La Sainte Russlavie

Micronation inspirée de la Russie tsariste des années 1900
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  
Derniers sujets
» 2ème législature de 1917 : Modifications constitutionnelles
Aujourd'hui à 0:29 par Alexeï Karenine

» Programme et idéologie
Lun 7 Aoû 2017 - 13:19 par Miroslav Kopernich

» Siège du PTER
Lun 7 Aoû 2017 - 13:18 par Miroslav Kopernich

» Bureau d’enregistrement des partis politiques
Dim 6 Aoû 2017 - 21:05 par Mikha Brasnov

» Demande de rencontre auprès du ministre
Dim 6 Aoû 2017 - 3:35 par Mikha Brasnov

» Miroslav Kopernich
Sam 5 Aoû 2017 - 22:37 par Mikha Brasnov

» [Vote Critique] Quel micromonde ?
Sam 5 Aoû 2017 - 22:23 par Mikhaïl II

» Constantïn
Ven 28 Juil 2017 - 5:29 par Mikha Brasnov

» Oukaze du 20 juillet 1917
Jeu 20 Juil 2017 - 16:13 par Alexeï Karenine

» Charte de l'Organisation des Nations de l'Archipel
Mer 19 Juil 2017 - 5:34 par Mikhaïl II

» Entretien avec l'ambassadeur yssois
Mer 19 Juil 2017 - 0:16 par Alexeï Karenine

» Arrivé d'un diplomate yssois
Mar 18 Juil 2017 - 18:50 par Alexeï Karenine

2ème législature de 1917 : Modifications constitutionnelles
Dim 6 Aoû 2017 - 21:18 par Mikha Brasnov
Il était presque de coutume que chaque parti contrôlant la Douma tente de modifier la constitution, une façon de marquer l’histoire et de se garder une place dans le lent et difficile processus de modernisation du pays. Mais tous n’en avaient pas eu le pouvoir par manque de voix à l’assemblée unicamérale ou par absence de courage politique. Aujourd’hui, ces écueils n’existaient pas. Le PCD avait …

Commentaires: 2
[Ratification] Charte de Talamanca de février 2015
Dim 16 Juil 2017 - 19:21 par Alexeï Karenine
Karénine : Honorables députés de la Douma,

Le gouvernement que je préside à l'honneur de vous soumettre le texte de la Charte de Talamanca instituant l'Organisation des Nations de l'Archipel. L'un de nos objectifs est de permettre la restauration de l'influence russlave dans les affaires de l'Archipel. La participation à l'ONA est donc une opportunité indispensable de donner de l'écho à notre …

Commentaires: 5
Election du Président de la Douma
Dim 4 Juin 2017 - 22:23 par Alexeï Karenine

Le député PCD Ilya Vostov, doyen d'age de l'assemblée présidait aux débat de la nouvelle législature. Le seul acte de sa courte magistrature consistait à présider à l'élection du président de l'assemblée. Il prit la parole.

Vostov : Honorables collègues,

conformément à la Constitution et au règlement de la Douma, les candidats à la présidence de la Douma sont invités a se faire connaitre. La …

Commentaires: 2
Qui est en ligne ?
Il y a en tout 2 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 2 Invités :: 1 Moteur de recherche

Aucun

Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 60 le Lun 22 Déc 2014 - 1:40
Navigation
 Portail
 Index
 Membres
 Profil
 FAQ
 Rechercher
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Forum

Partagez | 
 

 Les Bylines Russlaves

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Ozy Krasstchenko

avatar

Nombre de messages : 2176
Age : 98
Localisation : Gornograd & Piter
Date d'inscription : 11/07/2006

MessageSujet: Les Bylines Russlaves   Mer 16 Aoû 2006 - 4:51

Vassili Bouslaev

Il y avait à Novgorod Bouslay,
Bouslay vécut nonante ans,
Bouslay vécut en tout mille ans ;
Ayant vécu, Bouslay ne vieillit pas,
Il ne vieillit pas et trépassa,
Avec Novgorod, Bouslay ne se disputa pas,
Avec Moscou de pierre,
Il n'eut pas de contestation.
Il laissa un enfant chéri,
Le jeune Vassili, fils de Bouslay,
Et Vassinka se mit à courir les rues,
À faire des niches avec les gamins :
Il tire le bras à l'un, voilà le bras au loin,
Il tire la jambe à l'autre, voilà la jambe au loin.
On se mit à aller trouver la mère de Vassili,
à l'aller trouver, à se plaindre :
«Eh! Toi, honorable veuve Amelfa Timoféievna !
Arrête donc ton enfant chéri ;
Si tu n'arrêtes pas Vassili Bousslaiev,
Nous le jetterons dans la rivière Volkhov.»
Pour dissiper son ennui, son chagrin,
Vassili distilla le vin d'herbes,
Il fit cuire le doux hydromel,
Vassiliouchka fit un festin de gala
Pour beaucoup de princes, de boiars,
Et pour les moujiks de Novgorod.
Et Vassinka dit ces paroles :
«Celui qui boira une tasse de vin d'herbes,
Une tasse de la mesure d'un védro et demi,
Une tasse du poids d'un poud et demi,
Et celui qui supportera l'orme rouge,
Qu’il vienne au festin de gala.»
Le petit Potaniouchka va au festin de gala,
Le petit Potaniouchka le brave,
Boiteux d'une jambe, regard en dessous ;
Il prend la tasse d'une main,
Il boit la tasse d'une seule lampée.
Vassiliouchka Bouslayiévitch le frappe
De son orme rouge sur sa tête misérable :
Potaniouchka reste debout, ne bouge pas,
Ses boucles jaunes ne s'agitent pas,
Il fit ses salutations et alla au festin.
Va aussi au festin Kostia de Novotorjok.
Alors Vassili fils de Bouslay
Dressa des tables de chêne,
Mit les mets doux comme sucre,
Mit les boissons de miel,
Les hydromels étaient tous incorruptibles,
Il roule des tonneaux
Dans la cour aux cottes de mailles :
«Mangez donc chez moi jusqu'à satiété,
Et buvez donc jusqu'à l'ivresse,
Seulement ne vous disputez pas entre vous. »
Alors les moujiks de Novgorod mangèrent à satiété
Burent jusqu'à l'ivresse.
Le soleil rouge est au soir,
Le festin de gala -se passe dans la joie,
Et tous étaient ivres et joyeux,
Et ils se disputèrent entre eux.
Alors Vassili prend son orme rouge,
Et se mit dans la cour à faire le moulinet,
Et se mit à en caresser les moujiks,
Et les moujiks quittèrent
Le festin à grandes enjambées :
«Le diable soit de toi, Vassili, avec ton festin !
On a mangé au festin,
On a bu et on en a attrapé pour la fin de ses jours.»
Alors les moujiks de Novgorod
Furent eux aussi leur festin de gala
Pour beaucoup de princes, de boiars,
Pour les puissants bogatyrs russes...

