La Sainte Russlavie

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Citation :
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 Une esquisse de conspiration

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Feodor Pojarski

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MessageSujet: Une esquisse de conspiration   Jeu 18 Jan 2018 - 16:31

Chaque jour qui passait rendait plus probable le retour de Karénine aux affaires. Les milieux patriotiques avaient longtemps espéré que le Souverain userait de son pouvoir d'influence pour mettre des bâtons dans les roues du colonel KD, donnant ainsi la possibilité à Andronikov de se profiler comme le candidat le plus évident à sa propre succession.

Malheureusement, l'Autocrate et la coterie de courtisans qui l'entouraient semblaient favoriser un ministère libéral, pour des raisons inexplicables aux yeux des milieux patriotiques. L'apparente passivité d'Andronikov et des modérés du PIR ne faisait qu'ajouter au désarroi qui régnait chez les officiers russlaves. Ceux ci se réunissaient derrière des portes fermées, et dans l'atmosphère enfumée des clubs, ils conspiraient.

L'absence de Pojarski était universellement considérée comme une calamité. Quelque fussent leur opinion du personnage, tous les officiers tombaient d'accord pour considérer que si le prince Fiodor Vassilievitch avait été là, il aurait déja tenté un coup de force pour interrompre le processus constitutionnel. Nulle action ne pouvait être entreprise sans le concours du prince.

Des messagers faisaient l'aller retour entre Murasibirsk et le Kolozistan. Il se murmurait dans les clubs d'officiers que Pojarski avait accepté le principe d'une intervention. On disait qu'il préparait son retour clandestin en Petite Russlavie, à Poursk, où la Division kaukazienne était stationnée et attendait son arrivée pour marcher sur Murasibirsk. Les commandants de la Légion Palonienne avaient été contactés, et avaient répondu positivement. Des officiers de la Garde avaient promis leur concours. L'ataman Bolbotoun avait envoyé un émissaire secret auprès de la garnison cosaque de la Capitale. Le général Karpov, discrètement sondé, n'avait pas exclu la possibilité d'accepter la dictature si Pojarski la lui offrait.

Tout cela était beaucoup. Mais tout cela était aussi très peu. On ignorait entièrement quelle serait la réaction de la troupe face à un coup d'Etat. De nombreux officiers subalternes, acquis aux idées libérales, tenteraient probablement de s'y opposer. Il était à craindre que le Souverain lui même condamne le bouleversement de l'ordre constitutionnel. Les conspirateurs étaient très conscients du risque d'échec, qui signifierait sans doute une purge des cadres de l'armée, ou peut être même une guerre civile.

En définitive, l'affaire ne dépendait que pour une part du retour de Pojarski en Russlavie. Si celui ci parvenait à se glisser en Petite Russlavie sans éveiller l'attention des autorités, s'il annonçait son intention de marcher sur Mura', alors la partie était peut être jouable. Mais pour vraiment réussir, elle dépendait aussi et surtout de la position du PIR: si Andronikov et consorts se décidaient à soutenir les conspirateurs ou non, à leur donner ne fut ce que leur blanc sein, alors, oui, peut être serait il possible d'épargner à la Russlavie un gouvernement à la solde des Franc charpentiers.

_________________
Prince Feodor Vassilievitch Pojarski
Colonel du 1er Régiment cosaque "Révolution & Etat de droit"
Commandant du Corps Expéditionnaire Russlave au Kolozistan


Dernière édition par Feodor Pojarski le Lun 22 Jan 2018 - 12:16, édité 1 fois
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Diplomatie du Kolozistan

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Jeu 18 Jan 2018 - 21:09

Le Kolozistan voyait d'un mauvais oeil l'accession de Karenine au pouvoir. Pour beaucoup il était au Kolozistan, un crypto-Yssois et un crypto-Mullerien. C'est pour cette raison qu'après le refus de Karenine d'intégrer le Kolozistan à l'Union des Slaves, l'ancienne présidente avait prit le loisir d'interdire à Karenine l'entrée sur le territoire Kolozistanais, quelque soit sa fonction.

Pour le PRK, c'était une double mauvaise nouvelle, le PCD étant pour eux une mouvance de gauche à obédience socialiste.

Questionné subtilement par un subalterne de Pojarski, l'état major Kolozistanais avait émit la possibilité de facilité le trajet de Pojarski et dans une autre mesure de le soutenir si le projet n'était pas fiasco immédiat.
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Maison de Livadia

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Jeu 18 Jan 2018 - 21:44

Le clan Livadia gardait un œil sur la situation n'ignorant rien des mouvements conspirationnistes qui agitaient subrepticement l'armée. Lev Ier n'ignorait pas que l'annulation de son banissement tenait à l'obligation de se tenir tranquille. Il attendait d'en savoir plus avant de s'engager dans une action illégale mais moralement louable puisqu'elle devait éviter à la Russlavie le gouvernement d'idéologues merksisants.

En qualité de colonel de la Garde, Lev fit expédier plusieurs sections composées de solides gaillards "sûrs." auprès de Pojarski. Pour eux comme pour le Roi titulaire de Livadia, la gloire et la stabilité de la millénaire Russlavie ne saurait dépendre d'un contrat social de moins de dix ans ...

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Prince Andronikov
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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Jeu 18 Jan 2018 - 22:47

En ne le recevant pas après les élections, le Tsar avait affligé à Andronikov une humiliation dont le Prince s'était fait une raison ; c'était le lot des courtisans. Il avait appris la nomination de Karénine à l'issue d'une chasse dans son domaine d'Andronikovskoïe Selo, aux abords de la capitale. Il comprit ainsi son éviction du gouvernement dont il avait été le maître. A la nouvelle on l'aurait entendu dire : "Si le Tsar veut perdre sa Couronne, il en est bien le maître !".

Le prince avait reçu une lettre de Karénine lui proposant de se rencontrer. Il ne regardait pas d'un bon oeil l'arrivée au pouvoir de ce colonel libéraux accompagné d'une clique de républicains et de crypto-merksiste, revancharde et désireuse d'abaisser la Couronne et l'Eglise.

Le Prince ne souhaitait pas s'associer à ces gens là. Cependant perdant la présidence du conseil, il avait perdu sa carte maîtresse, et craignait désormais une chose : la scission du PIR en une aile libérale et une aile radicale. Il fallait maintenir l'unité. Il voyait dans l'Opposition parlementaire sans concession, le seul moyen de revenir au pouvoir. Il convoquerait un bureau exceptionnel. Les élections n'étaient après tout que dans deux mois désormais.

Il eut vent des rumeurs affirmant qu'une conspiration se préparait. Pour l'heure, il choisissait de ne pas y prendre part, décidant d'attendre, de se hisser au rang de premier opposant afin d'ainsi se placer en position de recours.
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Leonid Ztalinov

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Ven 19 Jan 2018 - 0:17

Les turpitudes de la Sainte-Russlavie était passait bien au-dessus de la chapka de Léonid depuis qu'il perdit son pouvoir sur la province de Petite-Russlavie. L'ancien despote local aima à concentrer un pouvoir politique, militaire et religieux dans ses mains durant quelques années avec la bénédiction de l'Etat centrale et l'aide financière et matérielle d'un Edoran autrefois omniprésent dans la province.

S'il perdit le pouvoir en droit, il garda une influence sur la Petite-Russlavie en fait. Et quand il eu vent par quelques amis au sein de la Division kaukasienne que le Prince Pojarski souhaitait rétablir la grandeur de l'Empire et chasser du pouvoir les idées et les individus ayant déjà par le passé prouvé leur nuisance, il se lança...

Usant de son passé de pope et de théocrate absolu du territoire, il fit relayait dans les paroisses de Petite-Russlavie que l'on cherchait des hommes dans les campagnes.

