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 Le crime de Bougoulma

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Koupavon T. Tatarintsev

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MessageSujet: Le crime de Bougoulma   Ven 17 Aoû 2018 - 20:58

Alors que la grande politique suivait son cours à Murasibirsk, la vie quotidienne des moujiks s’écoulait tranquillement dans les campagnes russlaves.

Dans le district de Bougoulma, près de Pockzin en Oudmourtie, les habitants vivaient des jours heureux sous l’oeil attentif du gouverneur de district Tatarintsev. Ce petit homme trapu, aux petits yeux éteints, arborait une moustache militaire de bon aloi, signe distinctif des honnêtes hommes.

Les administrés de Bougoulma étaient globalement satisfaits de leur sort. La vie était dure, mais la terre et les récoltes étaient bonnes. Une écrasante majorité des habitants tenaient des petites exploitations agricoles. Les meilleures terres appartenaient à des grands propriétaires absents, qui laissaient la gestion quotidienne de leur domaine à leurs contremaîtres.

Le district rural ne comptait qu’une seule agglomération digne de ce nom, Bougoulma, une ville de marché, située sur un confluent de l’Oudeï. En descendant ce confluent en barge, on atteignait Pockzin, où passait le chemin de fer.

A Bougoulma, l’autorité avait un visage bonhomme. Le gouverneur du district, Koupavon Tchadogostovitch Tatarintsev, n’avait pas la main lourde. Major du génie à la retraite, il avait même fait rafistoler le vieux pont de bois jeté sur le fleuve. Militaire retraité, vieux-garçon, il achetait personnellement son poisson du vendredi auprès des babouchkas du marché. Chaque automne, il présidait avec bienveillance la fête des récoltes, à l’invitation des corporations paysannes. Tous les dimanches, après la messe chantée à l’église St-Wolodymir, il flânait dans le parc avec les dames des bourgeois et des commerçants, racontant ses exploits guerriers dans d’anciennes campagnes. Bref, l’affection de toutes les classes de la population lui était certaine.

Tatarintsev n’avait pas d’allégeance politique connue. Sa patrie lui tenait lieu de parti, disait-il. Il n’avait pas de famille non plus. Car sa famille, c’était l’armée, disait-il encore.

Tatarintsev se prétendait petit-russlave, et on le croyait volontiers en raison de son accent inhabituel. Ses petits yeux? Ma foi, ce sont des yeux de petit-russlave, disait-il. Et son teint hâlé, alors? Un bronzage, disait-il, acquis lors des campagnes du Kaukaze, particulièrement éprouvantes. Sa peau en avait été irrémédiablement abîmée.


- Votre Excellence, que vous êtes charmant ! riaient les dames de Bougoulma.

Mais cette petite idylle allait être irrémédiablement troublée, lorsqu’un batelier du fleuve découvrit, un beau matin, le corps gonflé d’un noyé dans les roseaux proches du débarcadère. On identifia immédiatement Babourine, un journaliste très connu de Murasibirsk. Une semaine plus tôt, Babourine était arrivé à Bougoulma en compagnie du substitut du procureur de Pockzin, d’un policier et d’un commis du ministère de l’Intérieur.

Venus mener une enquête importante dont ils ne voulurent rien révéler aux curieux du lieu, les quatre hommes avaient subitement disparus lors d’une excursion dans la campagne, sans laisser de traces. On était sans nouvelles d’eux depuis plusieurs jours et on avait entendu le gouverneur Tatarintsev commenter
«Ils sont sûrement retournés à Pockzin par la route de Kalingrad». Ce dernier avait, le matin de la découverte du corps de Babourine, convoqué la commission municipale de Bougoulma aux premières lueurs du matin. On avait ensuite vu les édiles se rassembler dans le jardin de la résidence de Tatarintsev pour déchirer et brûler les grands livres de comptes du district. Tout cela ne laissait rien présager de bon.

Que se passait-il dans ce coin tranquille de l’Oudmourtie ?



La commission municipale de Bougoulma. De gauche à droite : Sianko, inspecteur des routes, Riazantsev, directeur du relai des postes, Pirogov, préposé aux questions agraires, Abakoumov, directeur d’école, colonel Tsiolkovski, médecin-chef de l’hôpital municipal, lieutenant Opokine, commandant de la police.
Sont-ils tous complices ?
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Koupavon T. Tatarintsev

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Date d'inscription : 17/08/2018

MessageSujet: Re: Le crime de Bougoulma   Mar 21 Aoû 2018 - 21:13

Les haleurs de Bougoulma avait immédiatement fait appel à la police lors de la découverte sur les berges du corps sans vie du journaliste Babourine. Mais les gendarmes se firent attendre. Ce n’est que plusieurs heures après l’alerte que le lieutenant Opokine daigna arriver sur les lieux de «l’incident».