Le rouge soleil est au soir,
Le festin de gala se passe dans la joie,
Et tous étaient ivres et joyeux
Et tous au festin se vantaient.
Alors Vassili fils de Bouslay,
Par bêtise, par une idée d'ivrogne,
Vassili fit le grand pari d'aller
Dès le matin au champ du Volkhov,
Lui, Vassili, avec sa droujina,
Se battre contre tous les moujiks avec Novgorod,
Quand Vassili sortit du festin de gala,
Il tenait la tête penchée sur le côté droit,
Fichait ses yeux sur la terre humide,
II va au palais princier, et sa mère lui dit :
«Eh! Toi, mon enfant chéri,
Jeune Vassili, fils de Bouslay !
Pourquoi t'en vas-tu chagrin et triste?
N'as-tu pas eu une place selon ton nom,
Ou bien ne t'a-t-on pas passé la tasse,
Ou un moujik ivrogne s'est-il ri de toi? »
Vassili ne peut ni répondre à sa mère,
Ni la saluer, mais sa brave droujina dit :
«Vassili a eu une place selon son nom,
On n'a pas oublié de passer la tasse à Vassili,
Un moujik ivrogne ne l'a pas injurié ;
Mais Vassili a fait le grand pari avec
Les moujiks de Novgorod d'aller
Dès le matin au champ du Volkhov,
Lui, Vassili, avec sa droujina,
Se battre contre tous les moujiks avec Novgorod.»
Alors sa mère, l'honorable veuve Amelfa Timoféevna,
Passa ses souliers sur ses pieds nus,
Jeta sur une épaule une pelisse de zibeline,
Et prit ses clefs d'or
Et alla dans ses caves profondes,
Se chargea d'un plat d'or rouge,
D'un second plat d'argent pur,
Et d'un troisième plat de perles qui roulent ;
Et alla trouver les moujiks au festin de gala.
Elle fait le signe de croix comme on le prescrit,
Fait les prosternations comme on les enseigne :
«Salut, Mikoula Sélianinovitch !
Salut, Kozma Rodionovitch ! »
Et elle mit les cadeaux sur la table de chêne :
«Recevez donc des cadeaux de la part de Vassili
Et pardonnez à Vassili pour sa faute.»
Les moujiks de Novgorod disent :
«Nous n'acceptons pas de cadeaux de Vassili
Et nous ne pardonnons pas à Vassili pour sa faute.
Et que le Seigneur nous accorde de nous saisir de Vassili,
De monter les bons chevaux de Vassili,
De conserver les vêtements de couleur de Vassili,
Et d'emporter le trésor d'or de Vassili.»
Alors l'honorable veuve Amelfa Timoféevna
S'en revint du festin de gala,
Et elle frappa avec sa jambe droite
Le chambranle d'érable du portail,
Et le chambranle vola sur la clôture d'arrière
Et la clôture d'arrière fut mise en miettes.
Vassili au matin dort, il se dorlote,
Il ne sait pas le malheur qui est sur lui...
Elle allait à la source chercher de l'eau,
Et elle dit ces paroles :
Eh! Vassili, fils de Bouslay!
Bien que tu dormes, que tu te dorlotes,
Tu ne sais pas le malheur qui est sur toi ;
Ta brave droujina se bat
Sur le pont du Volkhov :
Les têtes misérables sont brisées
Et toutes sont bandées de mouchoirs blancs.»
Alors Vassili fils de Bouslay
Bien vite se réveilla de son profond sommeil,
Il chaussa des souliers sur ses pieds nus,
Jeta une pelisse de zibeline sur une épaule ;
Et Vassili prit son orme rouge,
Et Vassili bondit dans le champ du Volkhov.
Et le moine Andronichtché rencontre Vassili
Sur le pont du Volkhov,
Et il porte sur la tête la grande cloche de Sainte- Sophie
Et Vassili fils de Bouslay dit :
«Eh ! toi, moine Andronichtché,
Et encore mon père de baptême !
Je ne t'ai pas donné d'œuf pour le jour de Pâques,
Je t'en donnerai un pour la Saint-Pierre.
Et il frappa avec son orme rouge
Sur la grande cloche de Sainte-Sophie
Et il tua le moine Andronichtché, son père de baptême.
Et il courut au champ du Volkhov,
Et se mit à manier son orme :
Partout où il frappe, des rues s'abattent,
Il continue à frapper, il fait des ruelles,
Et il massacre tous les moujiks de Novgorod.
Et les moujiks allèrent trouver sa mère :
«Eh ! toi, mère de Vassili,
Honorable veuve Amelfa Timoféevna !
Retiens ton enfant chéri,
Laisse des moujiks au moins pour la graine