Le même message passa dans les mines de fer, les forges, les hauts-fourneaux, les fonderies et autres usines métallurgiques qui emplissaient le Kraï et qui en faisait sa renommée dans l'Empire...

Bientôt Ztalinov pouvait compter sur 600 à 700 gaillards de Petite-Russlvie.

Ainsi était levée la "Milice de Fer".

Et celle-ci serait au service des véritables maîtres de la Russlavie...
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Feodor Pojarski

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Ven 19 Jan 2018 - 20:08

Pojarski n'avait pas eu trop de mal à retourner en Petite-Russlavie, aidé en cela par les autorités kolozistanaises et par l'absolue loyauté des officiers du Corps Expéditionnaire Russlave. Il était passé à travers la ville de Lebronovsk comme une ombre, et ce n'était qu'à son arrivée à Poursk, capitale de la Petite-Russlavie, que le gouvernement russlave avait enfin réalisé que le prince avait quitté son commandement kolozistanais.

Comme prévu, la Division kaukazienne, forte de 5.000 Tcherkesses et Cosaques du Kaukaze, l'attendait à Poursk. Le ralliement de Ztalinov était une surprise bienvenue. L'ancien autocrate de Petite-Russlavie craignait sans doute de voir son influence féodale menacée par un gouvernement libéral décidé à répandre la démocratie dans les provinces. Pojarski assura immédiatement Ztalinov que tout serait fait pour le restaurer dans son titre de Voïvode, avec toutes sortes de prérogatives sur le territoire petit-russlave.

Cependant, la situation restait incertaine. Pojarski avait espéré recevoir le ralliement du clan de Livadia, sur lequel il comptait pour susciter un soutien au coup d'Etat dans l'est du pays. Or, les Livadski demeuraient dans un attentisme prudent.

Il en allait de même pour le prince Andronikov et, de manière générale, les dirigeants du Parti Impérial Russlave.

Il était important de noter que le prince Pojarski n'était pas encore entré en rébellion. Le gouvernement feignait encore de traiter son retour en Petite-Russlavie comme parfaitement innocent, et lui-même n'avait encore fait part de ses intentions à personne, en dehors d'un petit noyau d'officiers en Petite-Russlavie et dans les deux Capitales.

En vérité, Pojarski hésitait. Il savait que, à moins d'être un succès immédiat, le putsch plongerait la Russlavie dans l'incertitude, à un moment où la situation au Kolozistan nécessitait un gouvernement stable et sûr de sa force. Le risque d'échec, qui signifierait à nouveau l'exil, ou pire, le bagne, n'était pas non plus négligeable.

Hésitant en ces heures fatales, Pojarski décida de prolonger l'ambiguïté le plus longtemps possible. Justifiant ostensiblement son retour au pays par la nécessité de réorganiser les réserves et l'approvisionnement du Corps Expéditionnaire au Kolozistan, le prince annonça son arrivée prochaine à Murasibirsk pour conférer avec la Stavka.

Afin de ne pas se jeter tout nu dans la gueule du gouvernement, Pojarski ordonna que la Division kaukazienne fût envoyée au Camp militaire de Murasibirsk, afin d'y être ré-équipée et remontée, un ordre qui fût confirmé par la Stavka sans mettre le Ministre de la Guerre au courant. Des instructions secrètes furent également adressées aux officiers favorables de la région murasovienne, afin qu'ils se tiennent prêts à toute éventualité.




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Diplomatie du Kolozistan

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Ven 19 Jan 2018 - 20:36

Si le Kolozistan était officiellement sans chef, la vérité était qu'actuellement, le PRK tirait les ficelles en contrôlant l'armée, quasiment toutes les municipalités et les renseignements.

La guerre au Kolozistan avait été terrible mais elle c'était surtout les civils qui avait trinqué, l'armée de terre s'étant contenter de se replier sur Dzerjinks et Novogrod durant les premiers jours.

Ces deux zones avait été épargné et durant la guerre, les usines d'armements avaient tourné à plein régime. D'un coup, le Kolozistan se retrouvait avec un surplus d'arme en temps de paix.

L'état major Kolozistanais qui suivait les actualités Russlaves et qui ne voulait pas qu'un anti-Kolozistanais accède à la haute fonction prit soin subtilement, d'informer l'armée à Dzerjinks. Les troupes quasiment toute Russlavophile (Même les Merksistes respectent le Tsar, c'est dire !) qui peuplait à foison le Kolozistan furent choquées par des informations plus ou moins vrai sur Karénine. Pour dire vrai, le Kolozistan ne connaissait pas le problème libéral de la Russlavie, le libéralisme Kolozistan se contentant de vouloir créer une économie capitaliste de préférence nationale.

Parmi les principales rumeurs, on pouvait noter :

- L'homosexualité de Karénine qui se ferait prendre chaque semaine par des groupes dans sa demeure.

- La volonté du PCD de permettre l'ascension d'un membre de la famille Muller dans le pays.

- Le fait que Karénine prévoit de remplacer tous les cadres de la Russlavie (administration, armée, etc) par ses proches.

Des groupes de volontaires s'armèrent et proposèrent à Pojarski de l'aider dans son oeuvre de sauvetages de la Russlavie.

On pouvait compter quelques milliers de Kolozistanais, militaires comme civils.






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Maison de Livadia

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Ven 19 Jan 2018 - 22:48

Livadia connaissait la roublardise des négociations entre Russlaves. Ceux-ci ne disaient jamais les choses franchement. Ils s'exprimaient avec des périphrases, des litotes et des allusions et les étrangers ne comprenaient rien. Pojarski, plus que tout autre, maîtrisait cet art subtile. Quand Lev l'avait reçu à dîner, les deux hommes n'avaient eu qu'à échanger quelques mots convenus sur la politique russlave pour qu'une alliance d’intérêt fut forgée entre les deux hommes.

Aussi, le chef des Livadia comprit que Pojarski marchait au coup d'état lorsque son retour à la capitale où une troupe sûre l'attendait, fût évoqué. Le "patron" allait franchir le Rubicond. Et les Livadia sautèrent encore une fois à pieds joints dans la tare familiale : au lieu de se contenter d'une belle position, ils choississent de tout risquer dans un pari qui pourrait rapporter gros.

Depuis la capitale, Lev travailla activement à l'action anticipant les manœuvres du damné Pojarski. Il lui expédia d'abord une brigade de soldats de la Garde. Il s'agissait officiellement d'honorer le vainqueur de la campagne kolozistanaise. En fait, le commandant de cette unité était porteur d'un message. La Garde avait déployé ses bataillons à proximité de toutes les institutions et de tous les rédactions journalistiques.

Lev recevait dans son salon tous les notables prêts à franchir le pas. Le commandant de la police militaire fut achetée grassement. L'officier de police de la capitale se rallia spontanément, inquiet de voir l'anarchie sévir à nouveau. Plusieurs gros industriels, inquiets pour leur porte-feuille d'actions, mirent la main à la poche. Plusieurs diplomates kolozistanais vinrent et dirent sans ambage que leurs préférences allaient à Pojarski, Livadia plutôt qu'aux suppôts de l'étranger. Se faisant et de manière fort intelligente, il colportaient les pires rumeurs à l'égard de Karénine afin de préparer les opinions publiques kolozistanaises et russlaves.

Fort discrètement, la bonne ville de Musarabirsk était prête à sortir un instant du droit pour protéger les Russlaves d'eux-mêmes et des hérésies libérales.
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Prince Andronikov
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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Ven 19 Jan 2018 - 23:10

Andronikov observait l'agitation inhabituelle des troupes de la capitale ; inquiet. Il y avait dans la capitale, l'atmosphère des veilles de coup d'état. Les militaires, les fonctionnaires, tous semblaient fébriles. La suspicion était jetée sur tous.