Le commandant de la police ordonna le transport du corps à l’hôpital municipal, où le médecin-chef Tsiolkovski constata en bonne et due forme que Babourine s’était vraisemblablement suicidé. Pour étayer sa thèse, il produisit une lettre d’adieux retrouvée, disait-il, dans le veston de l’infortuné. Mais les haleurs se souvenaient bien que le corps avait été retrouvé partiellement dénudé et couvert d’hématomes. Qu’à cela ne tienne, le gouverneur Tatarintsev conclut lui-aussi au suicide et rédigea un rapport en ce sens. Le corps de Babourine disparut sur ces entrefaites et ne fut pas délivré au cimetière municipal. Tatarintsev devait prétendre plus tard qu’il avait expédié les restes du malheureux à sa famille à Murasibirsk. Inutile de dire qu’aucun haleur du port fluvial ne se souvenait du passage d’un tel colis.

Les accompagnateurs du journaliste n’avaient toujours pas reparu. On en fit timidement la remarque à Tatarintsev le lendemain, qui ordonna donc à Sianko, l’inspecteur des routes, de retrouver les fonctionnaires disparus. Sianko s’exécuta en faisant afficher une proclamation à Bougoulma: les moujiks du district étaient convoqués pour le dimanche suivant (cinq jours plus tard!) pour participer à une battue.

Les habitants de Bougoulma comprirent que les autorités n’étaient pas pressées de faire la lumière sur cette affaire. Et ces événements leur rappelèrent des souvenirs désagréables.

Deux ans plus tôt, à l’arrivée à Bougoulma de Koupavon Tatarintsev, la bourgade avait connu plusieurs décès suspects. En quelques semaines, plusieurs propriétaires parmi les plus éminents, de même qu’un colonel à la retraite, ainsi que l’ancien commandant de la police, un dénommé Czernin, étaient morts dans d’étranges circonstances. La rumeur populaire avait accusé Tatarintsev et son équipage d’être à l’origine des troublantes disparitions.

Les dépositions récoltées à l’époque feraient froid dans le dos à quiconque les lirait. Des témoins affirmèrent que le nouveau gouverneur Tatarintsev se prêtaient à de graves agissements. Il aurait tenté de forcer les propriétaires des plus grands domaines du district à lui céder leurs terres pour une bouchée de pain. Quand ils refusaient, il recourait à la menace, et bien pire encore. La plupart de ces gentlemen avait fini par quitter le district.

Il se murmurait que Tatarintsev détournaient des sommes importantes des caisses de l’administration du district. De Pockzin arrivait tous les six mois la solde d’une soixantaine de fonctionnaires, alors que Bougoulma n’en comptait qu’une douzaine. Les comptes faisaient état du paiement dans les règles de ces braves serviteurs de l’Etat, tous des fantômes. L’argent disparaissait.

Des menues falsifications dans les factures liées à l’entretien des routes étaient également pratiquées. Dans les bureaux du gouverneur-général d’Oudmourtie, le district de Bougoulma passait pour être parmi les mieux dotés en infrastructures. En réalité, cette contrée désolée ne profitait que d’une infime partie des subventions versées pour le pavement des routes.

Concernant les ponts et les digues du fleuve, des appels d’offre truqués permettaient d’injecter l’argent budgeté par la province dans des entreprises privées largement fictives, aux ramifications incertaines, qui ne s’acquittaient pas – évidemment – du mandat de construction qui leur avait été confié. Personne ne venait jamais vérifier.

Ces graves accusations, portées par des personnes aujourd’hui disparues, avaient suscité l’ire des notables de Bougoulma. Tatarintsev avait dû comparaître devant la Cour des comptes itinérante n°8 d’Oudmourtie. A son grand soulagement, l’honnête administrateur avait été acquitté.



La Cour des comptes itinérante n°8 d’Oudmourtie. Ces moujiks savent-ils au moins lire ?


Le calme revint donc quelque temps à Bougoulma et désormais, tout le monde ferma les yeux sur les agissements du militaire. Tatarintsev et ses comparses, disait-on, s’étaient alors rabattu sur une escroquerie d’un genre nouveau. Par petites annonces publiées à Murasibirsk et Gornograd, le gouvernement du district de Bougoulma mettait en vente des vastes et luxueuses propriétés, toutes numérotées dans le cadastre. Tatarintsev accueillait personnellement les investisseurs venus visiter les domaines après un long voyage harassant. Ils recevaient alors un tour guidé des exploitations les plus remarquables du district. Après quoi, ils rentraient et conseillaient à leurs patrons, d’éminents membres de l’aristocratie et des respectables bourgeois, d’acheter sans crainte. Le contrat, qui faisait mention du numéro cadastrale du bien, était signé et l’argent (des sommes colossales) versé aux caisses de l’administration du district de Bougoulma. Des mois plus tard, lorsque les contremaîtres des heureux acheteurs venaient prendre possession des terres, ils se rendaient compte que le bien acheté numéroté n’était qu’un misérable lopin de terre sans intérêt et que la visite guidée n’avait été qu’un leurre. Si ces personnes se plaignaient, ils étaient fraîchement éconduits par Tatarintsev, qui produisait en sa faveur le contrat valable de la vente. Ce petit manège dura un moment.