Vassili fils de Bouslay dit :
Eh! Ma brave droujina!
J'ai fait la grande promesse
Que nous irions ensemble à Iérousalim,
Prier le saint sanctuaire,
Et baiser le tombeau du Seigneur,
Et nous baigner dans la rivière Iordan.»
Et il s'en alla à Iérousalim
Avec toute sa brave droujina.
Et il était en face de la montagne Sion nos mers,
Et Vassili fils de Bouslay dit :
«Eh! Toi, ma brave droujina !
Allons à la montagne Sion notre mère.
Et ils allèrent à la montagne Sion notre mère,
Et Vassili trouva un os vide,
Et il se mit à pousser du pied l'os
Sur la montagne Sion notre mère.
Et l'os vide lui annonce d'une voix humaine :
«Ne me pousse pas du pied,
Vassili fils de Bouslay !
Car tu reposeras avec moi sur la montagne Sien
Dans les siècles des siècles.»
Vassili cracha et passa outre
Et lui-même dit ces paroles :
«Cet os a dormi, il a eu un rêve !»
Quand ils furent à Iérousalim,
Ils prièrent le saint sanctuaire,
Ils baisèrent le tombeau du Seigneur.
Se baignèrent dans la rivière Iordan.
Vassili fils de Bousslaev baigne le corps nu,
Et la fille Tchernavouchka lui dit :
«Eh! Toi, Vassili fils de Bouslay,
Pourquoi te baignes-tu le corps nu ?
Celui qui chez nous se baigne le corps nu,
Il ne parvient pas chez nous vivant.»
Ils arrivèrent en face de la montagne Sion notre mère,
Et Vassili fils de Bouslay dit :
«Eh! Toi, ma brave droujina !
Allons sur la montagne Sion notre mère,
Nous y verrons des os vides.
Mais là ils ne trouvèrent pas d'os vides,
à leur place est une pierre blanche qui luit.
Et Vassili fils de Bouslay dit :
«Eh! Toi, ma brave droujina !
Nous sauterons par-dessus la pierre blanche qui luit.»
Et ils se mirent à sauter par-dessus la pierre blanche qui luit
La droujina saute d'abord,
Mais lui, Vassili fils de Bouslay,
Sauta après par-dessus la pierre blanche qui luit,
Et il se brisa sa tête misérable,
Et resta là gisant dans les siècles des siècles.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ozy Krasstchenko

avatar

Nombre de messages : 2176
Age : 98
Localisation : Gornograd & Piter
Date d'inscription : 11/07/2006

MessageSujet: Re: Les Bylines Russlaves   Mer 16 Aoû 2006 - 4:54

Volga et Mikoula

Sviatoslav vécut nonante ans,
Sviatoslav vécut et trépassa.
Il laissa un enfant chéri,
Le jeune Volga Sviatoslavovitch .
Volga se mit à pousser, à grandir,
Volga voulut faire beaucoup de prouesses :
Aller comme brochet dans les mers bleues,
Comme faucon voler sous les nuages,
Galoper comme loup gris en rase campagne.
Tous les poissons s'en allaient dans la mer profonde,
Tous les oiseaux s'envolaient sous les nuages,
Toutes les bêtes s'enfuyaient dans les forêts sombres.
Volga se mit à pousser, grandir
Et il se réunit une brave drougina,
trente gars sans un de plus,
Volga lui-même était des trente.
Il avait un propre oncle,
Le fameux prince Vladimir de Kiev capitale;
Celui-ci lui fit don de trois villes avec leurs paysans
Le jeune Volga Sviatoslavovitch
S'en alla dans les villes pour ses redevances
Avec sa brave drojgina.
Volga sortit en rase campagne,
Il vit en rase campagne un laboureur;
Le laboureur laboure les champs, encourage sa bête,
La charrue du laboureur craque,
Sur les pierrailles, les socs raclent.
Volga chevaucha vers le laboureur,
Il chevaucha un jour du matin jusqu'au soir;
Il ne put dans les champs atteindre le laboureur.
Volga chevaucha encore un jour,
Un second jour du matin jusqu'avant dîner,
Avec sa brave drougina.