Le Prince espérait retenir les caciques de son parti. En bon conservateur épris de grandeur nationale, le prince craignait la guerre civile et les ingérences étrangères. Il était de ceux qui souhaitait une réponse légale au gouvernement Karénine ; en animant l'opposition loyale au Tsar, dans le respect des Lois fondamentales.

Les membres du PIR gagneraient les prochaines élections à coup sûr ; peut-être même avant mai si le nouveau chef de gouvernement ne parvenait à réunir de majorité. Il était bien trop risqué de tout perdre dans la témérité d'une entreprise aussi audacieuse qu'inconsidérée. La Russlavie avait besoin de stabilité le PIR à sa tête, pas d'un carteron d'officiers s'ébranlant au moindre signe de libéralisme.

Pour l'heure, l'agitation militariste jouait en sa faveur. Plus elle grandissait, plus il gagnait en crédibilité, faisant de lui un recours crédible. Seule sa nomination au gouvernement semblait pouvoir maintenir l'édifice institutionnel et de faire taire la grogne de l'armée. Du moins le mécontentement grandissant rendait de plus en plus crédible la dissolution de la chambre et la tenue de nouvelles élections générales ; ce qui, sûr du poids conservateur dans l'opinion, revenait au même
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Alexeï Karenine
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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Sam 20 Jan 2018 - 18:55

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Feodor Pojarski

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Sam 20 Jan 2018 - 18:58

EL/C'est moi qui n'ait pas lu avant de poster. L'antériorité doit primer. Je retire le poste et me conforme aux tiens.

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Alexeï Karenine
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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Sam 20 Jan 2018 - 19:01

L'arrêt du convoi du prince dans le relai d'une petite ville avait permis de détecter l'avance du prince Pojarski vers la capitale une fois que le gouvernement avait enfin réussir a établir que le commandant des forces russlaves au Kolozistan n'était plus a son poste.

Un détachement de gendarmes vint à la rencontre du convoi et remis un télégramme transmis à la gendarmerie de Solikomsk par l'état major particulier du Président du Conseil d'Etat.


Télégramme de l'Etat Major Particulier du Président du Conseil d'Etat a écrit:
"Par ordre du Président du Conseil d'Etat, le colonel Pojarski doit cesser sa marche vers Murasibirsk STOP Ordre de prendre quartier dans la ville de Solikomsk dans la journée STOP Un envoyé du Conseil d'Etat se rend à Solikomsk pour recevoir le rapport du colonel Pojarski STOP L'administration de Solikomsk prévenue de votre arrivée STOP Une compagnie logistique de la 11e DI arrive sur place pour assurer la maintenance du matériel du convoi du colonel STOP Accusez réception STOP"

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Feodor Pojarski

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Dim 21 Jan 2018 - 12:30

L'ordre surprit le prince Pojarski dans sa progression vers la Capitale. Il se rendit compte qu'il n'avait pas du tout apprécié l'évolution de la situation politique à sa juste valeur. Il croyait que les institutions étaient encore entre les mains d'Andronikov et de ses ministres, et que Karénine était, sans doute, enfermé au siège du PCD à conduire toutes sortes de futiles manœuvres politiques. Il n'avait pas du tout compté avec la possibilité que Karénine ose s'arroger le pouvoir sur la seule base d'une légitimité de papier, signée par un Tsar largement cérémoniel.

Au cours du voyage vers Mura', Pojarski avait reçu toutes sortes de nouvelles, les unes encourageantes, les autres moins. L'annonce du ralliement de nombreux officiers de la Garde, ainsi que de plusieurs commissaires de police du district, était excellente. Quel que serait le résultat de la conspiration, Lev Nikolaïevitch Livadski se révélait un allié efficace et précieux.

Par contre, les nouvelles de la Stavka étaient nettement moins brillantes. Arpakine et Karpov avaient sondé le corps des officiers tant dans la Capitale que dans les provinces, et selon eux, le résultat n'était pas vraiment encourageant. Trop d'officiers, dans les rangs subalternes, étaient acquis aux idées libérales, ou, à tout le moins, à l'ordre constitutionnel. Dans les rangs plus élevés, la popularité de Pojarski n'était pas acquise, c'était le moins que l'on pusse dire: nombre de généraux ne voulaient rien d'autre que finir leur carrière tranquillement, dans les honneurs et la quiétude: ils haïssaient l'aventurisme de Pojarski. En définitive, concluaient Karpov et Arpakine, les officiers acquis au putsch ne formaient qu'une minorité.

Faisant les cent pas dans le wagon luxueux qu'il avait réquisitionné à Poursk pour le voyage, Pojarski se rendait bien compte que la Russlavie qu'il avait retrouvé après trois ans d'exil n'était plus la même: l'ordre constitutionnel, cette palinodie de juristes, semblait s'être enraciné dans le pays et disposer désormais d'une légitimité propre, jusque dans les rangs des forces de droite.

Cependant, l'autorité de Karénine restait flottante, encore peu établie. Faute d'avoir nommé des successeurs à Vashilsine, Belosky et autres, les ministères en affaires courantes ne lui obéissaient qu'imparfaitement, et restaient encore largement acquis à leurs précédents chefs. Il en allait tout particulièrement ainsi, naturellement, de la Stavka, où les officiers pro-KD étaient soigneusement tenus dans l'ignorance par les éternels Karpov et Arpakine.

Nulle surprise, donc, à ce que le centre des communications de la Stavka prenne l'initiative de communiquer le fameux ordre destiné à la Division kaukazienne à Pojarski lui-même, afin qu'il "prenne toutes mesures jugées appropriées pour exécuter" cet ordre. Kotchoub Bey, le commandant de la Division kaukazienne, qui avait lui aussi reçu l'ordre, l'avait de toute manière dissimulé à ses subalternes, et l'avait immédiatement reporté à Pojarski.

Après quelques minutes de réflexion, Pojarski dicta trois messages au télégraphiste du train.

Le premier était destiné à l'Etat Major Particulier du Président du Conseil d'Etat:
Citation :
Accuse réception télégramme Pres. STOP Arrive à Solikomsk cet après-midi STOP

Le second était destiné à Kotchoub Bey. Il lui était ordonné, "en application de l'ordre reçu", de séparer sa division en deux contingents: l'un, fort de 3.000 cavaliers, resterait à bord des trains, qui s'arrêteraient en gare de Danilovsk, "en vue de procéder vers Ekaterinopol". Les 2.000 cavaliers restants devaient débarquer de leurs convois et se déployer dans la plaine entre Danilovsk et Solikomsk, "afin de donner aux chevaux de l'exercice".

Le troisième télégramme était adressé à Karpov, à la Stavka, et son contenu reste encore inconnu au narrateur.

Ayant pris ses dispositions, le prince Pojarski se prépara à rencontrer le Président du Conseil d'Etat. Solikomsk était proche.

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Dim 21 Jan 2018 - 14:38

Le train blindé entra dans la gare de Solikomsk dans d'énormes voluptes de fumées et de vapeur. La gare était déserte a l'exception des soldats de faction postés dans la gare et sur chacun des quais.

Une fois le train à l'arrêt, le silence retombait peu a peu sur les lieux. Les seuls bruits venant des cheminots qui oeuvraient encore dans la locomotive. Presque immédiatement, le train était réapprovisionné en charbon et eau pour permettre le retour.

Le train était relié au télégraphe de la gare. Le central embarqué put alors récupérer toutes les informations en suspens depuis l'étape précédente.

