, dont les talents de trésorier avaient même pu être appréciés par l'amiral Polchak, constituaient les clés de voûte du château de cartes d'Opessa.

Le cosaque Sokolov, brave soldat ne comprenant rien à la politique, se transformait en temps de paix en un coureur de jupons ayant des préférences pour les femmes noordzeelandaises. La fameuse journaliste Johanna Debecker avait d'ailleurs pu expérimenter ses manières intrusives lors d'une mémorable (més)aventure gornogradienne. Le kriméen Chingarev, quant à lui, ne savait ni compter, ni lire et se reposait, pour tout ce qui n'était pas de l'action guerrière directe, sur son ami Sokolov.

Karpov et Arpakine, en quittant Opessa pour Murasibirsk le 3 novembre 1910, avaient embarqué sur leur train une grande partie de l'argent accumulé par le Quartier-Général - pour acheter Pokarski - et avaient "oublié" de prendre Loughinine et Menchikov - pour conserver un moyen de pression envers l'étrange Prince-Généralissime-Premier Ministre de Krasstchenko.

Les constellations de pouvoir se trouvèrent immédiatement changées à Opessa, lorsque Sokolov et Chingarev, le 10 novembre, ne livrèrent pas les "cadeaux" réglementaires aux différents acteurs de Petite Russlavie. Les troubles qui s'ensuivirent valurent à Opessa plusieurs jours de combats désorganisés. Les cheminots tiraient sur les Paloniens, les gendarmes tiraient sur les cosaques, les Ukhraniens sur les Valakes, les citadins sur les paysans et le 18ème cirkassien bombardait le pensionnat de jeunes filles de bonne famille où s'étaient retranchés les consuls edoranais, noordzeelandais, jatonnais et siegbourgeois.

Les constellations changèrent à nouveau, de manière extrêmement brusque, avec l'arrivée en ville des trois mille cosaques du fameux régiment pogromiste "Révolution et Etat de droit". Sous l'impulsion de ces charismatiques soudards, toutes les factions rivales ou presque se coalisèrent contre ceux qui étaient connus dans tous les protectorats comme les ennemis mortels de tous les Slaves : les hébraïtes. Ceux-ci, réfugiés dans la caserne Saint-Christophe et certains de leur destin, avaient déjà commencé à se suicider par familles entières.

Seuls les gendarmes du colonel Ovsenko et la milice municipale du maire Constantinescu s'opposèrent au massacre qui se préparait. Ils reçurent le soutien de Sokolov et Chingarev, qui, pour des raisons qui ne seront jamais connues, s'opposaient aussi à cette boucherie, du moins sous cette forme-là !

Le régiment "Révolution et Etat de droit", comme son nom l'indiquait, était composé de rigoureux légalistes. Ils ne pouvaient en aucun cas, quelle que soient les circonstances, prendre de décision sans l'assentiment d'une autorité hiérarchique importante.

C'est à ce moment-là que l'on vint chercher Loughinine et Menchikov dans leur prison pour leur demander, sous la menace de revolvers, de donner l'ordre d'assaut sur la caserne Saint-Christophe. Ordre que Loughinine donna sans sourciller, fidèle à sa stature d'homme d'Etat.

Le 23 novembre devait entrer dans l'histoire comme le jour où la ville d'Opessa disparut définitivement de la surface du Micromonde. Les mots ne suffisent pas pour décrire l'ampleur de la tuerie générale. Mais certains destins individuels méritent d'être souvenus. Les héros Sokolov et Chingarev moururent dans le bouilleur d'une locomotive, dans lequel des Paloniens furieux les firent griller. Le vieux Constantinescu, encore vivant, fut étranglé avec ses propres trippes. Ovsenko et ses frères, cherchant à défendre quelques biens acquis le mois précédent, furent défigurés au point qu'on ne put plus différencier leurs dépouilles. Fait intéressant : le consul noordzeelandais Rijsel et le consul siegbourgeois Brandt, confondus avec des prisonniers de droit commun durant la pagaille, furent pendus à des lampadaires.

Nota bene : Si, de nos jours, l'on parle encore d'Opessa, il ne s'agit pas de cette Opessa-là, joyau architectural, port très fréquenté sur la Mer du Grand Fez, mais bien d'Opessa-sur-le-Don, petite bourgade située à une cinquantaine de verstes des ruines de l'ancienne.


- Ah ! Vous avez l'air de mieux vous porter, Iraklion Dimitrievitch ! Regardez par la fenêtre, nous approchons de Tougoulym, la capitale des cosaqueries du Don. Nous y déciderons de l'attitude à adopter devant les nouveaux maîtres de la Russlavie. expliqua Loughinine à Menchikov, étant revenu dans le compartiment après une séance tenue dans le wagon de commandement avec les officiers du régiment "Révolution et Etat de droit".
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MessageSujet: Re: Opessa, tome 2   Aujourd'hui à 20:54

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