ll rencontra en rase campagne le laboureur,
L e laboureur laboure son champ, encourage sa bête,
De bout en bout il trace ses sillons,
Quand à il est à un bâtit, on ne peut voir l'autre.
Les racines, les pierres il bouleverse,
Et toutes les grandes pierres les couche dans le sillon.
Volga dit ces paroles :
«Dieu t'aide, laboureur,
Pour labourer, cultiver, faire ton métier,
Pour tracer les sillons de bout en bout !»
Le laboureur dit ces paroles :
«Eh! Oui, Volga Sviatoslavovitch !
J'ai bien besoin de l'aide de Dieu
Pour faire mon pour tracer les sillons de bout en bout
Et t'en vas-tu loin, Volga, où diriges-tu ta route,
Avec ta brave drougina ?» Volga dit ces paroles :
«Je vais dans mes villes pour mes redevances,
Dans la première, Gourtchevets, dans la seconde,
Oriékhovets, dans la troisième, Krestiauovets.»
Le laboureur dit ces paroles :
«Eh! Volga Sviatoslavovitch!
Il n'y a pas longtemps que j'ai été à la ville,
Avant-sur ma jument isabelle,
J'en ai rapporté deux sacs de sel,
J'ai rapporté deux sacs da sel de quarante ponds,
Mais les paysans là-bas ne sont que brigands,
Ils demandent des grochescomme droits de pas
- Moi, j'avais mon fouet de voyage.
Et je leur payai les groches qu'ils réclamaient :
Qui était debout, est maintenant assis,
Qui était assis, est maintenant couché. »
Volga dit ces paroles :
« Eh! Laboureur, petit laboureur!
Allons-nous-en ensemble comme compagnons,
Vers mes villes pour mes redevances ? »
Le laboureur détacha de sa charrue les traits,
Détela de la charrue sa jument,
De sa charrue d'érable,
Et il laissa là sa charrue d'érable,
Il monta sa jument isabelle,
Ils montèrent leurs bons chevaux, partirent
Dans l'étendue fameuse de la rase campagne.
Le laboureur dit ces paroles :
«Eh! Volga Sviatoslavovitch!
J'ai laissé la charrue dans le sillon,
Mais non à l'usage des passants à pied, à cheval,
Mais pour l'usage du paysan villageois :
Ils arracheront la charrue de la terre,
Feront tomber la terre des socs,
Enlèveront les socs de la charrue,
Et je n'aurai plus rien pour faire mon métier.
Envoie donc, toi, ta brave drougina,
Pour arracher la charrue de la terre,
Secouer la terre des socs,
Jeter la charrue derrière un buisson de saule»
Le jeune Volga Sviatoslavovitch
Envoie alors deux ou trois bons gars
De sa brave drougina
Vers la charrue d'érable,
Afin qu'ils arrachent la charrue de la terre,
Qu'ils secouent la terre des socs,
Qu’ils jettent la charrue derrière le buisson de saule.
Les deux ou trois bons gars chevauchent
Vers cette charrue d'érable ;
Ils font tourner la charrue par le timon,
Mais ils ne peuvent soulever la charrue de la terre,
Ils ne peuvent arracher la charrue de la terre,
Secouer la terre des socs,
Jeter la charrue derrière le buisson de saule.
Le jeune Volga Sviatoslavovitch
En envoie une dizaine entière d'hommes
De sa brave drougina
Vers cette charrue d'érable.
Ils arrivèrent toute une dizaine
Vers cette fameuse charrue d'érable ;
Ils font tourner la charrue par le timon,
Ils ne peuvent soulever de la terre la charrue,
Ils ne peuvent arracher la charrue de la terre,
Secouer des socs la terre,
Jeter la charrue derrière le buisson de saule.
Le jeune Volga Sviatoslavovitch
Envoie toute sa brave drougina,
Trente gars sans un de plus.
Cette brave drougina,
Ces trente gars sans un de plus
Approchèrent de la charrue d'érable,
Prirent la charrue par le timon, la font tourner,
Ils ne peuvent pas soulever de la terre la charrue,
Ils ne peuvent arracher la charrue de la terre,
Secouer des socs la terre,
Jeter la charrue derrière le buisson de saule.
Le laboureur dit ces paroles :
« Eh! Volga Sviatoslavovitch!
Ta brave drougina n'est pas habile,
Ils ne peuvent pas arracher la charrue de terre,
Secouer la terre des socs,
Jeter la charrue derrière le buisson de saule.
Vous n'êtes pas une brave drougina,
Vous n'êtes que d'inutiles mangeurs de pain, »
Ce laboureur, ce petit laboureur
S'approcha sur sa jument isabelle
De la charrue d'érable,
Il prit cette charrue d'une main,
Arracha la charrue de la terre,
Secoua la terre des socs,
Jeta la charrue derrière le buisson de saule.
Ils montèrent leurs bons chevaux, partirent
A travers l'étendue fameuse de la rase campagne.
La jument du laboureur va le trot,
Mais le cheval de Volga galope ;
La jument du laboureur y va de bon cœur,
Si bien que le cheval de Volga reste en arrière.
Volga se met à pousser des cris,
Volga se met à agiter son bonnet,
Volga dit ces paroles :
« Arrête, arrête donc, laboureur !»
Volga dit ces paroles :
« Eh! Laboureur, petit laboureur,
Si cette jument était un cheval,
Pour cette jument on donnerait cinq cents roubles.
Le laboureur dit ces paroles :
« J'ai pris la jument jeune poulain,
Jeune poulain je l'ai prise sous sa mère,
J'ai payé pour la jument cinq cents roubles :
Si cette jument était un cheval,
Cette jument serait sans prix.»
Volga dit ces paroles :
« Eh! Toi, petit laboureur!
Comment t'appelle-t-on de ton nom ?
Et quel est le nom de ton père ?
Le laboureur dit ces paroles :
« Eh! Volga Sviatoslavovitch!
Je laboure le seigle, le mets en meules,
Le mets en meules et l'emporte à la maison,
L'emporte à la maison, le mouds à la maison ;
Je racle la drèche et bous la bière,
Je bous la bière, abreuve les paysans,
aussi les paysans m'ont interpellé :
« Eh ! Jeune Mikoulouchka Sélianinovitch !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ozy Krasstchenko

avatar

Nombre de messages : 2176
Age : 98
Localisation : Gornograd & Piter
Date d'inscription : 11/07/2006

MessageSujet: Re: Les Bylines Russlaves   Mer 16 Aoû 2006 - 4:56

Ilia Mouromets et Sviatogor

Qui nous parlera, du vieux temps,
Du vieux temps, du temps passé,
D’Ilia Mouromets,
Ilia Mouromets, fils d'Ivan,
Resta cul-de-jatte trente-trois ans;
Vinrent le trouver des frères mendiants,
Jésus-Christ lui-même, deux apôtres:
«Dis donc, Ilia, apporte-nous à boire !
- Frères mendiants, je suis sans bras, sans jambes.
Lève-toi, Ilia, ne te moque pas de nous ! »
Ilia se mit debout, comme si de rien n'était;
Il alla, apporta une tasse d'un védro et demi,
La présenta aux frères mendiants;
Les mendiants la lui rendent;
Les frères mendiants interrogent Ilia :
«Te sens-tu, Ilia, beaucoup de force?
S'il y avait une colonne de la terre jusqu'au ciel,
Si à la colonne il y avait un anneau d'or,
Je tirerais sur l'anneau et renverserais la Sainte- Russie !
Dis donc, Ilia, apporte une deuxième tasse !»
Ilia la leur présenta ; ils la lui rendent.
Ilia but sans reprendre haleine
Une grande tasse d'un védro et demi.
Ils demandent à Ilia :
«Te sens-tu, Ilia, beaucoup de force?
- J'ai la moitié de ma force»
Les mendiants voyageurs disent :
«Tu seras, Ilia, un grand bogatyr
Et ta mort au combat n'est pas inscrite:
Bats-toi, combats avec tous les bogatyrs
Et avec toutes les hardies cavalières.
Seulement ne va pas te mesurer
Avec Sviatogor le bogatyr :
La terre le porte sur soi avec peine;
Ne va pas lutter avec Samson le bogatyr :
Il a sur la tête les sept cheveux de l'ange;
Ne te bats pas aussi avec la race de Mikoula:
La terre humide notre mère l'aime ;
N'affronte pas non plus Volga Vseslavitch :
Il ne te prendra pas par la force,
Mais par la ruse, la finesse.
Procure-toi, Ilia, un cheval de bogatyr,
Sors dans l'étendue de la rase campagne :
Achète le premier étalon venu,
Mets-le dans un hangar pendant trois mois,
Pendant trois nuits conduis ton étalon au jardin,
Et dans trois rosées roule l'étalon,
conduis-le vers la haute clôture :
Quand l'étalon sautera par-dessus la clôture
Et d'un côté et de l'autre côté,
Va-t’en avec lui où tu veux : il te portera»
Alors les mendiants disparurent.
Ilia s'en alla trouver son père
À son travail de paysan :
Il faut nettoyer la forêt incendiée des souches de chêne ;
Il enlève à la hache toutes les souches de chêne,
Les met en tas dans la rivière profonde,
Puis s'en retourne chez lui..