L’argent ainsi acquis par l’administration de Bougoulma était versé, sous forme de don charitable, à la caisse de pension des vétérans du district. Il n’y avait qu’une trentaine de vétérans dans le district et leur pension était misérable. Mais la caisse de pension, elle, se portait très bien et enregistrait chaque année des bénéfices énormes grâce aux dons de l’administration publique. Cette caisse de pension était constituée en association. Son président n’était autre que le gouverneur Tatarintsev. En outre, la caisse était affiliée à l’Association impériale des anciens combattants, à laquelle elle payait des cotisations monstres, à la hauteur de ce qui était écrémé à Bougoulma. Et le président de l’Association impériale des anciens combattants, dont le siège se trouvait à Murasibirsk et dont les ramifications dans toutes les provinces du pays étaient nombreuses, n’était autre que le fameux général I. G. Karpov.
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Koupavon T. Tatarintsev

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Date d'inscription : 17/08/2018

MessageSujet: Re: Le crime de Bougoulma   Sam 25 Aoû 2018 - 19:41

Cette fois-ci cependant, le calme n'allait pas revenir aussi facilement à Bougoulma. Le "suicide" de Babourine, un célèbre journaliste murasovite, et la disparition du substitut du procureur de Pockzin, d'un commis du ministère de l'Intérieur et d'un policier, n'étaient pas des faits divers anodins. Ces nouveaux incidents ne pouvaient pas être passés sous le tapis. Dès que la nouvelle se répandrait, Tatarintsev et ses comparses étaient assurés de voir débarquer des enquêteurs autrement plus menaçants. Et là, gare aux graves répercussions sur les combinaisons financières et leurs ramifications.

Par chance, Bougoulma n'était pas raccordé au télégraphe. Riazantsev, le directeur du relai des postes, se chargeait de son côté d'ouvrir le courrier sortant, afin de s'assurer qu'aucun habitant du district n’ébruite la nouvelle des événements.

Mais le risque était trop grand. Le temps était venu de décamper. Tatarintsev convoqua en pleine nuit les membres de la commission municipale: Sianko, Pirogov, Riazantsev, Abakoumov, Tsiolkovski et Opokine. Tous se rassemblèrent en secret, à la nuit tombée, dans le bureau du gouverneur du district.


- Messieurs, nous n’avons plus le choix. annonça Tatarintsev. Si nous restons, nous serons découverts. Nos ordres sont clairs: pas d’héroïsme inutile. Je quitterai donc la ville cette nuit, avec nos réserves d’or enterrées dans la cave de l’hôpital municipal.

Riazantsev, Abakoumov, Tsiolkovski, Opokine: vous m’accompagnerez. Nous n’avons pas le temps de faire nos bagages. Nous partons à la cosaque. Comme à Poursk, en ‘11 !


Tatarintsev claqua les talons en se mettant au garde-à-vous, imité aussitôt par l’ensemble des personnes présentes.

- Messieurs, la Russlavie a besoin de nous. Mais le fruit n’est pas encore mûr. Notre organisation doit agir dans l’ombre. Nos chefs, à Murasibirsk, nous récompenseront pour notre bonne gestion des affaires, ici à Bougoulma. Je compte sur votre total dévouement !

Il laissa planer un instant cette injonction, avant de se tourner vers Sianko et Pirogov:

- Caporal Sianko, caporal Pirogov: demain dimanche a lieu la battue pour retrouver les cols blancs de Pockzin dont nous nous sommes occupés. Vous mènerez la battue comme prévue, à la tête des moujiks mobilisés pour l’occasion. Vous ferez mine de rien, puis vous quitterez Bougoulma la nuit suivante. C’est compris?

Sianko et Pirogov acquiescèrent.

- Bien. Mais avant cela, miaula Tatarintsev, nous allons rendre une petite visite à ce bon vieux Saïtov. Ce moujik mérite une attention toute particulière.

Pour illustrer son propos, Tatarintsev empoigna son revolver, le sortit de son étui, et le porta à sa tempe en faisant mine de se donner le coup de grâce. L’assistance ricana de façon entendue.

Quelques minutes plus tard, à la lumière de la lune, les complices montèrent à cheval et quittèrent Bougoulma vers le nord, en direction du domaine gardé par le métayer Saïtov. Ce vieil homme habile avait tenu tête à la camarilla du gouverneur de district pendant près de deux ans, déjouant toutes ses tentatives de s’emparer du domaine. Ce domaine, appartenant à l’illustre famille Cheremetievska-Brasnov, n’avait rien de particulier si ce n’étaient les nombreux et majestueux tumuli se trouvant dans une grande clairière de sa forêt. Les légendes racontaient qu’un khan éminent s’étaient fait enterrer avec sa suite dans cette clairière dans des temps immémoriaux, et que les trésors que renfermaient les monticules dépassait l’entendement.

Cette simple rumeur de babouchka avait suffi à éveiller la rapacité des administrateurs du district. Tatarintsev avait tenté en vain de chasser le métayer Saïtov de la propriété, afin de piller ces tombes. Ces efforts n’avaient pas rencontré le succès escompté. Pour se venger, Tatarintsev se contenterait donc de liquider Saïtov, et en passant tous les domestiques du domaine, avant de quitter définitivement Bougoulma.
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