Plusieurs télégrammes cryptés furent émis. Puis, a peu près une heure après son arrivée, les portes du train s'ouvrirent. Un jeune lieutenant en tenue sortit du train et remonta le quai pour aller à la rencontre du colonel de gendarmerie qui attendait près de l'entrée de la gare coté quais.

Le lieutenant salua l'officier supérieur, ils conversèrent quelques minutes. Le lieutenant cherchait a savoir si les gendarmes savaient ou se trouvait Pojarski et sa suite, il avait mission d'aller à sa rencontre.

Le colonel lui apprit que Pojarski se déplaçait également en train, un des quais avait été attribué a son train qui devait arriver incessamment sous peu. Le lieutenant revint au train blindé pour faire son rapport puis ressortit pour se placer au milieu du quai ou Pojarski devait arriver. Le colonel de gendarmerie le rejoignit. Les deux hommes allumèrent une cigarette chacun et attendirent que le prince arrive.

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Dim 21 Jan 2018 - 15:31

En fin d'après-midi, la lourde silhouette trapue du train blindé "Knyaz Krasschenko" arrivait en gare de Solikomsk. Les canons des wagons de tête et de queue dardaient leurs bouches sinistres sur les quais de la petite gare. Dans le froid glacial de janvier, un peloton de soldats sortit du train et se déploya sur le quai.

Accompagné d'une dizaine d'officiers emmitouflés dans d'épais manteaux d'hiver, Pojarski descendit d'un immense wagon abritant autant de luxe et de dorures qu'un palais gornogradien, et se présenta à l'officier en faction.

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Dim 21 Jan 2018 - 16:18

A l'approche du Prince-colonel, le jeune lieutenant se figea. Claquant les talons, il porta sa main à la tempe, saluant l'officier supérieur :

Officier : Mon colonel, je suis le lieutenant Denikine, je suis affecté à l'état major particulier du Président du Conseil d'Etat. Son Excellence m'a chargé de vous faire savoir qu'elle requiert votre présence, si vous voulez bien me suivre.

Le jeune lieutenant transmettait son message et se comportait conformément aux usages, sans mépris et avec respect. Il se décala pour laisser le colonel marcher un pas devant lui. Les soldats de la garde rendaient les honneurs. Le commandant du convoi, un colonel de la Garde, accueillit son homologue et lui présenta ses hommages.

Le lieutenant mena alors le prince dans les coursives du train blindé. Une partie de l'administration et du cabinet avait suivi Karénine. Le central téléphonique et télégraphique bourdonnait d'activité. Quelques députés de la majorité travaillaient dans l'un des petits salons et regardèrent le prince passer, surpris. Les affaires politiques suivaient leur cours.

Le prince fut alors introduit dans le bureau du chef du gouvernement qui l'accueillit pendant que l'officier d'ordonnance s'effaçait :


Karénine : Bonsoir Votre Altesse ! Il était temps que nous nous rencontrions... même si je suis surpris de vous voir ici. L'on m'informe d'ailleurs que vous n'êtes pas a votre poste alors que la fin de la guerre vient d'être proclamée au Kolozistan.

Le président finit sa phrase, laissa passer un instant. Et reprit :

Karénine : Enfin, peut-être avez vous vos raisons. Ceci dit, il est important que nous ayons une conversation, il en va de l'avenir prochain du pays... de vous, de moi. Et nous avons déjà assez perdu de temps. Asseiez-vous je vous en prie. Et prenez donc un zigare. Soyez à votre aise.

Karénine montra l'imposante boite à zigare sur le bureau pendant qu'il contournait la table, attrapant une bouteille et deux verres qu'il amena vers son bureau et s'assit.

Karénine : Faisons simple Votre Altesse, c'est quoi votre problème ?

Alexei s'adossa dans son siège, coupant le bout du zigare, il l'alluma tranquillement. Le bureau était vide, pas de public, pas d'armes. Mais toutefois deux gardes à l'extérieur. Ils étaient coupés du monde avec un verre et de quoi fumer, ça aurait pu être pire.

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Lun 22 Jan 2018 - 12:13

Le prince Pojarski pris son temps pour se débarrasser de l'énorme manteau hivernal qu'il portait en entrant: souillé, usé, brûlé à certains endroits, troué à d'autres: c'était un manteau qui avait fait la campagne du Kolozistan. Sous cet épais pardessus qu'il laissa tomber sur un meuble, Fiodor Vassilievitch portait l'uniforme noir et simple des Cosaques du 1er régiment: un uniforme fonctionnel, épuré, sans fioritures ni chamarres: un uniforme fait pour la guerre, pour les raids et les embuscades, le meurtre et la dévastation.

Dédaignant le siège qui lui était offert, Fiodor Vassilievitch fit quelques pas dans le bureau, feignant d'examiner attentivement des papiers qui gisaient abandonnés sur un secrétaire.


- Da, la guerre au Kolozistan est terminée. Il reste encore quelques bandes de Pavlovistes dans l'ouest du pays, mais c'est une simple formalité, du nettoyage, pour ainsi dire.

Etudiant avec attention une gravure accrochée au mur qui avait pour sujet quelque scène de chasse au XVIIe siècle, Pojarski poursuivit:

- Vous savez, comme d'habitude, personne n'en parlera, les ennemis de la Russlavie tairont le fait... Mais ce sont les armes russlaves qui ont gagné cette guerre. Pendant que les Edoranais, les Krasslandais, les Francovars, perdaient leur temps à discutailler à Djerzinsk, ce sont les épaules russlaves qui ont soutenu le choc de l'offensive pavloviste. Ce sont nos gars, nos Ivan et nos Makar et nos Andreï, qui ont défait l'ennemi. Quand les Merksistes kolozistanais se font enfin décidés à passer à l'offensive, il n'y avait pour ainsi dire plus rien à faire, d'où leur progression extrêmement rapide la semaine dernière.

Vous voulez savoir la vérité ? Si j'en donnais l'ordre, Bolbotoun marchait sur Tchernislav. Da, Tchernislav ! Jamais les armées russlaves n'auraient été si loin à l'ouest, depuis, je ne sais pas, au moins le XIVe siècle ! Nous pouvions le faire ! Mais nous nous sommes contentés de sauver le Kolozistan ! Bolbotoun, et moi, et Ivan, et Makar !


Se tournant enfin Karénine:

- Alors vous me demandez quel est "mon problème" ? Je vais vous le dire, quel est "mon problème", mais d'abord j'aimerais vous demander: lequel il est, "votre problème",  à vous, "colonel" Karénine ?

Où étiez-vous, "colonel", pendant que Mitrich et Makar tenaient la ligne dans la boue du Kolozistan ? Où étiez-vous, "colonel", quand vos frères officiers, officiers vous entendez, c'est-à-dire ce que la Russlavie a fait de meilleur, vos frères officiers se faisaient tuer dans les faubourgs de Seljukovo ? Quand ils emmenaient leurs hommes sous l'étendard au loup sur la route de Tchernislav ?


Pojarski pointa un doigt inquisiteur vers Karénine:

- Vous étiez ici, "colonel", barbotant dans toute cette politique abjecte, à conspirer et à marchander derrière des portes fermées, à intriguer et à préparer votre retour au pouvoir, aux dépens de ce pauvre Andronikov, trop confiant courtisan amolli par les bains chauds et les dorures de la Cour ! Alors que vos frères, vos subordonnés, se faisaient tuer pour la plus grande gloire du Souverain sur une terre étrangère - une terre étrangère, colonel ! - vous ourdissiez en secret quelque pacte avec les merksistes, les ennemis de l'Etat, tout à votre faim dévorante de coucher à nouveau sous les plafonds dorés du palais Samsonov !