Sviatogor s'est équipé pour aller en rase campagne,
Il selle son bon cheval et chevauche en rase campagne.
Personne pour la force ne peut égaler Sviatogor,
Et la force dans ses tendons joue comme un enfant pétulant :
Il est chargé de sa force comme d'un lourd fardeau.
Et voilà Sviatogor qui dit :
« Si je trouvais un treuil, je soulèverais toute la terre ! »
Sviatogor trouve par hasard dans la steppe
Une petite besace à deux poches ;
Il prend son fouet, touche la besace, elle ne bouge pas,
Il la pousse du doigt, elle ne remue pas.
Du haut de son cheval il la prend en main, elle ne se soulève pas ;
«Nombre d'années j'ai chevauché dans le monde
Et n'ai jamais rencontré pareil prodige,
Jamais je n'ai vu pareille merveille :
Une petite besace à deux poches ne bouge pas,
Ne remue pas, ne se soulève pas.»
Sviatogor descend de son bon cheval,
Saisit la besace des deux mains,
Soulève la besace plus haute que le genou :
Et jusqu'au genou Sviatogor s'embourbe en terre,
Et sur son blanc visage, il coule non des larmes, mais [du sang.
Là où Sviatogor s'embourba, il ne put se relever. Là fut sa fin...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ozy Krasstchenko

avatar

Nombre de messages : 2176
Age : 98
Localisation : Gornograd & Piter
Date d'inscription : 11/07/2006

MessageSujet: Re: Les Bylines Russlaves   Mer 16 Aoû 2006 - 4:58

Ilia et Solovei le brigand


De la ville de Mourom,
Du bourg de Karatcharovo
Sortit un hardi bon gros garçon ;
Il avait assisté aux matines à Mourom
Et pour la messe il voulait arriver à la capitale de Kiev,
Et il approchait de la ville fameuse de Tchernigov.
Comme il approchait de la ville fameuse de Tchernigov,
Les moujiks tchernigoviens alors sortirent
Et ouvrirent les portes de Tchernigov
Et l'appelèrent dans Tchernigov comme voiévode
Et Ilia leur dit ces paroles :
«Eh! Vous, moujiks de Tchernigov!
Je n'irai pas chez vous, à Tchernigov comme voiévode.
Montrez-moi la route directe,
La route directe de la ville capitale de Kiev ».
Les moujiks de Tchernigov lui dirent :
«Eh ! Hardi bon gros garçon,
Illustre bogatyr saint-russien !
La route directe est garnie de troncs d'arbres,
Garnie de troncs d'arbres, de mottes de gazon,
Par cette route directe
Personne à pied ne peut aller,
Sur son bon cheval personne ne peut passer :
Et a-u lieu les Boues Noires ,
Auprès d'un bouleau aux branches tombantes,
Auprès de la rivière Smorodina,
Auprès de la croix de Lévanide,
Est perché Solovei le brigand sur un chêne humide,
Est perché Solovei le brigand fils d'Odikhmant,
Et là Solovei siffle comme un rossignol,
Il crie, le malfaiteur brigand, comme une bête,
Et par suite de son sifflement de rossignol,
Par suite de son cri de bête sauvage,
Toutes les herbes, les gazons décampent,
Toutes les fleurs d'azur s'éparpillent,
Les forêts sombres toutes se penchent sur la terre,
Et les hommes, tant qu'ils sont, tous sont étendus morts.
Par la route directe il y a cinq cents verstes,
Et par le chemin détourné, en tout mille.»
II lâcha son bon cheval de bogatyr,
Il chevaucha par la route directe.
Son bon cheval de bogatyr..

Se mit à galoper de monts en monts,
se mit à enjamber collines et collines,
Il sème entre ses jambes petites rivières et lacs.
Il arrive à la rivière Smorodinka,
Au lieu dit la Boue Noire,
Au bouleau aux branches tombantes,
Vers la fameuse croix de Lévanide.
Solovei siffla comme un rossignol,
Le malfaiteur brigand cria comme une bête,
Alors toutes les herbes, les gazons décampèrent,
et les fleurs d'azur s'éparpillèrent,
Les forêts sombres se penchèrent à terre.
Son bon cheval de bogatyr
Bronche sur une racine ;
Alors le vieux cosaque Ilia Mouromets
Prend dans sa main blanche son fouet de soie,
Et frappe son cheval aux cuisses grasses ;
Et Ilia dit ces paroles :
«Eh! Viande à loups, sac à herbes !
Ne veux-tu plus marcher ou ne peux-tu plus me porter,
Que tu bronches, chien, sur une racine?
N'as-tu jamais entendu siffler un rossignol,
N'as-tu jamais entendu crier une bête,
N'as-tu donc jamais vu de lutte de bogatyrs ?»
Et alors le vieux cosaque Ilia Mouromets
Prend son arc dur, à la forte détente,
Il le prend dans ses blanches mains,
Il tendit la corde de soie,
Et il plaça la flèche durcie au feu,
Et la lâcha sur Solovei le brigand,
Il lui creva l'œil droit avec la tempe.
Et il fit tomber Solovei sur la terre humide,
Et il l'attacha à son étrier d'acier de droite,
Et l'emmena dans la fameuse rase campagne,
Il arrive à la ville capitale de Kiev,
Chez le fameux prince dans la vaste cour.
Alors le prince Vladimir sortait de l'église de Dieu,
Il arriva au palais à pierres blanches
dans sa salle à manger,
Ils s'assirent pour manger, boire et goûter le pain.
Goûter le pain et dîner.
Et alors le vieux cosaque Ilia Mouromets
Arrêta son cheval au milieu de la cour,
Et entra lui-même au palais à pierres blanches,
Il passe dans la salle à manger,
Il ouvre la porte au large, sur ses gonds,
Il fait le signe de croix comme on le prescrit,
Il fait les prosternations comme on les enseigne,
Il s'incline bas dans toutes les quatre directions
Et vers le prince Vladimir particulièrement,
Puis vers tous les princes apanages.
Alors le prince Vladimir se mit à interroger le gars :
«Dis-moi donc, d'où es-tu, gros bon garçon,
Comment t'appelle-t-on de ton nom,
Et comment te nomme-t-on d'après ton père ?»
Le vieux cosaque Ilia Mouromets dit :
«Je suis de la fameuse ville de Mourom,
Du bourg de Karatchirovo,
Je suis le vieux cosaque Ilia Mouromets,
Ilia Mouromets fils d'Ivan. »
Vladimir lui dit ces paroles :
«Eh ! Vieux cosaque Ilia Mouromets,
Et y a-t-il longtemps que tu es parti de Mourom
Et par quelle route es-tu venu à Kiev capitale ?
Ilia dit ces paroles :
«Eh ! Toi, fameux Vladimir de Kiev capitale !
J'ai assisté aux matines de Pâques à Mourom,
Et j'ai voulu arriver pour la messe à Kiev capitale,
Et j'ai été retardé en chemin ;
Et j'ai passé par la route directe,
Par la route directe, j'ai passé près de Tchernigov,
J'ai passé près de la Boue Noire,
Près de la fameuse rivière Smorodina,
Près du fameux bouleau qui penche,
Près de la fameuse croix de Lévanide.»
Vladimir lui dit ces paroles :
«Eh ! Paysan villageois,
En face, moujik, tu mens,
En face, moujik, tu te moques !
Mais sous la fameuse ville de Tchernigov
Et au lieu la Boue Noire,
Près de la fameuse rivière Smorodina,
Près du bouleau aux branches qui penchent,
Auprès de la croix de Lévanide,
Est perché Solovei le brigand, fils d'Odikhmant,
Et quand Solovei siffle comme rossignol,
Quand le malfaiteur brigand crie comme bête,
Toutes les herbes, les gazons décampent,
Les fleurs d'azur s'éparpillent au loin,
Les forêts sombres s'inclinent vers la terre,
Et les hommes, tant qu'ils sont tous, sont étendus
morts.»
Ilia lui dit ces paroles :
«Vladimir, prince de Kiev capitale !
Solovei le brigand est dans ta cour,
Il a l'œil crevé avec la tempe,
Et il est enchaîné à l’étrier d'acier. »
Alors Vladimir, prince de Kiev capitale,
Bien vite se leva sur ses jambes fringantes,
Il jeta sur une épaule sa pelisse de martre,
Sur âne oreille son bonnet de zibeline,
Il sortit dans sa large cour
Pour voir Solovei le brigand.
Le prince Vladimir lui dit ces paroles :
«Siffle donc, Solovei, comme rossignol,
Crie donc, chien, comme bête sauvage. »
Solovei le brigand fils d'Odikhmant lui dit :
«Ce n'est pas chez vous, prince, aujourd'hui que je dîne,
Ce n'est pas vous que je veux écouter,
Dîne chez le vieux cosaque Ilia Mouromets,
Est lui que je veux écouter.»
Vladimir prince de Kiev capitale dit :
Eh ! Vieux cosaque Ilia Mouromets !
Ordonne à Solovei de siffler comme rossignol,
Ordonne-lui de crier comme bête.»
Ilia dit ces paroles :
Eh ! Solovei le brigand fils d'Odikhmant !
«le un demi-sifflet de rossignol,
Crie un demi-cri de bête sauvag.»
Solovei siffla comme rossignol,
Le brigand cria comme bête sauvage ;
Les coupoles sur les térems se faussèrent,
Et les vitres aux térems s'éparpillèrent
à la suite de ce sifflet de rossignol,
Et les gens, tant qu'ils sont, sont tous étendus morts ;
Et Vladimir, prince de Kiev capitale,
Se couvre de sa pelisse de martre.
Et alors le vieux cosaque Ilia Mouromets
Bien vite monta son beau cheval,
et emmena Solovei en rase campagne,
Et il lui trancha sa tête misérable.
Et Ilia dit ces paroles :
«Tu cesseras donc de siffler comme rossignol,
tu cesseras donc de crier comme bête sauvage,
Tu cesseras donc de mettre en larmes les pères et mères,
Tu cesseras donc de rendre veuves les jeunes femmes,
Tu cesseras donc de rendre errants et orphelins les petits enfants.»
Alors pour Solovei on chante gloire,
On chante gloire dans les siècles des siècles..