Sur les dernières phrases, l'accent aristocratique du prince avait comme glissé, laissant entendre ci et là des intonations pas du tout gornogradiennes, presque kaukaziennes. Fiodor Vassilievitch se maîtrisa comme avec peine, et, essuyant la sueur qui lui perlait le front dans cette voiture trop chauffée, reprit, beaucoup plus doucement, mais avec une lueur comme folle dans les yeux :

- Où étiez-vous, colonel ?

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Lun 22 Jan 2018 - 19:21

Karénine, tranquillement installé sur son siège, vit le noble se mettre à l'aise et détailler le bureau.

D'un air neutre, presque nonchalant, Alexei fuma tranquillement son zigare tenant son verre par les bords écoutant le commandant des forces russlaves au Kolozistan entrain de monter sur ses grands chevaux pour essayer de masquer le fait qu'il avait déjà commis un acte de trahison : celui de quitte son poste sans ordre et d'avoir ainsi abandonné ses troupes en pleine campagne militaire pour venir marcher sur la capitale.

Alexei était déçu, comme beaucoup d'autres officiers, il faisait partie de ceux qui gardait un oeil attentif sur les Pojarski. Bien que social-démocrate, il n'en restait pas moins un soldat qui savait apprécier le talent dans la carrière des armes. La politique brouille les cartes et encore plus quand la vérité s'efface derrière les impératifs particuliers.

Il avait fumé son zigare au tiers quand le prince eut fini.


Karénine : Hum... vous ne fumez pas ? Le président pointa le zigare et sortit un zyppo qu'il fit glisser sur le bureau vers Pojarski.

En se redressant sur son siège, il cendra délicatement son zigare.

Karénine : Je vous en prie colonel, gardez vos rodomontades pour la troupe, nous sommes entre nous. Si il fallait que je parle ici comme je m'adresse a vos amis à la Douma, nous passerions la semaine a essayer de nous comprendre.

Je ne suis peut être pas noble, mais ça ne m'a pas empêché de faire carrière, de connaitre la guerre et de voir des amis proches mourir dans la seconde, dans la boue et le froid. Vous n'avez pas le monopole de la guerre, rien que dans cette gare il n'y a quasiment que des soldats qui ont connu le feu.
D'ailleurs qui ici n'a pas connu la guerre, qui n'a pas connu les luttes fratricides entre russlaves orchestrées par nos voisins. Ces guerres ont fait l'essentiel de ma carrière avant que je ne rejoigne les états-majors.

De même, je n'ai pas besoin de supposer pour trouver vos propres errements. Vous êtes ici, a plusieurs centaines de kilomètres de votre commandement, vos troupes sont sans chef et vous n'avez pas su pousser avec vos troupes pour assurer a la Russlavie d'avoir une place de choix dans la résolution du conflit kolozistanais.
Je ne doute pas de la combativité et du courage du soldat russlave, je serai bien mal placé pour en douter mais vous, en tant qu'officier vous avez des devoirs envers vos hommes, votre commandement et votre Tsar.

Et vous avez désobéi. Je viens de recevoir un télégramme de la 7e cour martiale itinérante. Pour avoir déserté votre commandement, déplacé des unités sans ordre et avoir missionné une division du front pour se rendre à la capitale sans véritable raison liée au service, il y a déjà de quoi vous casser de votre grade et vous envoyer à Port-Banane pour surveiller un passage à niveau.
Si on ajoute les approches tentées en votre nom auprès des généraux des grandes unités de l'armée stationnée sur le territoire impérial et les témoignages de plus d'une vingtaine de généraux et d'officiers supérieurs pour envisager un putsch militaire, là... Vous n'auriez même pas droit au peloton d'exécution, ça sera la corde dans l'une de nos forteresses.

Karénine, en même temps qu'il parlait posa son zigare dans l'imposant cendrier qui tronait sur un des cotés du bureau pour ouvrir un dossier marron dont il feuilleta les pages au fur et a mesure qu'il finissait sa phrase. Il parlait tranquillement, sans énervement, levant de temps a autre les yeux sur son hôte. Ayant fini, il referma le dossier et le poussa vers Pojarski.
Il laissa le prince-colonel lire les feuillets. Voyant que ce dernier n'était pas a l'aise dans la pièce qui était effectivement bien trop chauffée, il se leva pour ouvrir une des fenêtres du wagon et revint d'un pas léger vers le bureau.


Karénine : Toutefois, vous avez raison sur un point. Je barbote dans la fange politicienne. Et quand on voit ceux qu'on peut y trouver, je comprends que les militaires aient envie de faire le travail à leur place.

Il marqua a nouveau une pause, laissant son interlocuteur finir de voir ce qui avait été récupéré comme informations.

Karénine : Quoi qu'il en soit, je n'ai rien contre vous et je ne souhaite pas être l'homme qui aura envoyé le champion de l'aristocratie dans une tombe. Vous voulez la gloire, vous voulez être reconnu et probablement aimé du peuple. Vos amis du PIR tergiversent pour vous donner une place digne de votre rang depuis une vingtaine de jours. Ils ont échoué mais je peux vous aider.

On oublie vos petites bêtises, j'oublie que l'Okhraina m'a informé que seule la moitié de la division kaukazienne est en route pour la Petite-Russlavie et que l'autre est encore en route vers la capitale et je veux bien oublier de demander aux soldats de la 11e et 12e DI qui passeront par cette gare de s'arrêter pour lancer une quelconque épreuve de force. Disons simplement que je vous avait convoqué à la capitale ? Cela devrait faire l'affaire.

Karénine grifonna quelques lignes sur un calepin à son coté.

Karénine : En échange, vous ordonnez à vos amis du PIR de mettre dix de leurs députés au service d'un groupe parlementaire d'union nationale qui se créera demain et qui remplacera le groupe PCD. Et je vous emmène rencontrer le Tsar dès ce soir pour qu'il rencontre l'un des grands vainqueurs de la guerre du Kolozistan avec un peu de chance il a reçu ma recommandation pour votre élévation au rang de major-général avec les insignes qui vont bien que j'ai pris la peine de joindre au reste...

Vous pourriez prendre cela pour du chantage ou des menaces. Mais jusqu'il y a quelques jours, vous deviez être contacté pour rejoindre le gouvernement comme vice-président du conseil. Vos actes vous appartiennent et les preuves sont là mais l'offre peut toujours tenir, cela dépend de vous. Soit vous servez votre pays et je veillerai a ce que vous soyez justement récompensé et que vous ayez la place qui vous revient. Ou alors vous pouvez me mettre une balle dans la tête ici et maintenant, tenter votre chance dans la capitale et vous retrouver face a une ville en état de siège.

La nouvelle de votre trahison fera le tour du pays en quelques jours et ce n'est pas vos amis du PIR, bien trop mous, qui vous sauveront. Si leurs intérêts sont en danger vous savez bien qu'ils vous vendront sans l'ombre d'une hésitation.

Alors oui, de nouvelles élections auront lieu... Et les merksistes qui ont déjà quelques sièges à la Douma auront de grandes chances de pouvoir composer une majorité. Et a ce moment là, ni l'armée, ni les nobles, ni même la classe politique ne pourra s'opposer a eux. Le peuple ne veut plus d'une nouvelle dictature, il ne veut plus de guerre et notre Tsar non plus. Et je ne suis pas le crypto-merksiste que vous pensez que je suis. Nous avons chacun des intérêts a collaborer.

Alexei n'avait pas laché Pojarski du regard pendant ses tirades. Il entama tranquillement la deuxième moitié de son zigare.

Karénine : Donc... pour vous répondre colonel. Ou étais-je ? J'étais simplement en train de nettoyer la merde de vos amis à la capitale pour pouvoir gouverner ce pays. Et j'ai besoin de vous. Vous en êtes ?

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Mar 23 Jan 2018 - 10:41

Pojarski écouta sans ciller, les yeux fixés sur son interlocuteur, les lèvres pincées dans un rictus qui traduisait son extrême nervosité. La sueur coulait le long de ses tempes jusque dans son col, sans qu’il y fasse attention. Il n’esquissa pas d’avantage le moindre geste en direction du briquet et du cigare qu’on lui présentait. Ce n’est qu’à un moment du discours de Karénine que Fiodor Vassilievitch manifesta un tressaillement involontaire : lorsque celui-ci lui reprocha de n’avoir pas suffisamment avancé en territoire kolozistanais.

C’était évidemment un reproche qui en cuisait à Pojarski. Inquiet des rumeurs qui parvenaient de Murasibirsk, soucieux de rester proche des lignes de communication, il était resté à Seljukovo, dans l’est du pays, s’adonnant aux débauches et aux soûleries habituelles pendant que l’Ataman Bolbotoun, laissé à lui-même, transformait l’avance sur Tchernislav en guerre de pillage contre la population locale.

Ça, effectivement, c’était quelque chose qu’on pouvait lui reprocher, et dont il n’était pas fier. Lui qui avait toujours tiré fierté de son audace, de sa rapidité, il rougissait qu’on l’accuse de pusillanimité dans la conduite des opérations militaires. C’était assez malin de la part de Karénine de l’avoir glissé dans la conversation.

Le reste, cependant, les « dix députés », les « groupes parlementaires », les « vice-présidences », etc., c’était quelque chose qui était assez indifférent à Fiodor Vassilievitch, et ce pour des raisons qu’il allait falloir expliquer au Président du Conseil.

Quant à ces histoires de « haute trahison » et de « cours martiale itinérante », ça ne valait bien entendu pas grand-chose. On pourrait trouver demain trente-six « cours martiales itinérantes » prêtes à signer la condamnation à mort du colonel Karénine sans trop sourciller. La position de Karénine était aussi fragile que celle de Pojarski, et le Président du Conseil ne l’ignorait sûrement pas, ou alors il faisait preuve d’une foi extraordinairement naïve dans le constitutionnalisme russlave.

Fiodor Vassilievitch humecta ses lèvres, frotta ses joues mal rasées, puis pencha sa tête olivâtre et cireuse vers Karénine, comme un oiseau de proie sous les lampes qui éclairaient le salon, et hasarda un sourire contrit :


- Je crains que vous ne vous fassiez une idée exagérée de mon influence au Parti Impérial…Certes, j’ai participé à la fondation de ce parti, mais c’était il y a longtemps, et je n’y ai aujourd’hui plus aucun pouvoir… Et même si j’en avais… Ce que vous me demandez est impossible. Comment vous expliquer… Ah voilà ! Disons que les députés du PIR qui pourraient m’obéir, ils préfèreraient se suicider plutôt que d’entrer dans une « union nationale » avec des Kadets et des merksistes repentis. Quant aux députés qui pourraient se laisser tenter par votre coalition, eh bien, ils ne m’obéissent pas. Franchement, pour vos histoires de majorité à la Douma, il vaudrait mieux vous arranger avec Andronikov…

Pojarski écarta les bras en un geste d’impuissance contrite pour montrer au Président du Conseil qu’il était vraiment sincère. Puis il passa au plat de résistance :

- Je vous écoute, Alexeï Arkadievitch, et je m’émerveille… Vos propos dénotent un esprit, comment dire… un esprit légaliste, voilà. Je crains que les monceaux de papier qu’affectionnent les Kadets n'aient obscurci votre esprit, et ne l’aient aveuglé à ce que c’est exactement que la Russlavie…

Fiodor Vassilievitch n’essayait pas de faire le malin. Il voulait réellement faire comprendre à son interlocuteur la réalité dans laquelle ils se trouvaient. Faisant un effort pour trouver comment débuter son explication, il poursuivit :

- Ecoutez… Toutes vos constitutions, toutes vos coutumes constitutionnelles importées du Zollernberg ou de je ne sais où… Elles vous ont aveuglé. Elles vous font croire que le politique est au-dessus de l’armée. Mais en Russlavie, quand le Tsar ne peut ou ne veut exercer l’autorité, et aujourd’hui, pour des raisons que j’ignore, c’est le cas de notre très glorieux Souverain Mikhaïl Alexandrovitch… Quand le Tsar, disais-je, ne peut exercer l’autorité suprême, c’est à l’armée qu’elle revient, parce qu’en l’absence du Souverain Autocrate, c’est l’armée qui concentre et incarne tout ce qui est bon sur la terre russlave : le soldat, c’est le peuple russlave en armes, purgé de ses instincts anarchiques, tout entier solidaire vers un seul but, la défense de la patrie ! Les officiers, ce sont les nobles en uniforme, plus du tout parasites oisifs mais au contraire vivant en fraternité avec les moujiks ! L’armée, c’est la nation, bien plus que tous vos politiciens à cigares et à vestes d’intérieur !

Vous connaissez les trois principes immortels qui guident la Russlavie : Autocratie, Cathodoxie, Panslavie. Eh bien ! quand le Tsar est momentanément indisponible, c’est à l’armée de les incarner !

En conséquence… Je ne nie pas la légitimité d’un gouvernement issu de la Douma. Après tout, ça aussi c’est la volonté de l’Autocrate Illimité… Mais ce gouvernement ne peut exister qu’avec le soutien de l’armée. En clair, soutien de la Douma si vous voulez, mais d’abord et surtout soutien de l’armée.


Pojarski en arriva à la partie décisive de son explication:

En conséquence, donc, voilà ce que je vous propose :

Entendez-vous comme vous voulez avec Andronikov pour avoir une majorité à la Douma. Ou pas. cela m’importe peu.

En revanche :

1) Les portefeuilles des Affaires Etrangères et de la Guerre restent aux mains d’Andronikov et de ses sbires. Idéalement, il faudrait également laisser à ce pauvre Andronik Nikolaïevitch la Présidence du Conseil ; après tout, il n’a pas démérité, ce serait humiliant de la lui arracher… mais bon, je sais l’importance que vous les politiciens accordez à cette charge : je laisse cette question ouverte.

2) Le gouvernement s'engage à respecter le manifeste qui sera publié par la Stavka : ce manifeste servira de feuille de route, et encadrera l’action du gouvernement dans des bornes très claires.

3) Un membre de la Stavka, disons Karpov, siégera au gouvernement, non comme ministre, mais bien comme représentant de l’armée.


Pojarski écarta les bras dans un signe d'apaisement:

- Je sais, je suis d’accord avec vous, ce rôle politique de l’armée n’est pas idéal, j’en conviens : il faut le considérer comme transitoire, en attendant que le Tsar daigne exercer à nouveau l’Autocratie, seul régime adapté à la terre russlave.

Enfin, c'est ma proposition.


Sur ces mots, Pojarski finit par se rappeler l’existence du cigare qu’on lui avait proposé : il le coupa et l’alluma à l’aide de son propre briquet, une jolie chose plaquée or et argent sur laquelle on pouvait lire : « A Nikolaï Petrovitch, pour ses dix-huit ans ».

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Mer 24 Jan 2018 - 17:38

Face à face dans ce wagon de la gare de Solikomsk - fatidique et historique wagon que des générations d'écoliers russlaves visiteront lorsqu'il aura été installé dans le Musée de l'Ancien Régime de Svetivostok en 1947 - face à face dans ce wagon, donc, Karénine et Pojarski n'étaient que très imparfaitement tenus au courant de l'évolution dramatique de la situation à Murasibirsk (et un peu à Novolensk aussi où, les historiens l'oublient souvent, des troubles eurent aussi lieu, quoique de moindre intensité).

De Danilovsk, où était cantonné Kotchoub Bey avec la majeure partie de la Division kaukazienne, finit par parvenir un télégramme destiné au train blindé de Pojarski. Ce télégramme disait:


Citation :
Situation à Mura hors de contrôle - STOP - Karpov et Vassilievski à couteaux tirés - STOP - de facto deux autorités militaires concurrentes dans la Ville - STOP - Tsar muet - STOP - nécessité marcher au canon - STOP - (signé) Abdul Abdulovitch Kotchoub

Ce télégramme fût transmis à Pojarski par un jeune lieutenant, dûment escorté par deux officiers du train du Président du Conseil. Pojarski le lu, puis, avec une émotion un peu exagérée, le tendit à Karénine:

- Regardez, Alexeï Arkadievitch, la tourbe se soulève ! dit-il, feignant d'ignorer que si cette tourbe se soulevait, c'était en grande partie sa faute. Je vous en supplie, Alexeï Arkadievitch, acceptez nos conditions, et laissez-moi entrer à Mura' pour rétablir la discipline, en collaboration avec Vassilievski et la Stavka !

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Mer 24 Jan 2018 - 18:52

Pendant que le prince parlait, le wagon fut secoué par des vibrations. Un autre train entrait en gare. Tout en écoutant Pojarski, Alexei coula distraitement un regard vers la pendule accrochée au mur, derrière son hôte.

"Pile à l'heure" se dit Karénine. Le train qui transportait une unité en direction du front et qui avait été dérouté pour servir de garantie au président du conseil s'arrêta à Solikomsk.

Une fois que Pojarski eu fini. Karénine prit un air un peu plus grave.


Karénine : L'armée a un rôle a jouer dans l'appareil politique, c'en est ainsi dans notre pays. Mais l'armée est un instrument, pas un gouvernant. Il n'y aura pas de dictature militaire, pas tant que je serai a ce poste.

On entendit des bruits de pas dans la coursive, suivis de plusieurs coups frappés à la porte.

Karénine : Entrez !

Le Général Demidov entra à la suite de l'ordonnance qui venait à la rencontre de Pojarski. Ce dernier informa le président du conseil du contenu de son télégramme. Au même moment Demidov déposa un mot sur le bureau de Karénine.

Demidov : Nous pouvons rapidement repartir, nous attendons votre ordre.

Et le commandant de la 11e DI quitta le bureau.

Le président du conseil lut le mot qu'on lui avait remis, posa le document sur son bureau avant de se masser les tempes.


Karénine : On me confirme vos informations effectivement.

Alexei réfléchit. Vassilievski avait demandé trop peu de renforts et entre le déplacement et le déploiement des nouvelles unités, du temps passera. Il y a dans Solikomsk les deux unités ramenées par Pojarski et Yermolayev, largement de quoi contrebalancer le rapport de force et la ville était bien plus proche de la capitale que les cantonnements du 2e corps.

Même avec les kaukaziens, les droitiers étaient moins nombreux. Il restait la possibilité que les kaukaziens rejoignent les conjurés, sans donner l'avantage a ces derniers, une unité professionnelle qui se joindrait aux conjurés leur donnerait une assise de poids.

Il fallait décider.


Karénine : Je n'accepte aucune de vos propositions, le Tsar m'a choisi pour diriger le gouvernement et tant qu'il ne changera pas d'avis ça restera le cas. Vos amis peuvent entrer au gouvernement et on peut s'entendre sur les affaires étrangères comme poste de prestige accordé d'office. On discutera du reste plus tard.

Pour la capitale, allons y, mais vos troupes resteront à l'entrée de la ville tant qu'elles n'auront pas reçu l'autorisation d'y entrer, nous allons voir le Tsar maintenant pour lui proposer le plan et le faire valider par Sa Majesté. Ensuite, je vous laisse reprendre la ville avec l'aide de l'armée et de Vassilievski. J'ai bien compris que vous êtes dur en affaire mais je crains de ne pas avoir le temps de tergiverser. Vous décidez quoi ?

Au même moment, le train fut agité a nouveau, une locomotive était rajoutée à la queue du train, le convoi allant partir dans l'autre sens.





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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Jeu 25 Jan 2018 - 10:41

Pojarski jaugea Karénine du regard pendant un instant, puis écrasa le cigare à moitié entamé dans le cendrier, empocha son briquet, et se rua hors du train à grandes enjambées. A travers la fenêtre entrouverte du bureau mobile, le Président du Conseil put l'entendre crier à destination de ses officiers:

- Faites chauffer le téléphone ! Appels prioritaires à Karpov... et à Vassilievski !

Quelques minutes plus tard, le lourd train blindé "Knyaz Krasschenko" ébranlait son imposante masse caparaçonnée en direction de la Ville.

A l'issue de cette rencontre fatidique en gare de Solikomsk, chaque camp pouvait légitimement croire qu'il avait remporté la partie, ou du moins qu'il ne s'en était pas trop mal tiré.

Karénine évitait d'être renversé, et conservait a priori la Présidence du Conseil. Ses Kadets et autres alliés mencheviks étaient assurés de recevoir des ministères pour mener leurs réformes. De plus, il avait manœuvré assez habilement pour amener Pojarski chez le Tsar qu'il considérait comme un allié: après tout (et c'était quelque chose que Pojarski oubliait quand ça l'arrangeait), s'il était Président du Conseil, c'était par la volonté du Souverain Imperator Autocrate.

Pojarski, quant à lui, pouvait également s'estimer satisfait. Certes, Alexeï Arkadievitch avait affirmé très virilement qu'il n'acceptait aucune de ses conditions, mais, en réalité, il les avait plus ou moins acceptées. Le rôle exorbitant de l'armée, qui aurait été hors de question sous aucun des régimes précédents (que ce fut la république ou le Tsar-dictateur Konstantin), était reconnu. Les KD acceptaient le principe d'un gouvernement de coalition avec Andronikov et alii, plutôt que d'essayer de démanteler le PIR à leur profit comme ils en avaient l'intention. Les Affaires Etrangères étaient garanties à Andronikov, et le portefeuille de la Guerre resterait sans doute lui aussi au PIR, Fiodor Ivanovitch Vashilsine étant probablement le seul ministre dont les mérites faisaient l'unanimité.

Il fallait maintenant liquider cet imbroglio murasovite avant que la Capitale soit réduite en cendres. Les entretiens téléphoniques avec Karpov et Vassilievski, passés juste avant que le train démarre, allaient dans ce sens:


- Innokenti Gavriilovitch ? Pojarski à l'appareil ! ... Oui... Il est temps de faire rentrer les soldats dans leurs casernes... Division kaukazienne en route... Oui... Je comprends... On les connait nos moujiks... Pas plus de force que nécessaire... Annoncez qu'il est fait droit aux revendications... Tsar sensible au sort de ses soldats... Pojarski entre à la Capitale... Distribution de vodka et viande pour tout le monde une fois le calme rétabli... Oui... Suffit d'expliquer aux Cosaques que les grévistes réclament les mêmes droits qu'eux, ça suffira pour les faire changer de camp... Peu importe, Karpov... Ne vous faites pas plus bête que... La vérité, notion relative... On verra plus tard.

- Général Vassilievski ? Mon Général ! Votre Haute Noblesse ! Enfin je vous ai en ligne ! Étais tellement inquiet pour la sécurité de Votre Haute Noblesse ! Comment avancent vos Mémoires ? Me réjouis de les lire !... Ah oui, situation tendue, en effet !... Mais pas dramatique !... C'est surtout votre incapacité de travailler avec la Stavka et la Garde... Je sais... Torts sont partagés... Déjà engueulé Karpov... Ne présumerai jamais de faire l'affront d'expliquer à Votre Haute Noblesse comment faire son métier... Votre serviteur je demeure... Mais enfin, depuis les Guerres turcoses... Une fin de carrière paisible troublée par des incidents aussi ridicules... Comment ? Dans vos Mémoires ? Non, pas nécessaire, ou alors en note de bas de page... Enfin, j'arrive dans la journée... Assure Votre Haute Noblesse de mon dévouement etc...

A Kotchoub Bey, le télégramme disait:

Citation :
Déploiement de la Division dans son intégralité à Mura' - STOP - Situation devrait s'être calmée à votre arrivé - STOP - Parade armée sur les prospekts devrait suffire à ramener les mutins à l'obéissance - STOP - assurez vos mangeurs de chair crue que le Tsar ne les oublie pas - STOP - leurs services seront bien récompensés - STOP

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Colonel du 1er Régiment cosaque "Révolution & Etat de droit"
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Alexeï Karenine
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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Jeu 25 Jan 2018 - 21:03

Pojarski venait de partir que Karénine fit entrer un planton pour lui ordonner de faire partir le train vers la capitale. Au transphone, il ordonna au commandant de la 11e DI de faire de même.
Les hommes, qui avaient pris l'air en dehors des wagons remontaient fièvreusement a bord du train, poussés par leurs sergents.
Le président du conseil avait hérité d'une situation floue, mais désormais la frange conservatrice de l'armée collaborait. Cela au prix d'un Pojarski de retour en ville.

Karénine n'était pas idiot, il savait très bien que son ministère était un coup de chance incroyable et inattendu. C'est d'ailleurs pour cela que bien peu de caciques du PCD s'étaient mis en avant au parti durant les élections générales. Personne ne voulait être le sacrifié qui devait porter la responsabilité d'une défaite, et Karénine qui connaissait la maison a pu manoeuvrer tranquillement.


Mais aux prochaines élections il devra combattre les jeunes loups du parti et ensuite la droite. Si la situation méritait d'être observée plus attentivement le moment venu, Karénine n'espérait pas faire de vieux os au Palais Samsonov, mais il avait une majorité pour soutenir ses réformes. C'était l'essentiel.

Il téléphona à Vassilievski :

Karénine : Bonjour Vladimir, je rentre à Murasibirsk avec la 11e DI et la division kaukazienne de Pojarski.

Vassilievski : Bonjour Alexei, je viens d'avoir le prince au téléphone, il arrive en effet... Alors ?

Karénine : Il nous aide. Intègre le au dispositif et confie lui la repression. Fais accompagner ses unités de renforts de la gendarmerie impériale. Ils soutiennent les actions mais doivent veiller a ce que les soudards ne fassent pas de zèle. Pas de règlement de compte, pas d'action inconsidérée. Je veux la paix civile dans la ville dans les prochains jours, nous sommes d'accords ?

Vassilievski : A vos ordres monsieur le président. Le ton de Vassilievski était surjoué, il rit au téléphone. Il est fiable ?

Karénine : On verra ce que ça donne devant le tsar, contente toi de contrôler le terrain et de mettre le feu au siège de l'UPR avec le maximum de partisans à l'intérieur. Enfin tu as compris l'image, pas de survivants chez ceux qui ont déclenché les troubles.

Vassilievski : Les grands patrons des usines de la ville veulent te voir, je ne sais plus quoi en faire, ils assiègent le gouvernorat militaire.

Karénine : Rassemble les, dis leur que je comprends leur problème et que je viens d'envoyer 2 divisions dans la capitale et j'inspecterai les usines moi même pendant le week end.

Vassilievski : Très bien.

Karénine : Fais mettre l'artillerie divisionnaire de la 16e DI en batterie devant les principales usines occupées et envoie un ultimatum aux ouvriers, ils ont trois heures pour décamper. Les fuyards seront laissés libres. Pour le reste, j'arrive.

Il raccrocha. Et prit connaissance des divers rapports sur l'état de la capitale qu'un major de l'état major particulier lui apporta avec une collation. Pendant ce temps, les trois trains fonçaient vers la capitale ou ils devaient arriver instamment.

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Alexeï Arkadeievitch Karénine
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Alexeï Karenine
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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Sam 27 Jan 2018 - 15:11

Le gouverneur militaire de la capitale obéit aux ordres qu'il avait reçu. Les bataillons qui n'étaient pas affecté au contrôle de la ville ou qui n'était pas sur des opérations de pacification reçurent l'ordre de se regrouper près de la gare.

Trois bataillons de marche venaient d'être équipés furent transférés comme force de réserve.

L'artillerie divisionnaire fut déployées devant les usines et les chefs de batteries reçurent l'ordre de charger leurs pièces avec des obus d'exercice. Dans la matinée, l'intégralité des usines d'armements avaient été mise sous contrôle. Et les ouvriers se retiraient dans le calme, laissant les usines de la ville tomber sous le contrôle de l'armée.

La gendarmerie impériale et la police de la ville s'occupa ensuite de pourchasser les grévistes repentis qui restaient groupés dans les rues.

Les trains des protagonistes de ce que certains appelleront "L'entrevue de Solikomsk" arrivèrent en ville. Le président du Conseil d'Etat fut accueilli par le colonel Andreiev, le commandant du secteur sud qui mit son bureau à disposition.

Karénine put y recevoir les principaux capitaines d'industrie de la ville - en tout cas ceux qu'il a été possible d'extirper de leurs hôtels particuliers fortifiés pour l'occasion. Il les informa de la reprise en main par l'armée des zones industrielles et la mise sous bonne garde des installations qui sont à la disposition de leurs propriétaires légitimes. Il demanda également aux patrons la promesse solenelle de rouvrir les usines au plus vite après la fin des agitations populistes.

Pendant ce temps, la 11e division d'infanterie, amenée par train dans le sillage du Président du conseil d'Etat se mis en ordre de bataille pour appuyer les forces déjà présentes dans la ville. Elle devait attendre les ordres du général Vassilievski (qui devait lui même attendre l'arrivée de Pojarski).

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Feodor Pojarski

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MessageSujet: Re: Une esquisse de conspiration   Dim 28 Jan 2018 - 15:30

Quand Pojarski arriva en gare de Murasibirsk, il y fût accueilli par une délégation d'officiers de la Stavka. Ceux-ci, qui au cours de la semaine écoulée s'étaient bien gardés de sortir du Ministère de la Guerre, accueillaient maintenant leur champion. Le prince fût emmené dans une voiture rapide (escortée par un peloton de cosaques) jusqu'au Ministère, où il conféra avec les généraux Karpov et Arpakine.

La marche à suivre, déjà communiquée par téléphone, fût confirmée: la Stavka devait présenter les pourparlers de Solikomsk comme un succès pour l'Armée et la Patrie. L'armée, il devait être répété, se voyait garantie un rôle déterminant dans la conduite du prochain gouvernement. Le prince Andronikov, qui avait la confiance de Pojarski, ne serait pas écarté des affaires. Les revendications strictement matérielles des soldats (pécule, cantine, alcool) seraient satisfaites. Enfin, bien entendu, le Tsar veillerait à ce que les intérêts de la nation et des soldats soient garantis.

Dans l'après-midi, la Stavka publia un communiqué à cet effet qui fût lu dans les casernes et sur les grands boulevards. Petit à petit, la situation rentrait dans l'ordre. Les magasins rouvraient timidement sur les prospekts, et les soldats rentraient dans leurs casernes. Murasibirsk semblait se réveiller avec la gueule de bois, mais aussi avec le soulagement certain d'avoir évité de commettre un acte extrêmement stupide. Quelques heures plus tard, les silhouettes menaçantes et barbares des cavaliers kaukaziens patrouillaient dans les rues, rapidement rejoints par les cosaques du Donsk.




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