[/b]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ozy Krasstchenko

avatar

Nombre de messages : 2176
Age : 98
Localisation : Gornograd & Piter
Date d'inscription : 11/07/2006

MessageSujet: Re: Les Bylines Russlaves   Mer 16 Aoû 2006 - 5:00

Sadko

Sadko n'avait pas de biens :
Il n'avait que ses gousslis de platane ;
Sadko allait jouer dans les festins.
Un jour on ne convoque pas Sadko au festin de gala,
Le second, on ne le convoque pas au festin de gala,
le troisième, on ne le convoque pas au festin de gala.
Par suite, Sadko s'ennuya :
Alors Sadko alla au lac Ilmen,
Il s'assit sur une pierre blanche qui luit
Et se mit à jouer des gousslis de platane...
Alors dans le lac l'eau s'agita,
Le tsar de la Mer apparut,
Il sortit du lac Ilmen
Et dit lui-même ces paroles :
«Eh! toi, Sadko de Novgorod !
Je ne sais quoi t'accorder
Pour ton grand divertissement,
Pour ton doux jeu :
Veux-tu un trésor d'or innombrable ?
Ou sans quoi va-t'en à Novgorod
Et conclus un grand pari,
Mets en enjeu ta tête misérable,
Et obtiens comme enjeu des autres marchands
Des boutiques de marchandises fines,
Et parie que dans le lac Ilmen,
Il y a un poisson aux nageoires d'or.
Ainsi, conclus un grand pari
Et va-t'en tresser un filet de soie,
Et va pêcher dans le lac Ilmen :
Je te donnerai trois poissons aux nageoires d'or.
Alors, Sadko, tu seras heureux.»
Sadko s'en alla du lac Ilmen.
Quand Sadko arriva dans son Novgorod,
On convoqua Sadko au festin de gala.
Là Sadko de Novgorod
Se mit à jouer des gousslis de platane ;
Et on se mit à faire boire Sadko,
On se mit à régaler Sadko,
Et alors Sadko se mit à se vanter :
« Eh ! vous, marchands de Novgorod,
Je sais une merveilleuse merveille dans l'Ilmen :
Il y a un poisson aux nageoires d'or dans l'Ilmen. »
Alors les marchands de Novgorod
Lui disent ces paroles :
« Tu ne connais nullement une merveilleuse merveille,
Il ne peut y avoir dans l'Ilmen de poisson à nageoires d'or.
- Eh! Vous, marchands de Novgorod!
Que pariez-vous avec moi en grand pari?
Concluons donc un grand pari :
Je mets en enjeu ma tête misérable,
Et vous, en enjeu, des boutiques de marchandises fines.»
Trois marchands s'empressèrent d'accepter,
Ils mirent en enjeu chacun trois boutiques de marchandises fines.
Alors ils tressèrent un filet de soie
Et s'en allèrent pêcher dans le lac Ilmen :
Ils donnèrent un coup de filet dans le lac Ilmen,
Ils obtinrent un poisson à nageoires d'or ;
ils donnèrent un second coup de filet dans l'Ilmen,
Ils obtinrent un second poisson à nageoires d'or ;
ils donnèrent un troisième coup dans l'Ilmen,
Ils obtinrent un troisième poisson à nageoires d'or.
Alors les marchands de Novgorod
Livrèrent chacun trois boutiques de marchandises fines.

Sur son trésor d'or innombrable Sadko
Construisit trente vaisseaux,
Trente vaisseaux, vaisseaux rouges;
Sur ces vaisseaux rouges
Il entassa les marchandises de Novgorod,
Et Sadko s'en alla sur le Volkhov,
Du Volkhov jusqu'au Ladoga,
Et du Ladoga à la rivière Neva,
Et de la Neva dans la mer bleue.
Puis il navigua dans la mer bleue,
Tourna vers la horde d'or,
Il vendit les marchandises de Novgorod,
Fit de grands bénéfices,
Remplit des tonneaux de quarante védros,
D'or rouge, d'argent pur
S'en retourna à Novgorod,
S'en revint par la mer bleue.
Sur la mer bleue arriva un très mauvais temps,
Les vaisseaux rouges s'arrêtèrent dans la mer bleue :
Il vient des paquets d'eau, les voiles s'arrachent,
Les vaisseaux rouges se brisent ;
Et les vaisseaux ne bougent pas dans la mer bleue.
Sadko le riche marchand dit à sa brave droujina :
«Eh! Toi, ma brave droujina !
Nous avons toujours voyagé en mer
Et jamais nous n'avons payé tribut au tsar de la Mer
C'est visible, le tsar de la Mer demande tribut de nous,
Demande tribut dans la mer bleue.
Eh ! Frères, brave droujina !
Soulevez un tonneau de quarante védros d'argent pur,
Jetez le tonneau dans la mer bleue.»
Sa brave droujina Souleva le tonneau d'argent pur,
Jeta le tonneau dans la mer bleue :
Mais il vient des paquets d'eau, les voiles s'arrachent
Les vaisseaux rouges se brisent ,
Mais les vaisseaux ne bougent pas dans la mer bleue.
Alors sa brave droujina
Prit un tonneau de quarante védros d'or rouge,
Laissa tomber le tonneau dans la mer bleue :
Mais il vient des paquets d'eau, les voiles s'arrachent
Les vaisseaux rouges se brisent ;
Et les vaisseaux ne bougent toujours pas dans la mer bleue
Sadko le riche marchand dit :
«C'est visible, le tsar delà Mer demande
Une tête vivante pour la mer bleue.
Faites, frères, des sorts en bois de spirée,
Et moi-même j'en ferai en or rouge,
Que chacun y inscrive son nom,
Jetez les sorts dans la mer bleue :
Celui dont le sort ira au fond
C'est à lui d'aller dans la mer bleue.»
Ils firent des sorts en bois de spirée
Et Sadko en fit en or rouge,
Chacun inscrivit son nom,
Ils jetèrent les sorts sur la mer bleue :
Les sorts de toute la brave droujina
Flottent sur l'eau comme des canards,
Et celui du marchand Sadko alla au fond comme une clef...
Sadko le riche marchand dit :
«Eh ! Frères, ma brave droujina !
Visiblement, le tsar de la Mer demande
Que le riche Sadko lui-même aille dans la mer bleue.
Apportez-moi mon encrier bien moulé,
Une plume de cygne, une feuille de papier timbré»
Ils lui apportèrent l'encrier bien moulé,
La plume de cygne, la feuille de papier timbré.
Il se mit à inventorier sa fortune :
Tel bien il le donna aux églises de Dieu,
Tel autre bien aux frères mendiants,
Tel autre bien à sa jeune femme,
Les biens restants à sa brave droujina ,
II prend ses gousslis de platane,
Et lui-même dit ces paroles :
«Jetez une planche de chêne sur l'eau :
En me mettant sur la planche de chêne,
Je n'aurai pas si peur de la mort dans la mer bleue»
Ils jetèrent une planche de chêne sur l'eau,
Ensuite les vaisseaux s'en allèrent dans la mer bleue,
Ils volèrent comme des noirs corbeaux.
Sadko resta dans la mer bleue
Par suite de sa grande frayeur
Il s'endormit sur la planche de chêne.
Sadko se réveilla dans la mer bleue,
Dans la mer bleue, au fond même.
A travers l'eau il vit le rouge soleil qui cuit,
Le crépuscule du soir, l'aurore du matin.
Sadko vit que dans la mer bleue
Se dresse un palais à pierres blanches,
Sadko pénètre dans le palais à pierres blanches :
Le tsar de la Mer est assis dans son palais,
La tête du tsar est comme un tas de foin
Le tsar dit ces paroles :
«Eh ! Toi, Sadko le riche marchand !
Il y a longtemps, Sadko, que tu voyages sur mer,
Et tu ne m'as pas payé tribut, à moi, le tsar,
Et maintenant c'est toi tout entier qui m'arrives en cadeau.
On dit que tu es un maître au jeu des gousslis :
Joue-moi donc de tes gousslis de platane. »
Alors Sadko se mit à jouer des gousslis de platane,
Et le tsar de la Mer à danser dans la mer bleue,
Et le tsar de la Mer ne cessait pas de danser.
Sadko joua pendant un jour,
Joua pendant un second,
Et Sadko joua encore pendant un troisième,
Et toujours le tsar de la Mer danse dans la mer bleue.
Dans la mer bleue l'eau ondula,
L'eau se mêla au sable jaune,
Beaucoup de vaisseaux furent démolis dans la mer bleue
Beaucoup de biens périrent,
Beaucoup de braves gens furent noyés
Alors le peuple alla prier Mikola de Mojaïsk.
Alors Sadko se sentit touché à l'épaule droite.
«Eh! Toi, Sadko de Novgorod !
Cesse de jouer sur les gousslis de platane ! »
Sadko de Novgorod se retourne, regarde :
Un vieillard tout blanc est là debout.
Sadko de Novgorod dit :
«Je n'ai pas ma liberté dans la mer bleue,
J’ai reçu l'ordre déjouer sur les gousslis de platane.»
Le vieillard dit ces paroles :
«Alors, arrache les cordes des gousslis,
Alors, brise les clefs.
Et dis : «Je n'ai plus de cordes,
«Et mes clefs ne valent plus rien,
«Je ne puis pas jouer davantage
«Mes gousslis de platane se sont brisés.»
Le tsar de la Mer te dira :
Ne veux-tu pas te marier dans la mer bleue
«A une belle jeune fille ?»
Dis-lui alors ces paroles :
« Je n'ai pas ma liberté dans la mer bleue
Le tsar de la Mer te dira encore :
«Eh bien ! Sadko, lève-toi le matin de bonne heure,
«Et choisis-toi une jeune beauté.»
Quand tu te choisiras une jeune beauté,
laisse passer d'abord trois cents filles,
En second lieu, laisse passer trois cents filles,
En troisième lieu, laisse passer trois cents filles,
Derrière marchera une jeune beauté,
La jeune beauté Tchernavouchka,
Prends cette Tchernava en mariage.
Quand tu te coucheras la première nuit,
Ne fais pas avec ta femme l'amour dans la mer bleue :
Car tu resterais éternellement dans la mer bleue;
Mais si tu ne fais pas l'amour dans la mer bleue,
Tu te coucheras auprès de la jeune beauté
Et tu seras, Sadko, à Novgorod...
Sadko arracha les cordes des gousslis de platane,
Brisa les clefs de ses gousslis...
Le tsar de la Mer lui dit :
«Eh ! Toi, Sadko de Novgorod,
-Ne veux-tu pas te marier, dans la mer bleue,
à une belle jeune fille ?
Sadko de Novgorod lui dit :
«Je n'ai pas ma liberté dans la mer bleue
Le tsar de la Mer lui dit de nouveau :
«Eh bien ! Sadko, lève-toi le matin de bonne heure,
Choisis-toi une jeune beauté.»
Sadko se leva le matin de bonne heure,
Il regarde : arrivent trois cents jeunes filles ;
Il laissa passer d'abord les trois cents filles,
En second lieu, en laissa passer trois cents,
En troisième lieu, en laissa passer trois cents ;
Derrière arriva une jeune beauté,
La jeune beauté Tchernavouchka,
Il prit en mariage cette Tchernava.
Alors il y eut chez eux banquet, festin de gala ;
Alors Sadko se couche pour la première nuit,
Il ne fit pas avec sa femme l'amour dans la mer bleue.
Puis Sadko se réveilla à Novgorod,
Près de la rivière Tchernava, sur la rive escarpée ;
Il regarde, voici qu'accourent
Ses vaisseaux rouges sur le Volkhov.
Sadko accueillit sa brave droujina
Et l'emmena dans son palais à pierres blanches.
Là sa femme fut remplie de joie,
Elle prit Sadko par ses blanches mains,
Le baisa à ses lèvres sucrées.
Sadko se mit à décharger de ses rouges vaisseaux
Sa fortune, son trésor d'or innombrable.
Quand il eut déchargé ses rouges vaisseaux, .
Il construisit une église cathédrale à Mikola de Mojaïsk
Sadko n'alla plus sur la mer bleue,
Sadko resta à vivre à Novgorod.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Les Bylines Russlaves   

Revenir en haut Aller en bas
 
Les Bylines Russlaves
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Sainte Russlavie :: Archives :: Archives :: politiques-
Sauter vers: